OPERA DIABOLICUS - 1614 (Metalville/La Baleine) - 30/08/2012 @ 09h44
Du livre ‘Le Nom de la Rose’, beaucoup de souviennent surtout de l’adaptation cinématographique par Jean-Jacques Annaud et de la tonsure de Sean Connery. Au point de parfois oublier qu’à la base, c’est avant tout un livre écrit par l’Italien Umberto Ecco et qui a eu droit de nombreuses digressions depuis. Or d’après leur succincte bio officielle, c’est justement lors d’une représentation théâtrale de cette œuvre en 2006 à Göteborg que les deux futurs membres d’OPERA DIABOLICUS se sont rencontrés et ont eu l’idée, à leur tour, d’écrire leur propre opéra metal.

Oui, 'opéra metal': je sais, voilà le genre de mots qui fait un peu peur car évoquant spontanément des froufrous à perte de vue, du chou à la crème taille XXL et des musiciens pédants se prenant pour Mozart. Et d’ailleurs, dès l’intro grandiloquente, le ton est donné : digne d’un vieil album d’ARCANA, cette mini-symphonie nous la joue au temps des cathédrales avec moult orchestrations et chœurs mélodramatiques, juste avant que le metal ne reprenne, heureusement, ses droits.

Mais en fait, l’intérêt de ce ‘1614’ ne réside pas exactement là. Non car avec ses morceaux de dix minutes et sa liste d’invités longue comme le bras, OPERA DIABOLICUS essaye surtout de récupérer les brebis égarées du troupeau THERION, désappointées par la tournure gnangnan qu’ont prise ces dernières années les œuvres de Christofer Johnsson. Le pire est que musicalement, on ne tape pourtant pas tout à fait dans le même style, surtout que l’album est traversé de fulgurances thrash assez énervées et alambiquées rappelant parfois KING DIAMOND alors que les paroles naviguent dans des eaux nettement plus sombres et sataniques, la meilleure copine hongroise des métalleux la comtesse Bathory servant même de fil rouge tout le long du disque (« Blood Countess Bathory »).

Sauf qu’articulé autour de son seul duo fondateur, OPERA DIABOLICUS s’est résolu à utiliser toute une batterie d’invités qui ont presque tous en commun d’avoir justement échoué à un moment donné sur le rafiot THERION. En plus de jouer de la batterie sur tout l’album, Snowy Shaw y pousse la chansonnette, aux côtés de Mats Levén de KRUX et CANDLEMASS mais aussi Nick Night de DREAM EVIL tandis que l’inconnue Camilla Alisander-Ason se charge de personnifier la comtesse et qu’une bonne partie du line-up de DREAMLAND sert de backing-band. Or le problème avec ce genre de casting trois étoiles, c’est que si l’on n’a pas une direction d’acteurs en béton armé, cela finira quand même par un nanar.

Alors attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit bande de pervers, ‘1614’ est tout sauf un disque bancal et ridicule. Au contraire, très bien produit et interprété de main de maître, il prouve une nouvelle fois que ces foutus Suédois sont des pros nés. Mais avec ses stars un peu en roue libre, ses morceaux souffrant d’une ambition démesurée mais mal cadenassée par une vision incomplète et ses arrangements excessifs, on peine à rentrer dedans ou même à retenir grand-chose de ces 54 minutes qui n’ont pourtant reculer devant aucun sacrifice pour en foutre plein la vue. Et face à une concurrence peu fournie mais bien costaud – clairement visés, les derniers KAMELOT – cela ne suffira pas forcément à faire la différence, malgré un emballage ultra-classieux et un talent à fleur de peau qui a juste besoin d’être plus canalisé.

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Rédigé par : Olivier 'Zoltar' Badin | 12/20 | Nb de lectures : 11556




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