OCEANS OF SLUMBER - Aetherial (Autoproduction) - 05/07/2013 @ 08h09
L’avantage quand on chronique des albums c’est qu’on peut y dénicher une pépite totalement inconnue et débarquée de nulle part, Oceans of slumber fait partie de cette catégorie, formé en 2011 le quintet originaire de Houston au Texas (célèbre pour sa base spatiale de la Nasa et la franchise NBA des Rockets où a évolué Yao Ming) pratique un mélange habile et bien burné de death-metal et de rock progressif, et à peine plus d’un an après sa formation les voilà qui sortent directement un premier album autoproduit et juste majestueux.

Il faut dire que le groupe est composé de sacrés techniciens, en premier lieu Dobber Beverly, marteleur de fûts également dans Demoniacal Genuflection, formation spécialisée dans le death/black bien brutal, et qu’on a retrouvé également dans de nombreux autres projets de grindcore et d’extrême tel que : Braced For Nails, Inextricable Entrails, Infernal Dominion, Ingurgitate, Sect Of Execration, Viral Load, Images Of Violence … peut-être pas les plus connues des formations américaines mais certainement parmi les plus radicales et underground.

Ses autres compères au sein de sa nouvelle formation viennent également du milieu death et grindcore, soit le total opposé du style d’Oceans of slumber … mais pas tant que ça finalement. A noter qu’Anthony Contreras, l’un des deux guitaristes, est diplômé de jazz, je tiens à le préciser car cela s’entend à merveille sur les parties plus mélodiques et surtout sur ses solos. Cela crée une osmose et un melting-pot au sein du groupe assez improbable, et pourtant totalement bluffant et réussi.

On ressent parfaitement l’expérience accumulée par le quintet durant leurs années extrêmes, car ils ne proposent pas seulement du progressif typé 70’s qui finit même par endormir un insomniaque sous benzodiazépine ou mélatonine, ils ajoutent à ce style leurs influences brutales tout en blast et en vitesse.

D’autre part il faut souligner la production énorme réalisée par le groupe, où l’on sent le professionnalisme à outrance, car celle-ci est excellente et équilibrée au possible, les guitares sont à la fois puissantes, planantes et mélodiques, la basse ronflante et parfaitement audible et enfin la batterie qui a un son massif mais ni trop triggé ni artificiel, le tout avec une voix tout en variation et sonnant parfaitement juste.

Le mix final a été effectué par Russ Russell à qui l’on doit les derniers albums de Napalm Death et Dimmu Borgir, et qui a aussi bossé avec Insidious Disease, The Exploited, Brujeria, Megadeth ou Evile. D’ailleurs il a récemment déclaré qu’Oceans of slumber est un des dix meilleurs groupes avec qui il a collaboré … si ça n’est pas un compliment et un gage de qualité.

Après un « God in skin » très prenant et technique, parfait pour une entrée en matière où le chanteur Ronnie Allen nous livre déjà l’étendue de ses capacités oscillant entre Phil Anselmo, Chuck Billy, Chino Moreno ou Mikael Akerfeldt, voilà qu’apparait déjà dès la plage 2 un des monuments de ce disque « Coffins like Kites » à la fois aérien et intense, et où les influences de Down et Killswitch Engage sont assez significatives avec ces passages très mélodiques mélangés aux influences planantes des derniers albums des Deftones.

« Memoriam » avec son rythme très lent et un titre là encore très mélodique, et toujours ce son sublime et spatial, le tout agrémenté d’accélérations fracassantes et de solos tout en toucher et en mélodie, limite jazz (cela revient assez fréquemment et ça n’est pas pour me déplaire).

« Remedy » est surement le morceau le plus barré, mélange audacieux où le grindcore et le progressif se marient curieusement à merveille, on obtient un résultat assez surprenant proche du freejazz, mais toujours aussi intéressant et surtout toujours aussi bien mis en place et où chacun des membres s’est lâché totalement.

« Only a corpse » m’a immédiatement fait penser à The Unforgiven de Metallica, passages acoustiques et calmes mélangés à des parties plus électriques sur un rythme lent il est moins intéressant mais à néanmoins toute sa place également.

« Aetherial » qui donne son titre à l'album, est encore un morceau très lent et très lourd, agrémenté de courtes accélérations et de parties en blast, qui retombent rapidement pour revenir à des parties planantes et limites jazzy, là encore Anthony Contreras fait des merveilles, aidé en cela par l’autre guitariste Sean Gary et le bassiste Keegan Kelly dont le boulot à tous les deux est impressionnant à l’arrière. La fin du morceau est majestueuse, grâce notamment à un solo ébouriffant, 7,40 minutes de folie musicale pour tout simplement un des meilleurs titres de l’album, tout y est dessus tout simplement !

Après « Primordial » et « Blackest cloud » de facture plus classique mais où la marque de fabrique du groupe reste largement présente et identifiable voilà qu’arrive déjà l’ultime titre, à savoir « The great divide ». C’est le clou du spectacle de par sa durée (9,10 minutes) et surtout où le quintet ne trouve rien de mieux qu’après toute cette débauche technique insolente de facilité et de plaisir, de nous faire un mélange global des 8 pistes précédentes. On y trouve tout : passages mélodiques à pleurer, ambiance spatiale, solos géniaux, chant au top, riffs électriques et hyper accrocheurs … bref le pied intégral !

La prestation des texans est d’autant plus forte qu’ils ont réussi à recréer cette ambiance sans aucun clavier, ce qui est une sacrée performance, d’ailleurs quand on tend l’oreille tellement on pourrait croire qu’ils sont là par moments alors que ça n’est qu’effets de pédales et vibrato.

Un album totalement addictif et jouissif et qui a réussi l’exploit de me réconcilier (du moins partiellement, ce qui est déjà très fort) avec le progressif (même si l’on sent que le groupe s’est nourri d’énormément d’influences diverses), style qui pourtant m’a toujours gavé au plus point et dont les leaders comme Dream Theater ou Opeth m’ont laissé de marbre en tout circonstance.

Vous en aurez pour votre argent avec cette galette, car entre le fait qu’elle dure près d’une heure et qu’elle requiert un très grand nombre d’écoutes pour saisir toutes les nuances et subtilités, vous en avez pour un sacré moment.

http://oceansofslumber.com/ - 284 visite(s)


Rédigé par : GabinEastwood | 16.5/20 | Nb de lectures : 11605




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Commentaire
Axellica
IP:81.220.175.93
Invité
Posté le: 05/07/2013 à 23h29 - (108117)
Je commence à écouter via spotify, et c est une excellente découverte!

C'est vraiment parce que la pochette me titillait, sinon je serais passé à coté je le crains! = )

Youpimatin
Membre enregistré
Posté le: 06/07/2013 à 11h50 - (108119)
La chro donne fichtrement envie



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