NO VALE NADA - Demain (Autoproduction) - 20/06/2016 @ 07h09
Dérangeant. A l’image de son artwork cauchemardesque, le style pratiqué ici par NO VALE NADA est dérangeant. Jetez un coup d’œil sur cette trogne cassée, son regard creux, ses yeux vitreux et cette froideur incarnée dans un rictus édenté. Parfaitement à l’image de son hardcore, qu’il aime vil et dissonant, lui ajoutant une louchée de metal sur les bords histoire de le rendre infréquentable, un peu comme se plaisent à le faire certaines vilaines formations teutonnes hébergées chez Per Koro (ACLYS et FORCED TO DECAY en tête de liste). Tordu donc mais pas obtu pour autant, ce premier album de trois Chaumontais gonflés à bloc ne passe pas la barre fatidique de la demi-heure… mais il en donne pour son argent à ceux et celles en quête de chaos et de nervosité.

Il ne faut d’ailleurs qu’une trentaine de secondes pour dresser ce constat, grave et sans appel sur "Amer", un titre qui n’a jamais aussi bien porté son nom. Rancœur, dégoût et rage transpirent par tous les pores, ça suinte et ça craque sous les boursouflures, le vocaliste Davy hurle à s’en décrocher le larynx, les compteurs sont dans le rouge. Rien de révolutionnaire ici, on est en terrain connu, mais le cœur et les tripes dégoulinent sur chaque riff, sur chaque break et la sauce prend sans figer. "Dignité" et "L'impasse" s’embarquent eux sur des terrains plus glissants, portés chacun par une rythmique hardcore maousse qui laisse des traces pendant que "L'éloge des sens" se drape dans les dissonances, tapi dans l’ombre, ruminant sa rage en attendant des jours meilleurs. C’est finalement sur le massif "Demain" que nos trois gaillards ralentissent le tempo pour prendre le temps de trousser des ambiances crépusculaires alors que "Mon inconnue" sombre lui dans une mélancolie presque palpable, animé par un groove maléfique. Un claustro-interlude plus tard et nous voilà déjà sur le finisher "Sans gravité" qui éructe autant qu’il concasse pendant trois minutes trente avant de s’effacer pendant cinq minutes et de revenir sous la forme de quelques bruitages sans grand intérêt. Dommage de ne pas s’être arrêté là car ce "bonus" n’apporte strictement rien et fait juste retomber la tension accumulée pendant la vingtaine de minutes… que dure finalement cet album. Pfffuuuuuuuiiiiiii. Le soufflé retombe.

C'est d'ailleurs là le seul point noir de cet album produit de main de maître via une collaboration France-USA fructueuse, Amaury Sauvé pour l’enregistrement (BIRDS IN ROW, COMITY, AS WE DRAW…) et Nick Zampielli au mastering (ISIS, KNUT, TRAP THEM, TORCHE…), qui laisse entrevoir un potentiel destructeur pour la suite de l’aventure. Reste à régler quelques détails sur l'affinage encore un peu vert de certaines compos, caler deux ou trois munitions de plus sur la cartouchière histoire de dépasser la demi-heure, pour le reste les gars ne changez rien, je sens que ça vient...




Rédigé par : TarGhost | 15/20 | Nb de lectures : 6254




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Commentaire
BassFrog
IP:89.80.12.103
Invité
Posté le: 24/06/2016 à 22h56 - (120484)
Écouté grâce à cette chronique et acheté dans la foulée.

Je rejoins complètement Seb, l'album se termine de façon totalement inutile mais alors par contre, les 20 premières valent leur pesant de cahuettes. Ca transpire l'urgence, la sincérité et le dégoût.

Groupe à suivre, merci pour la découverte.

BassFrog
IP:89.80.12.103
Invité
Posté le: 24/06/2016 à 22h57 - (120485)
Je rejoins complètement TarGhost, désolé, lapsus étant donné le style pratiqué.

J'en profite pour saluer cette chronique très juste !

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