NO ONE GETS OUT ALIVE - Like a Lamb to the Slaughter (Rotten Roll Rex) - 25/04/2012 @ 09h39
Il existe, dans une lointaine contrée, une obscure zone de non-droit, oubliée de tous. Où toute règle, toute loi, est proscrite. Où la foi, la morale et le respect sont inexistants, et où seuls les plus forts, les plus malins et les plus vicieux survivent.

Dans cet endroit proscrit des cartes IGN et des référencements satellites, végètent des individus parasitaires asociaux, dont le sombre dessein ne souffre d’aucune gloire. Ces êtres violents et acerbes œuvrent dans le secret à la fabrication d’armes sonores de destruction massives. Leur but inavouable et terrifiant est d’aller toujours plus loin dans l’ignominie et l’horreur. Créant, façonnant de nouveaux styles, de nouvelles abjections.

Leur nouvelle idée du jour, démoniaque, use des préceptes musicaux les plus classiques, pour créer une entité musicale aussi violente que repoussante. A la fois horriblement basique, d’inspiration Slammoshing Death et Beatdown.
A la fois atrocement porcin, d’inspiration Guttural Brutal Death.
Pour un résultat indescriptible, baptisé : (Trve) Guttural Slam.

Un truc à ne pas mettre entre toutes les oreilles.
Mais lorsque je m’en rendis compte, il était trop tard.
Tétanisé par la lourdeur et la force de l’uppercut, je fus terrassé et maintenu au sol durant plus de 30 minutes. Incapable d’agir, laissant déferler les décibels dans mon encéphale. La puissance, matérialisée par un son relativement clair et équilibré, achevant de m’écraser. J’étais littéralement emmuré, séquestré par ce duo de terroriste sonore.

Plus que basique, "Like a lamb to the slaughter" est extrêmement redondant. Si ce n’étaient les 2 riffs qui diffèrent d’un titre à l’autre, j’aurais presque pu croire à une opération de torture visant à infliger l’écoute répétée d’un même titre, à fort volume, sans possibilité de s’échapper.
L’oreille humaine est un point faible irrémédiable. Contrairement à tous les autres organes pilotant nos sens, on ne peut contraindre notre organisme à se priver de l’ouïe. Je pouvais m’abstenir de toucher l’album, de sentir son odeur repoussante en respirant par la bouche, de regarder la pochette en fermant les yeux, et de mettre cette rondelle en bouche (quelle idée...). Mais, poings liés, impossible de contrôler mes tympans, impossible d’empêcher ces décibels de pénétrer dans mon conduit auditif.

Peu à peu, le mal s’insinua en moi, la lourdeur et la violence des blastbeats pilonnant mon cortex. Avec une simplicité frisant l’autodérision, NO ONE GETS OUT ALIVE n’utilise que deux types de rythmes : le mid-mid-tempos lourds et hypothétiquement groovy, et le blastbeats digne des cadors de Brutal death US. Le tout sans finesse et sans talent.
Les deux riffs par titre confirmèrent le sentiment de calvaire, par le biais d’accords très basiques, très légèrement mélodieux, et globalement plats... Et que dire du "chant", abomination lyrique à faire hurler de jalousie un suidé castré en fin de vie. Instrument de torture à part entière, les cris porcins alignés par le maître en torture sont linéaires, et se concentrent dans une sorte d’imitation de la truie, en sensiblement plus guttural. Un modèle innommable d'hurlements gruikés, gras, sourds et insidieusement pitchés.

Tout était réuni pour me faire endurer l’une des pires séances de torture jamais vécue.

Mais... le syndrome de Stockholm est passé par là.

Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, je me surpris, avant la fin de cette séance oppressante de torture sonore, à éprouver de la compassion, du plaisir même, à l’écoute de "Like a lamb to the slaughter".
Point de rejet aveugle de cette abomination sonore. L’aspect extraordinairement basique et relativement violent de la régurgitation bruitiste provoqua en moi une forme de ravissement intérieur, comme happé par cet environnement extrême.

L’union perfide de la lourdeur, de la violence des rythmes et des cris, couplés à une linéarité redondante, m’ont fait sombrer dans une sorte de léthargie béatifiante. A l’image des gourous psalmodiant leurs litanies, je fus peu à peu engourdi et omnibulé par "Like a lamb to the slaughter", dont l’efficacité binaire me poussait intempestivement à secouer ma tête engourdie en rythme.

Aucun intérêt musical, aucune innovation, aucune attraction particulière, une redondance incroyable. Et pourtant je ne peux m’empêcher d’éprouver un relatif plaisir à écouter "Like a lamb to the slaughter".
Pire qu’un instrument de torture : une sentence finale, une peine de mort.
Personne n’en sortira vivant.


Rédigé par : ..::Ju::.. | 11/20 | Nb de lectures : 11464




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