NEW RISING SON - Honey (Deadlight) - 26/01/2012 @ 07h23
Vous le connaissez ce regard hein ? Celui-là même qui avait séduit Machine Head lorsqu'ils avaient décidé d'en faire le verso de leurs premiers T shirts promotionnels et celui-là même qui inspirait le célèbre slogan "Charlie don't surf !", popularisé par le taquin Axl Rose.

Je parle bien entendu de Charles Manson, le sinistre gourou dont les délires mystico-criminels avaient persuadé ses disciples (sa « famille » comme il l'appelait) d'assassiner, de façon particulièrement sauvage, plusieurs personnes dont la femme du réalisateur Roman Polanski, Sharon Tate.
En plus d'être un illuminé de catégorie AAA, Charles Manson était aussi un « prédicateur » qui voyait dans les BEATLES la réincarnation des quatre chevaliers de l'apocalypse et dans la chanson « Helter Skelter » l'annonce de l'arrivée plus qu'imminente d'une guerre raciale aux États-Unis.
Utiliser « l'esthétique » Manson n'est pas vraiment novateur ni même très original, surtout quand on fait du metal. Ce qu'il y a de particulier avec New Rising Son, c'est que c'est un des fils à Manson, Matthew Roberts, qui en est le leader.
Ce dernier a été abandonné à sa naissance par sa mère puis placé dans un orphelinat où il a été adopté. A 30 ans, il a retrouvé sa mère biologique qui lui a appris qu'elle avait été violée lors d'une orgie où elle avait pris de la drogue... et que le violeur en question, c'était Charles Manson.

" Découvrir que son père est Manson, c'est un peu comme de découvrir que ton géniteur est Hitler (...). Mon idole est Ghandi, je suis non-violent et végétarien".
Matthew Roberts

Depuis qu'il connaît l'identité de son père, Matthew Roberts communique avec son père par le biais de lettres : « Je ne veux pas l'aimer, mais je ne peux pas le haïr non plus » déclare-t-il.
Âgé aujourd'hui de 43 ans, cela fait donc plus de 10 ans que Roberts communique avec son père.
Cette histoire particulière, Matthews Roberts a décidé de la mettre en musique... et en pochette de son album « Honey ». Les lyrics se font directement l'écho de cette histoire étrange.
Il faut cependant souligner que Roberts n'est pas le seul enfant de Manson puisque marié en 1957, il aura avec sa femme un premier enfant légitime, avant de donner naissance à plusieurs rejetons issus des partouzes « poudrées » qu'il organisait avec « La Famille » au fin fond du Nevada. Quand on vous dit que se droguer peut faire faire des bêtises....

Est-ce que Matthew « utilise » son histoire à des fins bassement mercantiles ou se sert-t-il de son art pour parvenir à une forme de résilience ? Pas forcement évident de répondre à cette question tant elle apparaît sinueuse.
Ça doit pas être facile quand tu te réveilles un beau jour en apprenant que ton père est considéré par de nombreuses personnes comme le diable en personne... et quand par dessus le marché la ressemblance physique est là, c'est la cerise sur le gâteau.
Quoi qu'il en soit au final, si le coup de projecteur est efficace, faut-il encore que la musique soit à la hauteur.

Avant de bien comprendre pourquoi New Rising Son est un groupe spécial, il faut savoir que Mister Roberts est DJ et qu'il ne s'est pas gêné pour étoffer son rock de boucles électroniques notamment au niveau des beats. On assiste pas néanmoins à une démonstration de platine tant le groupe est la croisée de plusieurs époques.
Je dis bien époque car on retrouve un fort feeling 70's, des influences directement issues du metal des 80 et quelques petites dissonances plus contemporaines. Le tout bien sûr dans un bain electro/indus.
Difficile donc de catégoriser cet album d'autant plus qu'à certains moments on est pas loin du hard FM ! Du très actuel et metallique « Rain » on passe ensuite au tubesque aux forts relents dancefloor « Welcome to the world ».
La guitare se fait parfois toute petite quand à d'autres moments elle crache un venin véritablement délicieux.
L'album est assez policé et la prod impeccable. Et bien qu'on ne trouve aucune petite trace de vomi, les ambiances restent assez sombres et lugubres, un peu comme si Alice Cooper fricotait avec l'électronique.
C'est un gros compliment tant je tiens M. Furnier en grande estime !

La voix est solide et Mister Roberts passe du murmure au chant haut perché sans trop de difficultés. Muni d'un joli brin d'organe, on est quand même interpellé à de nombreux moments tant certaines intonations font penser à de grands chanteurs (je vous laisse apprécier, c'est assez intéressant).
Bien que plutôt lentes, les chansons passent comme une lettre à la poste tant le sens de la mélodie et de la composition de Matthew Roberts font des merveilles sur la redoutable « Holy Ground » ou la vicieuse « Rain » . Ces deux putains de chansons sont des hits en puissance comme on en compose trop peu.
Les paroles font très largement écho à Manson, mais si les allusions sont nombreuses, le vocaliste arrive à quelques reprises à s'en éloigner un peu.

Le côté relou de l'album est son côté désordonné puisque lorsqu'on commence à se sentir vraiment bien dans le p'tit monde déglingué de NRS, on se retrouve face à des morceaux moins dans le trip comme « Reptile » qui envoie un rythme à la « Dance to the night ».
C'est assez déconcertant, à la limite de l'expérimental... et aussi du ridicule. D'autres moments sont aussi à mettre de côté mais le skeud remporte la partie grâce à de nombreux jolis moments de musique. Pour les amateur de loto, c'est la double Kine mais pas le carton plein.

Beaucoup de personnes affirment que Manson était un artiste raté et que c'est à cause de cette vocation contrariée qu'il est devenu ce qu'il est. Il est alors un peu étrange de se dire que son fils a réussi là où il a échoué. L'ironie du sort se montre parfois macabre.
Si on peut reprocher à NRS de trop focaliser sur Manson, on reconnaitra cependant que des histoires comme ça méritent quand même d'être contées.
Si Roberts n'est pas un génie, il n'en reste pas moins un musicien de talent qui vient de pondre un album très satisfaisant, moderne et respectueux de l'histoire, à la croisée de plusieurs chemins et qui mélange comme dans la vie l'amour et la haine, la douceur et la barbarie.
Fortement recommandé.


Rédigé par : Pamalach | 14,5/20 | Nb de lectures : 12494




Auteur
Commentaire
Zebrowsky
Membre enregistré
Posté le: 26/01/2012 à 22h35 - (100054)
Ouah... le CV pourri du mec. Fils illégitime de Charles Manson.

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