NEUROMA - Extremophile (Grindscene) - 13/01/2012 @ 09h03
Parfois j’ai l’impression que la querelle des anciens contre les modernes animera pour toujours notre façon d’envisager la musique et particulièrement ses rejetons les plus diaboliques comme le Death-metal. Qu’est-ce qui est le plus « true » ? Un bon vieux « Scream bloody gore » du père Schuldiner ou le dernier AS YOU DROWN ? Certains d’entre vous me tueraient pour avoir oser citer dans la même phrase un maître du genre et un nouveau-né intéressant quoiqu’un peu boiteux mais bon tant pis, le premier album de DEATH a bien été critiqué du temps de sa sortie avant d’être reconnu comme une œuvre à part entière. Seulement, malgré notre amour pour cette musique à l’ancienne et quoi qu’on en dise, notre perception du Death-metal a lentement évolué. De façon insidieuse, nos oreilles se sont formatées à des sons de plus en plus policés, modifiant ainsi notre réception de la musique tant et si bien qu’une production volontairement old school pourrait aujourd’hui nous faire hérisser le poil. Pouvons-nous encore faire du Death-metal radicalement old-school en 2012 ?

A cette question NEUROMA répond oui et le signe d’un album du nom d’«Extremophile ». Ces garçons anglais se moquent clairement de ce que vous ressentirez à l’écoute de leur musique, puisque leur seul et unique objectif est de se faire plaisir. Concrètement, cela signifie que le groupe est resté bloqué au Death-metal de la fin des années 80 comme le souligne une production anti-mainstream. En outre, elle est pas mal crasseuse et porteuse d’une authenticité plus que live, c’est-à-dire digne de celle d’un local de répétition dans lequel s’éclatent des adolescents sous Kro. A noter, en revanche, que le groupe n’a pas su résister à la tentation de l’editing comme le souligne un jeu de double pédale trop régulier pour ne pas être suspect, mais à part cet écart que les plus « true » d’entre-vous trouveront rédhibitoire, tout sent la spontanéité.

Musicalement le groupe opère un Death-metal à la façon des premiers CANNIBAL CORPSE. Grosso modo « Extremophile » est porté par un tempo moyen contrasté par quelques accélérations relativement brèves. NEUROMA privilégie donc un sentiment de lourdeur et d’oppression. Sans écart aucun aux traditions du genre, les guitares privilégient les gammes mineures, les plans black et les gros accords bêtes et méchants. Le chant de son côté se refuse à toute forme d’originalité et est à peine plus propre que celui d’un bon Lord Worm en forme. Niveau propos, le groupe reste fidèle à lui-même en assumant des textes gores et débiles comme le souligne les charmants titres que sont « Chicken poodle soup » ou « Semi-skinned milf » etc. Vous l’aurez compris, le quotient intellectuel de nos joyeux drilles ne doit pas voler haut et leur force est de le revendiquer.

En fonçant à toute allure sur ce chemin old school NEUROMA prend malgré tout un sérieux risque car il ne parvient pas du tout à nous surprendre. Certes, cela n’était pas dans ses objectifs mais pour un auditeur contemporain qui en a entendu d’autres, sa musique n’a vraiment aucun impact quand bien même elle fonctionne plutôt bien. Le principal souci vient du manque de gros riffs. Nous ne sommes jamais vraiment capables de bien distinguer ce que jouent les guitares et à l’arrivée aucun plan ne se révèle catchy, en fait nous ne distinguons que les leads qui, hélas, ne sont pas sensationnels. En réalité, vous ne pourrez entendre qu’une bouillie sonore qui vous rappellera vos émois d’antan, mais au-delà du plaisir nostalgique il n’y a plus grand-chose.

En conclusion, l’écoute de NEUROMA d’une traite s’avère être un effort relativement laborieux car « Extremophile » tourne sévèrement en rond et, par dessus le marché, c’est un album relativement long (42 minutes). A la rigueur pour un tel exercice, le groupe aurait pu se contenter d’un EP ce qui aurait tout de suite rendu le tout plus efficace. Malgré tout nous ne leur ôterons pas le mérite de leur démarche quasi-militante en faveur d’une musique à l’ancienne. Souhaitons-leur un second album plus inspiré.

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Rédigé par : cris | 11,5/20 | Nb de lectures : 11476




Auteur
Commentaire
carnioxus
Membre enregistré
Posté le: 13/01/2012 à 18h42 - (99848)
Pour ma part, j'aime beaucoup cet album, parce que justement, il pioche allègrement dans le old school que j'aime tant, si je devais établir un top des albums 2011 me concernant, il serait très bien classé. La prod est très bonne, le résultat est puissant, brutale, bien composé, je ne m'ennuie pas une seconde, le genre de cd qui me fait vraiment plaisir.



Monceau
Membre enregistré
Posté le: 13/01/2012 à 19h34 - (99850)
Qui est "nous" dans " Nous ne sommes jamais vraiment capables de bien distinguer..." ? Tu chroniquez à plusieurs ? ^^

Monceau
Membre enregistré
Posté le: 13/01/2012 à 19h34 - (99851)
Qui est "nous" dans " Nous ne sommes jamais vraiment capables de bien distinguer..." ? Tu chroniquez à plusieurs ? ^^

gulogulo
Membre enregistré
Posté le: 14/01/2012 à 16h00 - (99854)
un chroniqueur de style classique n'est jamais censé utiliser la première personne du singulier ; cf olivier drago, impeccable là-dessus

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