NERV - Vergentis In Senium (Autoproduction) - 01/07/2015 @ 08h01
Nerveux, les NERV… Accroche facile, je sais, mais rarement un groupe aura aussi bien porté son nom. Cette nervosité, à fleur de peau, pulse dans chaque cri, dans chaque riff, dans chaque frappe sur les toms, dans chaque décibel.

Vergentis In Senium’, premier album des savoyards, et premier enregistrement depuis leur Ep ‘Away.FromanyHuman’ sorti en 2006, est la nervosité musicale incarnée, l’expression viscérale d’une sincérité impulsive.
Une telle catharsis ne pouvait qu’être exprimée au travers d’un HardCore torturé et teigneux…
Tour à tour poignants, agressifs, cassants, apaisés et virulents, les 7 titres de ‘Vergentis In Senium’ dévoilent un NERV nerveux, mais très hétérogène dans son mode d’expression. 

Étiqueté Post-HxC, le groupe savoyard est, à mon sens, bien plus que ça, et avant tout HardCore plus que Post machin. Pas du HardCore à la sauce N.Y. ou H8000, mais plutôt le Hardcore chaotique ; celui qui se ressent et se vit, plus qu’il ne s’écoute.
Le groupe a pris le temps de composer cet album, gérant en parallèle des changements de line-up ; ce laps de temps fut bénéfique pour le groupe, car l’harmonie et la véracité qui se ressentent dans cet album n'auraient pu l’être sans un certain temps passé à jouer ensemble…

D’emblée, NERV impose son style ; sa nervosité n’est pas frontale, elle est carrément épileptique. Son énergie n’est pas violente, elle est hystérique, sans être non plus bêtement brutale.
La batterie instable, aux enchaînements technique mais fluides, engendre une ambiance excitante, avec quelques accélérations percutantes. La linéarité n’est pas l’apanage de NERV, mais derrière les cassures se cachent de nombreux rythmes entraînants et plus basiques, qui aident à rendre ‘Vergentis In Senium’ accrocheur.

Ces tempos hachurés produisent l’effet escompté, puisqu’outre le temps d’adaptation nécessaire, cela nous pousse à tendre l’oreille, pour mieux s’imprégner du style musical de NERV. 
Et l’on découvre alors toute la richesse musicale, dissimulée derrière ces saccades.

Par-dessus ces rythmes cassés, NERV assène des riffs et des hurlements de fin du monde, saturés et rugueux. 
Le chant, hurlé sur un mode ‘Hardcore’, est un exutoire à la fois agressif et accrocheur. Peu varié dans les tonalités, mais viscéral, il exprime rage et révolte. En total accord avec le style, même si je trouve que ça manque de coffre (ou de puissance) par moments.

Les riffs sont également torturés et dissonants, mais ont l'intelligence de savoir se rendre tour à tour simples, mélodiques ou saccadés. Des riffs qui oscillent entre le Metalcore, le HxC mélodique, le MathCore, le Rock ou le Punk, le tout sans logique apparente, mais avec une logique bien personnelle… 
C’est peut être le point le plus vulnérable : les riffs gagneraient à être mieux agencés entre eux, plus en phase avec les pulsions rythmiques, pour renforcer l’accroche. 

Dans les cassures et les structures, dans les variations musicales, dans les riffs, NERV construit peu son style, son univers. Un univers personnalisé également par une ouverture et des idées fort appréciables :
On retrouve ainsi l’adjonction d’un Saxophone et de passages acoustiques sur ‘Savonarole’, d’une narration féminine sur ‘Captive’, ou encore un dernier titre ‘Suffer’ différent du reste de l’album, pour une fin apaisante mais tout en contraste, sans batterie et avec la guitare en mode acoustique, et appuyé par les hurlements HxC.

Ces éléments participent à personnaliser encore un peu plus‘Vergentis In Senium’. Car NERV ne fait pas les choses à moitié, et pare ses 7 titres de thématiques inspirées de l’histoire, entre fanatisme religieux, inquisition, ou tueuse en série.
Riche, complexe, aux changements de rythmes très fréquents, mais également accessible et accrocheur, ‘Vergentis In Senium’ est un album à découvrir absolument, pour peu que des groupes comme Converge, Norman Jean, The Dillinger Escape Plan, ou Every Time I Die fassent parti de groupes que vous aimez…

Personnel, mais encore un peu trop proche de ses influences ; j’aurai aimé voir NERV aller encore plus loin dans ses idées ou ses expérimentations, sans se laisser guider par les codes et les aînés. Plus d’expérimentations, et plus d’équilibre entre la complexité musicale et le côté entraînant, serait peut être aussi une piste d’amélioration intéressante…

Une fois passée la frontière de cet univers chaotique, vous accéderez à un univers à fois dérangeant et attractif, où les repères musicaux ne sont pas classiques, mais où la réussite est omniprésente.

Malgré son aspect hachuré, torturé et instable, et bien que nécessitant plusieurs écoutes attentives pour en saisir l’essence, ‘Vergentis In Senium’ réussit le tour de force de se rendre rapidement familier. Un tour de force, oui, car bon nombre de formations orientées Dillinger/Converge se cassent les dents sur ce style exigeant et ingrat. NERV s’en sort avec les honneurs. Et encore plus pour un groupe autoproduit...!




Rédigé par : ..::Ju::.. | 15/20 | Nb de lectures : 8129




Auteur
Commentaire
Aucun commentaire

Ajouter un commentaire

Pseudo :
Enregistrement Connexion






Niveau de modération : Commentaires non modérés par l'administration du site

Ce commentaire est soumis à la lecture et à l'approbation des modérateurs. S'il ne suit pas les règles suivantes : Pas de pub, pas de lien web, pas d'annonces de concerts, il ne sera pas retenu. Plus d'infos

Proposez News | VS Story | F.A.Q. | Contact | Signaler un Bug | VS Recrute | Mentions Légales | VS-webzine.com

eXTReMe Tracker