NEOLITH - Izi.Im.Kurnu-Ki (Non Serviam) - 30/03/2015 @ 07h48
La Pologne est très active ces derniers mois car elle multiplie les sorties de qualité, comme celles aussi plus oubliables. Cependant les groupes locaux sont en général assez lents à la production (il suffit de voir le nombre d’années d’attente pour INFERNAL WAR ou pour DISSENTER – dont on espère avoir bientôt des nouvelles pour ces derniers) et le cas de NEOLITH ne déroge pas à la règle.

Le sextet a toujours pris son temps (trop même) car hormis les puristes de l’underground peu de monde a déjà entendu parler du combo. Celui-ci formé en 1991 ne sort en effet que son quatrième album depuis 1998 (le tout complété par de nombreuses démos), et chacun d’entre eux sur un label différent. Si les trois premiers opus sont passés totalement inaperçus leur arrivée chez Non-Serviam (qui d’ailleurs sort très peu de disques également) va au moins avoir le mérite de leur offrir plus d’exposition. Car à l’instar des TRAUMA, VADER et BEHEMOTH ils font partie de ces précurseurs locaux qui contrairement à ces derniers n’a jamais eu le succès ni une distribution à grande échelle.

Il faut dire également que leur style a beaucoup évolué au fur et à mesure, car si à leurs débuts ils étaient plutôt dans du doom/death ils sont aujourd’hui dans du Blackened Death metal assez indéfinissable car on y trouve une dose d’électro (d’ailleurs pas toujours bien distillée) qui rend leur musique déjà difficile d’accès encore plus imprévisible et barrée. Cependant quand on sait que le claviériste joue dans LUX OCCULTA et le batteur dans THY DISEASE il n’y a rien d’étonnant à ce que le côté industriel soit présent.

L’enregistrement de cette galette n’a pas été une sinécure également, car il s’est fait en trois fois et dans trois studios différents avec la batterie pour le premier, le chant et le reste des passages instrumentaux dans le second, et les parties bizarroïdes et synthétiques dans le dernier. Du coup on a un assemblage par moments un peu spécial tout comme la production qui est certes bonne, mais qui met trop en avant la batterie (la grosse caisse est hyper présente et la caisse claire sonne très sèche) ainsi que la voix qui contient trop de reverb’ (alors qu’elle est parfaitement articulée et audible).

Cependant le groupe a appris de ces erreurs passées en signant son disque le plus court (car les précédents étaient plombés par des titres trop longs) mais aussi le plus abouti même si le côté froid et indus' surprend au début quand on n’y est pas habitué, mais finalement on s'y fait et puis les instruments « classiques » restent quand même majoritaires pour nous rappeler que c’est quand même un groupe de Metal. D’ailleurs on l’entend tout de suite sur « Of The Angel And His Orison » qui démarre au quart de tour sur du blast ultra-rapide et un son de guitare à la polonaise, et même si ensuite ça devient plus lourd et technique avec en prime un peu de clavier c’est un très bon début qui est rassurant pour la suite. « Chariots Of The Gods » qui est tout en variations et en vitesse est vraiment agréable, tout comme le très lourd « Enlil » qui fait bien secouer la tête ou encore « Ire Thru Fire » dont l’alternance des voix réussie entre le chanteur et le bassiste donne un vrai plus aux côtés des différentes modulations entre passages à toute allure et d’autres plus écrasants.

A côté de cela il y’a aussi malheureusement du passable avec « E.A. Firebringer » (dont les riffs sont inspirés par MESHUGGAH mais sans l’accroche nécessaire malgré leur brutalité) dont on se lasse vite ou encore « Khufu Arise ! » très lent, planant et d’inspiration religieuse tant le chant fait écho à des prières et psaumes mais qui malgré une idée de départ originale tourne malheureusement vite en rond car ça reste beaucoup trop mollasson et sans jamais décoller.

Du coup on s’aperçoit assez vite du côté bancal de cette galette, les polonais s’en sortent certes mieux que précédemment mais l’impression qu’ils ont toujours le cul entre deux chaises est persistante, la puissance du death et la noirceur du black sont mieux maîtrisés, les solos sont vraiment bons et il n’y a rien à dire sur le bagage technique de chacun. Mais entre les parties électroniques et expérimentales pas toujours bien inspirées et en place, et d’autres passages assez quelconques, on ne peut qu’être déçu car si l’idée de départ est originale et osée elle demande une juxtaposition parfaite car cela risque de faire ressortir encore plus les défauts, c’est au final ce qu’on retient le plus alors qu’il y’a quand même des choses à garder et qui valent le coup d’être écoutées.




Rédigé par : GabinEastwood | 13/20 | Nb de lectures : 8541




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