NECROART - Lamma Sabactani (Beyond) - 30/10/2014 @ 08h21
« Eli, Eli, Lama Sabachthani » ou « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ». Citation araméenne attribuée à Jésus qui n’est pas étonnante de retrouver sur un album de Metal, la musique anti-chrétienne par excellence (l’artwork de l’album qui est le sujet de cette chronique est d’ailleurs décrit comme un « kick in the ass of conformists and trendypussy Christian metalcorers »). "Lama Sabachthani" était par exemple le nom d’un morceau d’ANAAL NATHRAKH sur Hell Is Empty And All The Devils Are Here mais on doit pouvoir trouver d’autres emprunts. Lamma Sabactani (plusieurs orthographes étant acceptables) est également le nom du troisième album de NECROART, groupe… *soupir* italien signé chez… *soupir bis* Beyond… Productions. Bon moi j’me casse hein.

Bon pour une fois c’est pas du mélodeath, alors on va y aller quand même.
Enfin si, le groupe donnait bien dans du « Death mélodique », pour The Opium Visions (2005), mais il s’agissait plus du versant Doom du style, ce qui change un peu. Depuis, le groupe a évolué vers une sorte de Dark-Metal, évoquant les vieux MOONSPELL et SAMAEL, pour The Suicidal Elite (2010). Et ce n’est pas fini car quatre ans plus tard, ce sextette continue à triturer son style pour le rendre assez indescriptible. L’album est semi-conceptuel et est décrit comme du « Avantgarde Extreme Metal », revendiquant l’influence de la période 1990-1996 du Metal. NECROART traîne alors ses guêtres entre du Doom/Death, du Dark-Metal d’obédience plus ou moins gothique et quelques atermoiements atmosphériques, tels que le début récité du morceau-titre qui pose une ambiance bien mystique, ou encore l’outro "Cyanide and Mephisto" aux cris féminins lubriques. Entre ORPHANAGE (et tout ce qui sortait dans le même style à l’époque) et les différentes périodes de MOONSPELL en somme. Un Metal volontairement vieillot jusque dans sa production rêche et râpeuse.

En 51 minutes NECROART aligne donc les plans Dark-Doom/Death légèrement (voire même totalement) old-school, en mariant le tout à des ambiances religieuses bien inquiétantes. Le tempo est forcément soutenu, ce qui rend les diverses accélérations excitantes, dès le morceau-titre d’ailleurs qui s’offre quelques passages croustillants avec ce son de guitare bien tranchant. Le chant est dans la lignée de celui de Fernaaaaandooooooo Ribeiro avec quelques variations plus claires hélas pas toujours heureuses. Lamma Sabactani prend donc un bon départ, ce qui n’en rendra la suite que plus décevante. NECROART finit par s’engluer dans ses morceaux mid-tempo old-school qui deviennent rapidement répétitifs et interminables. Metalliquement, il n’y a donc plus grand-chose à se mettre sous la dent et il faut guetter les petites singularités des italiens pour trouver un véritable intérêt à Lamma Sabactani. Il faut tout de même avouer que les choix sonores sont cohérents, et que les claviers posent admirablement bien l’ambiance, parvenant à faire un tant soit peu décoller les morceaux lorsqu’ils sont mis en avant, malgré quelques passages un peu ridicules ("Of Ghouls, Maggots and Werewolves"). La recette de NECROART ne fonctionne donc que par intermittence, par exemple au sein de "Agnus Dei" (avec de beaux chants et des riffs efficaces) ou encore le très lourd et occulte "Stabat Mater", tandis que le « progressif » "Redemption" placé en milieu d’album est particulièrement long et lénifiant, et que la plupart du temps les riffs s’étalent en provoquant quelques menus bâillements.

Et il n’y a tout de même pas tellement d’originalité là-dedans, les influences de MOONSPELL, SAMAEL et tout le Doom/Death du début des années 90 se ressentent presque à chaque instant de Lamma Sabactani. Le groupe revendique également l’influence de SADNESS (que je ne connais pas) et plus surprenant celle d’ARCTURUS, la période de leur premier EP My Angel alors… A certains moments, NECROART aurait même pu être capable de pondre quelque chose dans le style THERION de la période Beyond Sanctorum, Symphony Masses - Ho Drakon Ho Megas et Lepaca Kliffoth, voire une sorte de TRIPTYKON en version très old-school mais très cheap aussi. Bref, il y à boire et à manger dans Lamma Sabactani, malheureusement globalement trop poussif pour convaincre totalement. Mais l’effort est à saluer, même si les formations « gothiques » qui essayent de se la jouer revival 90’s avec une chanteuse sont légion en Italie (genre le label de seconde zone DreamCell11). NECROART reste dans l’absolu une formation de seconde zone, qui a tout de même tenté quelque chose de différent, sans véritable réussite car malgré de bonnes idées et des choix sonores singuliers son troisième album est quelque peu ennuyeux et hétérogène. Le groupe revendique tout de même clairement son côté « 1990-1996 », les fans de tout ce qui sortait en « Doom » et « Gothique » à l’époque peuvent donc essayer de se pencher sur Lamma Sabactani qui est, au mieux, un petit album plaisant de Dark-Metal.



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Rédigé par : ZeSnake | 13.25/20 | Nb de lectures : 10382




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