MORODH - The World of Retribution (Witching Hour) - 22/06/2015 @ 07h43
Signé chez Witching Hour, célèbre label polak, Morodh est russe et The World of Retribution est son premier album après une démo et un split en 2012. Si le label est plutôt réputé pour ses groupes de death, Morodh officie dans une tout autre catégorie, celle du depressive BM mâtiné d’un poil de post machin. Mais pas le depressive BM des anciens, pas celui de Sterbend, Shining et Xasthur et consorts, non. Plutôt un depressive BM moderne, proche dans l’esprit – à défaut de l’être dans la forme – de ce que pourrait faire Katatonia s’il était resté dans le giron du dark/BM ou encore d’un Lifelover. Preuve en est de l’artwork, aux graphismes et aux teintes soyeuses et modernes, éloignées du romantisme sombre ou des lieux délabrés et désolés qui servent généralement de cadre à cette musique. Quant aux musiciens, leur photo dans le livret ne révèle en rien une envie d’en finir avec la vie…

Alors que vaut ce Morodh ? L’intro aux violons sur "Desperation" est le calme qui annonce la tempête… qui déboule une minute après avec des guitares incisives, une voix déchirée et un son de toute beauté, très profond sans être trop propre ("Desolation" également). Le choix du mid-tempo, passage obligé du style, est approprié et met bien en valeur cette première compo inspirée, enluminée sur plusieurs ponts de beaux leads mélodiques ("Regret" encore). Sans révolutionner le style, Morodh en offre sa propre vision, sans copier quiconque et de façon plutôt intéressante. Les cassures proposées (vers les 5’) sont parfaitement placées ; elles relancent le morceau, lui offrent de nouveaux contours et lui permettent d’évoluer et de se renouveler avec pertinence. Un premier titre de haut vol donc, avec déjà une tendance – que l’on retrouve sur tout l’album – à tirer vers un post black éclairé ("Ritalin"), ce que permet la durée (plus de 6 minutes en moyenne) des titres.

Cette volonté de mêler depressive black et post black est patente dans l’architecture même des morceaux, très progressive ("Ritalin", "Desolation"), où la voix s’efface un peu au profit du mur de son mouvant dressé par les guitares. La volonté de proposer des mélodies et un univers propre est également à souligner, comme pour se démarquer de la masse ("Regret" ; "Fatality" qui se rapproche tout de même de l’univers récent d’un Katatonia).

Morodh trace sa route mais semble d’ores et déjà se détacher de son appellation trop restrictive. Loin des rivages du depressive BM, Morodh creuse son sillon en fin d’album, comme pour nous préparer à la suite, avec un "The End" dont seule la voix déchirée rappelle encore le BM suicidaire alors que les autres instruments dressent le tableau d’un black très progressif, très porté sur les ambiances épiques, amples et éthérées. D’une beauté sombre, les dernières compos sont racées (l’instrumental "Loneliness" ; "Lie") et achève un album en tous points réussi.

Ne vous arrêtez pas à l’artwork un brin déceptif ; allez au-delà et tentez l’expérience Morodh, vous ne serez pas déçus.




Rédigé par : Raziel | 15/20 | Nb de lectures : 7838




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