MONSTERWORKS - The God Album (Casket Music/Season Of Mist) - 19/01/2012 @ 08h03
Loufoque. Bordélique. Incongru. Voilà en quelques termes comment l'on pourrait résumer le 'god album' de Monsterworks. Je tiens à préciser d'emblée que je ne connaissais pas ce groupe avant (qui en 10 ans a déjà publié 7 albums), donc je ne pourrais comparer ce nouvel effort avec un autre plus anciennement paru. «The God Album» est un album déroutant, où death metal, grind, thrash metal, heavy metal, stoner et d'autres influences moins 'extrêmes' se mélangent. Rien que ça ! Une chose me paraît évidente, Monsterworks est difficilement 'classable' et ne peut porter d'étiquette musicale. Quand on propose un melting-pot aussi aventureux et risqué, le résultat ne peut laisser indifférent l'auditeur.

«The God Album» aussi hétérogène soit-il n'est pas immangeable; sa durée assez courte (38 minutes) pour 9 morceaux aux durées également distinctes (ça va d'une minute et quelques, jusqu'à 8 min) lui donne le sentiment de défiler rapidement. Le fait qu'il soit aussi 'dingo' dans sa composition aide également à ne pas être gagné par l'ennui en l'écoutant, les éléments de similitude d'un titre à l'autre n'étant pas en nombre. Mais voilà, cet album, malgré la bonne volonté mise par le groupe pour le composer, des paroles intéressantes à décrypter, qui parlent de la remise en question de l'existence de Dieu, le culte qu'on peut lui porter, sommes-nous notre propre dieu, et plus généralement le sens et l'origine de la vie, manque de cohérence et de 'logique'.

En étant plus terre à terre, un élément assez primordial du groupe me semble aller à contre-courant de la qualité d'écriture : le chant. Mais là encore, l'analyse est délicate, car il n'y a pas un type de chant, mais au moins 3; et oui, Monsterworks ne fait pas dans la simplicité. Vous relèverez sur cet album quelques growls bien trippants et efficaces (mais malheureusement peu nombreux), des lignes vocales plus grâces (non, pas grasses) et mélodiques, accompagnant les moments plus relaxants de l'opus et à 75%, un 'chant' extrême, mais bien plus aigu que caverneux. Pas non plus comme Dani Filth mais cette voix davantage écorchée, criarde et énervée est assez pénible en comparaison avec le propos instrumental (le constat se fait dès «Everything you Believe is a Lie», premier titre de l'album). Comparez sa prestation sur ce titre, avec celle émise sur «Origin», superbe pièce plus cligne où sa voix suave et mélodieuse nous envoûte, et voyez la différence. Honnêtement le mieux pour ma part aurait été d'avoir un chant death tout le long des passages extrêmes et cette voix claire sur les parties plus posées. Au lieu de ça, il faut se contenter d'un chant criard et un peu désagréable sur une bonne partie des titres.

D'ailleurs sur le final «(Hymn of) Fire», le gaillard (Jono Blade, qu'il s'appelle) utilise son chant plus 'criard', sur la base d'un stoner assez relax, et si il avait eu la bonne idée de garder sa voix claire, ce titre pouvait être somptueux. En parlant de 'relax', un rapide mot sur les 2 'morceaux' d'un peu plus d'une minute en présence, un «Reprieve» (placé en troisième position), qui semble marquer une pause musicale dans ce déluge sonore, basé sur des guitares acoustiques et des chœurs 'épiques' assez incongrus (on se croirait sur un album de Bathory !), et puis un «False Miracle» qui porte très bien son titre: introduction délicate, en substance acoustique à nouveau, et là bam ! La déflagration sonore, après 35 secondes paisibles, le groupe frôle le grind durant une minute, chaotique, décapant et... déroutant. Le début de ce (court) titre prévoyait à peu près tout, sauf ça. Du grand n'importe quoi.

A part un «Let it Go» assez ennuyeux et prévisible, qui se termine en plus en eau de boudin, la majorité des titres arrive toujours à nous surprendre. Prenez le paradoxal «The Enemy of my Enemy» où batteur et vocaliste cartonnent avec vigueur et folie sur plusieurs temps, laissant juste le soin aux guitares de délivrer un peu d'harmonies et de mélodies quand elles le peuvent, et vous obtenez un rendu contrasté et saisissant de précision technique. Ce titre, déjà très bon, s'achève avec brio sur des chants plus psalmodiés du meilleur effet. L'atypique «God», qui alterne également violence sonore (un jeu de batterie pourfendeur notamment), avec des leads aux accords plus finauds, tout en développant un refrain incantatoire, à la lisière de chœurs 'sectaires' intimidants, est aussi amené à surprendre. «Everything you Believe is a Lie» lui donne le ton rapidement, après une mise en route lancinante et massive, pour s'envenimer dans un thrash/death pas trop dégueu qui s'aère d'envolées plus lyriques, pour conclure plus tranquillement dans des tonalités stoner, où les soli glissent tout seuls.

«The God Album» est loin d'être un album raté, mais il n'est pas toujours évident de suivre le groupe dans ses aventures et expériences musicales. Quoi qu'il anchois, si vous aimez les albums casse-têtes (mais pas non plus truffés de notes), ce nouvel effort de Monsterworks pourrait vous intéresser, si le mélange des genres ne vous dérange pas.



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Rédigé par : gardian666 | 12/20 | Nb de lectures : 10985




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