MONOLITHE - Monolithe II (Debemur Morti/Season of Mist) - 01/08/2014 @ 09h16
Quand on tient un projet unique en son genre, il ne faut pas le lâcher. Debemur Morti nous fait donc la totale avec MONOLITHE, en bouclant la boucle. Signé pour le tant attendu Monolithe III (2012), MONOLITHE a depuis été sérieusement réactivé, d’abord avec Monolithe IV sorti dans la foulée (2013) puis avec des rééditions histoire d’inonder les bacs de monolithes et de faire (re)découvrir la disco du groupe français à ceux qui ne la connaissaient pas. Après Monolithe I en août 2013 (dont la version d’origine avait été chroniquée sur VS en son temps), voici près d’un an plus tard la réédition de Monolithe II, qui était initialement sorti en 2005 via Appease Me… (sans être chroniqué chez nous donc je vais rattraper le coup). Histoire de rester dans la continuité et de proposer une « collection », l’objet est de nouveau disponible en digipack à tour blanc avec un artwork de Robert Høyem qui sied bien à l’univers astral de MONOLITHE. MONOLITHE, le groupe qui porte bien son nom avec son doom résolument monolithique, dont les albums sont toujours constitués d’une unique piste dépassant 50 minutes. Un univers pas facile d’accès mais toujours passionnant, avec toujours cette qualité de composition et d’arrangement nécessaire pour mener sa barque pendant une durée pareille. Monolithe II, c’est encore une fois une expérience sonore de 50 minutes et quelques secondes.

Monolithe III marquait une évolution dans le paysage sonore de MONOLITHE et Monolithe II, sorti 7 ans plus tôt, était un album plus « classique », dans la lignée de Monolithe I. Si les cassures étaient nombreuses sur Monolithe III, Monolithe II est lui un album plus « monolithique » justement, plus linéaire (ce qui n’est pas péjoratif dans le cas de MONOLITHE), donc plus lancinant, et toujours aussi prenant. Une petite intro quelque peu dronesque et les guitares doom très écrasantes sont lancées, s’entremêlant toujours avec les leads amenant de la lumière dans cet univers sombre. Le chant caverneux de Richard Loudin se fait entendre très tôt également. Et MONOLITHE s’amusait à expérimenter vu que l’on peut entendre en guise de fond d’ambiance, en plus des synthés, …de l’accordéon ! L’effet est déroutant mais carrément réussi, donnant une sorte de sérénade doom désespérée et résolument apocalyptique. Les leads progressent et les sonorités ressemblent presque à du PINK FLOYD à partir de 5’. L’ambiance si particulière et très prenante de Monolithe II est alors bien mise en valeur à l’occasion d’un court break intervenant à 6’43, avant que guitares doom, leads et synthés ne repartent de plus belle. C’est sur cette trinité, accompagnée de l’accordéon et des lignes vocales quasi-déclamées de Richard, que Monolithe II va poursuivre son évolution comme à l’accoutumée chez MONOLITHE, avec quelques courts passages plus aérés (comme ces petits breaks acoustiques à partir de 17’40 -disponibles en version longue plus tard vers 41’- ou les nombreuses petites « pauses » instrumentales) ou plus sombres (avec des synthés sidérants ou des riffs se faisant souvent très dissonants notamment dès les 27’ passées), et des montées plus épiques (avec de magnifiques solos et forces synthés cosmiques). Le véritable changement de décor n’intervient qu’à partir de 32 minutes avec un net assombrissement de l’ambiance, porté par le chant très pesant, mais Monolithe II finit par se terminer comme il s’est commencé malgré un final très dissonant, avec des leads et des synthés toujours remarquables. Et si certains schémas se répètent, Monolithe II tout comme son prédécesseur et ses suiveurs ne donne jamais l’impression d’être découpé en mouvements, prouvant que la conduite d’un morceau de 50 minutes ou plus est un tour de force que seul MONOLITHE a su maîtriser.

Monolithe II est l’album le plus court de MONOLITHE, pas forcément le plus accessible pour autant, vu qu’il y a bien peu d’accroches dans ce monolithe de 50 minutes particulièrement lancinant. Mais si le « format » est toujours aussi particulier, un album de MONOLITHE c’est toujours une question de ressenti et surtout d’ambiance, ici menée de main de maître grâce à cette science des rythmiques doom, des leads et des synthés stellaires. Du bel œuvre, et une performance à n’en point douter, pour un disque qui est pour moi le meilleur album de MONOLITHE après Monolithe III. Cette réédition dispose en outre d’un remastering bienvenu, rendant le son plus clair et plus abordable. Abordable, un qualificatif qui ne sied pas forcément à MONOLITHE de par ses choix artistiques, mais pour qui a le courage de se poser pendant 50 minutes pour se plonger dans une œuvre musicale le résultat est garanti. Une réédition indispensable pour, au choix, compléter sa collection ou continuer l’exploration de la discographie si particulière de MONOLITHE.



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Monolithe II - 61 téléchargements


Rédigé par : ZeSnake | Réédition/ | Nb de lectures : 11140




Auteur
Commentaire
Raph
IP:90.44.13.90
Invité
Posté le: 02/08/2014 à 11h50 - (113075)
Bravo pour la chro ! Ce groupe est juste tip top et les rééditions de grande qualité (ces phochettes olala) !

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