METALLICA - Vie Et Mort De Cliff Burton (Camion Blanc) - 19/02/2010 @ 09h40
John Bonham, Randy Rhoads, Bon Scott, Cliff Burton et Brian Jones. Le nom et l’œuvre de ces musiciens ont traversé les âges et les générations. Ils ont tous un point commun : ils sont rattachés de façon indéboulonnable à l’œuvre de leurs groupes respectifs, et tant que les disques continueront de tourner, ils resteront dans toutes les mémoires. Ce sont aussi des musiciens qui sont parti trop tôt.
C’est parfois les circonstances de la mort des musiciens qui font qu’ils sont élevés au rang d’icône, mais ce n’est pas le seul facteur. Tous ceux que j’ai cités (et la liste n’est pas exhaustive) avaient de la personnalité, du talent et un charisme stupéfiant.

J’ai su que Metallica avait perdu un de ses membres avant d’écouter leur musique. J’avais vu les photos de cet individu étrange, au look très particulier, qui tranchait radicalement avec celui de ses homologues métalleux. Cet homme, c’était Cliff Burton, bassiste des trois premiers albums des Mets, musicien époustouflant de talent et maîtrise.
Au début, je ne comprenais pas vraiment pourquoi Cliff Burton était à ce point monté au pinacle. Mais plus j’ai appris la musique, et plus j’ai compris combien Cliff était fort et dépassait de la tête et des épaules bien de ses camarades bassistes de la Bay Area.

Mais tout cela, Joel McIver l’explique bien mieux que moi dans ce passionnant ouvrage « To live is to die : Vie et Mort de Cliff Burton ».
Quel peut être l’intérêt de ce livre pour ceux qui connaissent les Four Horsemen en long, en large et en travers, surtout après le très documenté et réussi « Metallica : Que justice soit faite ! » ? En un mot, est-ce que ce bouquin traitant de la vie de Cliff Burton vaut la peine d’être lu ?
Tout d’abord, l’auteur se centre autour de la vie et de la personnalité de Cliff avec des interviews de ses proches, amis, collègues musiciens, petites amies et la famille du défunt bassiste.
Kirk, James et Lars sont bien sûr de la partie, mais aussi Jim Martin, la famille Burton et une foule de personnages moins connus, qui ont tous eu de l’importance dans la vie du hippie au cœur métallique.

Certaines anecdotes sont connues, d’autres moins et on découvre même des histoires inédites.
La première question que je me suis posé, était de savoir si le tout n’allait pas virer au « morbide » en cherchant à tout prix à verser dans le sensationnel au détriment de la pudeur et du respect. Vouloir faire du fric avec le nom Metallica cela ne serait pas surprenant. Se servir de la mort du bassiste pour vendre du papier cela serait déjà un peu plus dégueulasse mais guère étonnant d’un business musical pour qui le pognon a toujours raison (la mort de Kurt Cobain en est un triste exemple). Alors est-ce que McIver a cherché à surfer sur la vague et à vendre à tout prix ?
A la lecture du bouquin, il ne semble pas, car le livre ne verse jamais dans le sensationnalisme et le people, cherchant avant tout à rendre hommage à un personnage unique qui a marqué de sa patte indélébile les meilleures chansons du plus gros groupe de metal ayant existé.

Preuve en est faite avec l’analyse technique détaillée du jeu du bassiste, suffisamment détaillée pour intéresser les musiciens et volontairement claire pour parler aux néophytes.
Technique de picking, ampli, basse, son, gammes, harmonies et accords sont évoqués sans que cela ne soit pompeux ou rébarbatif.
J’ai pris beaucoup de plaisir à réécouter les passages expliqués dans le livre, prêtant souvent l’oreille pour entendre les subtilités du rouquin qui ont donné tant de relief aux compositions de Metallica.
Le livre explique très bien que quand la plupart des quatre-cordistes se contentaient de suivre les gratteux, Cliff enrichissait, créait et innovait comme peu de musiciens savent le faire.
Ainsi, le bassiste est réhabilité, si besoin était, à sa véritable place, celle d’un pilier qui a construit les plus belles pages de notre musique chérie.

Inévitablement, il y a des redites par rapport à « Que Justice soit faite ! » et un sentiment de « déjà vu » se fait sentir à plusieurs moments du livre. L’auteur avait été très rigoureux dans son précédent bouquin et bien qu’il essaye de se centrer autour de Cliff, plusieurs passages sont un peu redondants. A 36 euros le bouquin, il est clair qu’il vaut mieux aimer le bassiste et Metallica pour investir dans ces 340 pages.
En ce qui me concerne, je lis les Camion Blanc petits bouts par petits bouts (sauf cas exceptionnel comme « The dirt » où « La fièvre de la ligne blanche ») ce qui me permet d’éviter le côté un peu relou qu’ont à certains moments ce type d’ouvrage genre Bitures/tournées/baises/studio/re Bitures/ re tournée etc.
Comme souvent, la fin est toujours un peu indigeste et le livre tient la route surtout grâce à l’analyse technique du jeu de Cliff et le fourmillement de détails sur les débuts de sa vie.
Là où « To live… » fait fort, c’est qu’il arrive à faire transparaître le côté sympathique de Cliff et son grand talent. La nostalgie est le fil conducteur du livre, les regrets et la peine en sont les principaux matériaux.

Cliff Burton a encore un capital sympathie très important, ce qui reste étonnant quand la plupart d’entre nous ne l’ont pas connu de son vivant. A tort ou à raison, le bassiste semblait intègre, aventureux, avec des principes et des valeurs dont le groupe s’est éloigné au fil des années. La faute à un succès planétaire certainement.
« Qu’est-ce que Metallica serait devenu si Cliff n’était pas mort ? ». Dire que l’on n’en saura jamais rien est évident, mais bien des journaleux et bien des fans ne se sont pas privés pour dire que Metallica n’aurait pas viré « commercial » si Cliff n’avait pas péri dans cet accident tragique.
Est-ce qu’ils auraient viré progressif ? punk ? Personne ne le saura jamais mais l’auteur évoque au travers d’un chapitre agrémenté de l’avis de plusieurs musiciens ce qu’aurait pu être Metallica si Cliff ne nous avait pas quittés. J’ai trouvé cette partie un peu boiteuse car les hypothèses miteuses et la philosophie de comptoir, cela va un temps. Heureusement, ce n’est que sur un chapitre.

Car au final, ce sont les mots qui sont posés sur les œuvres magistrales que sont « Anasthesia », « Orion » ou « For whom the bells tolls » qui sont le véritable intérêt du livre. L’auteur de ces mélodies qui ont bercé tant d’entre nous est mort de façon tragique et l’injustice qui frappe tous ceux qui sont partis trop tôt est insupportable, y compris pour Metallica.
Ce livre est donc chargé d’émotions, ce qui ne fait pas oublier certains de ses défauts, mais il reste conseillé aux fans car il demeure un témoignage honnête sur Monsieur Cliff Burton, homme de cœur, bassiste génial et éternel headbanger que les mélomanes regretteront toujours.


Prix du livre : 36 Euros
Nombre de Pages : 341 Pages


Camion Blanc - 1071 téléchargements


Rédigé par : pamalach | / | Nb de lectures : 14484




Auteur
Commentaire
john
IP:62.64.39.71
Invité
Posté le: 19/02/2010 à 12h37 - (80966)
Deja lu depuis un ptit moment, il est vraiment très bon, très bonne bio

Tim
IP:62.23.107.57
Invité
Posté le: 19/02/2010 à 16h09 - (80981)
36 € le bouquin cher quand meme...

Orgasmatron
Membre enregistré
Posté le: 19/02/2010 à 16h28 - (80985)
Achat obligatoire tant j'aime Burton! Voilà mon plus gros regret : ne jamais l'avoir vu sur scène. Enfin regret oui et non, j'avais 6 ans quand il est mort...

Zen
Membre enregistré
Posté le: 20/02/2010 à 13h22 - (81001)

Vu au festival du Bourget ... Et nous avions eu droit à "Anestesia (Pulling teeth)" lui seul sur scène, grand moment !!!



Orgasmatron
Membre enregistré
Posté le: 20/02/2010 à 14h44 - (81002)
pfff arrêtes Zen jvais pleurer...

opethmaniac
IP:93.13.112.50
Invité
Posté le: 21/02/2010 à 12h37 - (81012)

Bouquin énorme, un des meilleurs que j'ai pu lire de chez Camion Blanc (avec celui d'Ozzy)...Son seul défaut à mes yeux reste les suppositions qui y sont faites : Burton aurait-il aimé le Black Album, le Load ? Serait-il toujours dnas Metallica aujourd'hui ? etc. Avec des réponses assez bancales, fatalement, et assez inutiles...Le reste est nickel, assez émouvant et documenté...Dévoré en moins d'une semaine !

bof
IP:83.204.219.212
Invité
Posté le: 23/02/2010 à 10h13 - (81076)
eh zen j'y etais au bourget, je me souviens avoir passé le concert des mets dans les premiers rangs devant Cliff Burton, quel souvenir!!!

Lemmyke
IP:212.76.229.116
Invité
Posté le: 23/02/2010 à 15h09 - (81088)
Quelques vieux combattants ici ;-)
Personnellement, vus au Heavy Sound Festival de Poperinge en 1984 (il y avait aussi Twisted Sister, Motörhead, Lita Ford et Mercyful Fate).
Et l'année suivante, j'y ai vu Slayer pour la première fois (pas difficile : c'était leur toute première date en Europe).
Vieux, nous sommes vieux maintenant. Enfin, ça nous permet de radoter, hein...

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