MELKOR - Irrlicht (Autoproduction) - 24/02/2015 @ 09h23
Groupe allemand finalement assez peu connu, Melkor nous livre avec Irrlicht son second album. Œuvrant dans un style de black très atmosphérique, criblé de très belles ambiances nocturnes et majestueuses, la musique de Melkor est intégralement basée sur des tempi très lents, qui laissent le temps aux ambiances de se poser et aux morceaux de développer leurs propos.

"Spiegelwand" ouvre ainsi le bal sur de beaux arpèges lancinants. Le morceau s’étire en laissant aux guitares le soin de développer leurs riffs hypnotiques et dissonants. La dynamique lente est ici un atout et le son, même relativement harsh, ne manque pas – étrangement – de profondeur. Le titre est bien construit autour des mélodies, qui transportent l’auditeur dans un tourbillon de riffs qui n’est pas sans rappeler, dans l’esprit, certains phrasés de Burzum. La technique empruntée est la même : dresser un mur de son que la nostalgie transperce par instants et dont la dissonance des guitares finit par accoucher de phrasés mélancoliques. Un premier titre très réussi.

La suite se positionne dans la même veine. L’agression est rejetée en arrière-plan au profit d’une recherche constante d’équilibre entre des phases de rythmique intense et d’accalmies nuancées. Les arrangements quasi néoclassiques sont de bonne facture, qui ne tombent jamais comme un cheveu sur la soupe mais contribuent plutôt à enrichir les titres en leur conférant une profondeur supplémentaire ("Die Welle ernenert sich", "In den Welkenden Wäldern"). Les guitares noyées dans la saturation et dans l’écho, qui rappellent encore le maître Burzum, sont employées à bon escient ("Des Berges Schweigen") et le son – j’insiste sur la prouesse – bien que légèrement brouillon et aigu, ne contribue pas au chaos mais renforce plutôt la charpente des titres ("Irrlicht", "Pangaea"). Quelques maigres soli agrémentent les titres, les aérant la plupart du temps – alors que la voix se fait relativement discrète. Le chant quasi intégral en allemand n’est pas non plus déplaisant.

Les arrangements à la guitare sèche et à ce qui semble être un violon ("Irrlicht") sont très réussis. Ils apportent aux morceaux la nostalgie sombre supplémentaire, sans jamais constituer de prétexte inutile à augmenter la durée du titre. Réellement mélancoliques, ces arrangements ajoutent en outre quelques cassures qui rompent la monotonie, les titres étant dans l’ensemble relativement longs (entre 6 et 11 minutes).

Seules la batterie (ou plutôt la b-à-r il me semble) et la voix, banale, sonnent un peu à la ramasse ("Pangaea"). Car même les passages à la guitare sèche qui sonnent presque hispanisants ("In den Welkenden Wäldern") sont de bonnes trouvailles.

Au final, Melkor propose un produit de qualité, très agréable, qui devrait plaire sans difficulté aux amateurs de black très ambiancé, fort en mélancolie et en atmosphères sombres et qui ne reculent pas devant de très longs titres quasi doom. La progression dynamique assure des variations intéressantes et les bonnes idées ne manquent pas dans cet album surprise.



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Rédigé par : Raziel | 14/20 | Nb de lectures : 8471




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