MAX CAVALERA et JOEL McIVER - My Bloody Roots : De Sepultura à Soulfly et au-delà (Camion Blanc) - 10/10/2014 @ 07h49
On a parfois tendance à oublier quel grand bonhomme reste Max Cavalera. Si le Brésilien à gagné ses galons de "Daron du Metal" avant tout grâce à ses années passées dans SEPULTURA, on ne pourra pas lui enlever (qu'on aime le groupe ou pas) quelques belles réussites musicales avec SOULFLY. Seulement voila, plus le temps passe et plus le Max légendaire de "Under siege" semble s'effacer derrière le père Maxou, fier papa d'une progéniture qui n'en finit pas de squatter les planches et malheureux guitariste dont les doigts semblent s'encrasser de manière féroce au fur et à mesure des années. A tout juste 45 ans, Max n'est plus le jeune homme menaçant qui régnait sur le monde avec sa B.C Rich 4 "cordes" en main, cheveux gras sur les yeux en vociférant des lyrics hautement vindicatifs. Mais le bougre bouge encore, et pour tout ceux qui, comme moi, ont vibré avec le groupe pendant tout le temps de son ascension, difficile de ne pas voir Max comme un grand frère hardcore, un pygmalion métallique au charisme singulier.
Là où "My Bloody Roots" est intéressant, c'est qu'il nous rappelle que Max Cavalera c'est avant tout un homme qui a un putain de parcours, des tonnes d'histoires à raconter et qui est resté un authentique Metal Head malgré les années qui sont passées.
Ceux qui connaissent Max depuis un moment, et qui lisaient donc régulièrement ses interviews, savent que sous ses dehors un peu nonchalants demeurait (et demeure encore bien entendu) un homme réfléchi et sensé. Si avec le temps, il a appris à communiquer de manière plus professionnelle et conventionnelle qu'a ses débuts (je me souviens des 90's où le barbu ne mâchait pas vraiment ses mots), il retrouve souvent ici cet espèce de verbe chaloupé où il conte ses histoires avec malice et retombe habilement sur ses pattes en développant des argumentaires faisant souvent mouche (il avait su habilement gérer sa communication pendant la crise qui avait précipité le split de Sep'). D'ailleurs en parlant de SEPULTURA, on n'apprendra rien de vraiment neuf sur la séparation, les multiples "raisons" ayant conduit à la scission étant connues de tous, moult informations plus ou moins fantasques ayant filtré au fil du temps.

Pas vraiment revanchard, Max ne focalise pas sur ses ressentiments ou sur ce qui à conduit son groupe chéri à se casser la gueule. Visiblement peu aigri par ce qui s'est passé avec ses anciens camarades, j'ai même été stupéfait de constater combien Max parle en bien de son ex meilleur ami Andreas Kisser. Ne lui cassant jamais vraiment du sucre du dos, il souligne plusieurs fois ses grandes qualités de guitariste et les nombreux moments de complicité musicale qu'ils ont partagé pendant des années (il ouvre même une porte sur la possibilité d'une réunion future). Paolo par contre (qui était déjà à l'époque de SEPULTURA la cible de quelques piques de Max) est beaucoup moins à la fête, le chanteur/guitariste lui reprochant d'être un instrumentiste peu doué doublé d'un musicien pas toujours très investi dans l'énergie du groupe. Igor est évidement présent dans tout le livre et l'attachement que semblent avoir les deux frères l'un pour l'autre se sent de leur enfance au Brésil aux dernières réunions pour le projet CAVALERA CONSPIRACY.
Évidement géniale et passionnante, toute la première partie des années SEPULTURA se lit en un éclair et regorge d'anecdotes savoureuses. Ne prenant pas de gants, et sans fausse pudeur (même dans ses moments de loose intégrale) Max nous parle de sa relation avec ses "amis" de SARCOFAGO, la légendaire tournée "No Wash" avec SODOM en Europe, les multiples rencontres loupées avec Lemmy, l'affrontement frôlé de peu avec Cronos de VENOM ou encore le premier festival du Rock in Rio au Brésil. C'est précisément pendant toute cette première partie qu'on retrouve avec grand plaisir le Max frontal et survolté, de l'époque où il s’apprêtait à dévorer le monde quitte à bouffer la viande avec les os, les couverts et la table en marbre qui aillait avec.
Évidement, on ne rigole pas tout le temps, et de de la tragique mort de son père à assassinat de Dana Wells, Max ne cache pas ses douleurs pas plus que les démons qui le hantent, l'alcool restant une de ses problématique les plus sévères. Passionnant et facile à lire, "My Bloody Roots" est un must pour tous les fans du père Cavalera. A noter pour finir, une géniale préface du cogneur Dave Grohl.

Titre : My bloody Roots : De Sepultura à Soulfly et au-delà
Par : Max Cavalera et Joel Mc Iver
Editeur : Camion Blanc
Traduit par : Angélique Merklen
Nombre de pages : 400
Prix : 34 Euros



Rédigé par : Pamalach | Max la menace/ | Nb de lectures : 13844




Auteur
Commentaire
hammerbattalion
Membre enregistré
Posté le: 10/10/2014 à 09h07 - (113935)
Ah, elle donne envie ta kro, même si, tout en ayant été bercé par Sepultura toute mes années lycée, je n'ai pas une très grande estime du personnage. Je crois que je vais me laisser tenter quand même.















FuneralJB
Membre enregistré
Posté le: 10/10/2014 à 12h30 - (113944)
Super bouquin, facile à lire ! De grosse anecdotes sur Sepultura. J'ai beaucoup aimé l'obtention du premier micro de Max et un SM-58 s'il vous plait! D'ailleurs, il ne faut pas obligatoirement être fan de Max Cavalera et de Sepultura pour aimer ce livre. Merci VS pour le Kdo.



Moshimosher
Membre enregistré
Posté le: 10/10/2014 à 14h19 - (113954)
Bon, de la carrière de Max, je ne connais que Sepultura et Nailbomb... Musicalement parlant, bien sûr... Mais, le gars, malgré ses défauts, à l'air d'un type très bien... Cette chronique m'a donné envie de lire ce bouquin ! :)

..::Ju::..
Membre enregistré
Posté le: 10/10/2014 à 22h18 - (113958)
Livre très sympa à lire ! A l'image de la Kro, comme d'hab avec l'ami Pam !

Bourré d’anecdotes intéressantes, ce livre permet de revivre l'histoire de l'un des plus grands groupes de l'histoire du Metal (un peu) extrême. Une grosse partie de cette biographie est consacrée aux débuts de SEPULTURA. C'est quand même super sympa de (re)découvrir comment ont débutés les frères Cavalera, dans quel contexte, avec quoi, et comment le groupe a peu à peu acquis sa renommée.

Le livre se lit très bien, c'est fluide, la traduction est plutôt réussit.
Max n'en fait pas des tonnes dans son récit, je l'ai trouvé assez humble, et factuel.
J'aurai bien aimé qu'il prenne encore plus son temps pour compter les tout débuts du groupe, avec plus d'anecdotes encore (même si il y a ce qu'il faut), car je trouve que c'est la période la plus intéressante (surtout quand on sait ce qu'est devenu Sepultura ensuite).

Le père Max est quand même un sacré bonhomme, quoi qu'on en dise.
Je n'aime pas du tout ce qu'il est devenu (Soulfly ou ses pathétiques prestances scéniques), mais je le respecte profondément, et j'ai vraiment pris du plaisir à lire ce bouquin !




pamalach
Membre enregistré
Posté le: 11/10/2014 à 09h20 - (113962)
Merci les gars ! Je reviens sur la juste phrase de Funeral Jb disant qu'il n'est pas nécessaire d'être fan du bonhomme pour aprécier le livre.

Orgasmatron
IP:109.0.235.224
Invité
Posté le: 12/10/2014 à 18h23 - (113973)
J'ai pu faire 4 interviews avec le bonhomme et je n'en garde que de très bons souvenirs avec d'excellentes anecdotes. Bref un personnage très sympathique...
Je me pencherait sur ce bouquin avec plaisir...

sid
IP:80.215.130.234
Invité
Posté le: 12/10/2014 à 20h33 - (113974)
Oui en plus il va participer a Relooking Extreme


Ivan Grozny
Membre enregistré
Posté le: 13/10/2014 à 16h24 - (113981)
Le pauvre Paula, ça doit faire des décennies qu'il a les oreilles qui sifflent.

Ivan Grozny
Membre enregistré
Posté le: 13/10/2014 à 16h24 - (113982)
* Paulo :-)

big brother
Membre enregistré
Posté le: 14/10/2014 à 18h33 - (114010)
Très sympa comme bouquin effectivement. Les petites anecdotes sont bien marrantes, et j'ai appris pas mal de trucs (surtout sur l'enfance des Cavalera). Paulo se fait bien allumer (en gros, dans chaque chapitre Max dit qu'il ne savait pas jouer de la basse) ect ... La partie Soulfly m'a moins intéressé par contre. Comme d'habitude avec Camion Blanc, il y a des coquilles par-ci par-là, les photos sont moches (on dirait qu'elles viennent tout droit d'une vieille photocopieuse), mais le plus important c'est le texte, et l'histoire de Max Cavalera et de Sepultura méritaient d'être contées.



dibos
Membre enregistré
Posté le: 31/10/2014 à 18h10 - (114459)
Excellent bouquin riche en anecdotes, qui m'a replongé avec plaisir dans les années quatre-vingt-dix à l'époque où j'étais fanatique de son groupe et de ses interviews sans langue de bois. Même si il a un peu perdu de son aura, Max reste une légende pour tout ce qu'il a apporté à la scène metal en général et au thrash/death en particulier.



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