MAR DE GRISES - Draining the Waterheart (Firebox/Season of Mist) - 15/01/2009 @ 09h22
Sheb :Je vous vois déjà me railler en me disant que cet album est sorti il y a maintenant près d'un an et que ma kronik arrive vraiment très à la bourre. Il n'y aurait sans doute même pas eu de kronik sur VS si Rodrigo, le bassiste du groupe ne m'avait contacté pour savoir si un promo nous était parvenu... Bref, tout ça pour dire que quelqu'un n'a pas fait son boulot et que (pour une fois) c'est pas moi. Cette kro nous arrive donc tardivement mais nous arrive tout de même et c'est bien là le principal, n'en déplaise aux grincheux.

Quatre années séparent donc ce "Draining the Waterheart" de "The Tatterdemalion Express", le premier album du groupe qui avait révélé au monde le quintet originaire de Santiago du Chili. MAR DE GRISES avait à l'époque frappé très fort avec ce premier album de doom mélodique progressif de grande classe. Le temps de remplacer Marcelo R. chanteur et claviériste par Juan Escobar, un camarade de studio de Herumor V, un autre ancien de chez MAR DE GRISES, et le groupe reprend les choses où il les avait laissées et propose un nouvel album tout aussi aventureux et intéressant que le précédent. "Sleep Just One Dawn" qui ouvre l'album ne laisse pas de répit à l'auditeur et entre de suite dans le vif du sujet avec 8 minutes et 24 secondes très intenses qui suffisent déjà démontrer que ce changement de line-up est loin d'être anecdotique. La différence se fait un peu entendre au niveau du chant, la différence n'est pas flagrante mais la voix du petit nouveau est un peu moins caverneuse et un peu plus écorchée, et l'emploi du style "murmuré" semble avoir été intensifié. Pas de bouleversement majeur à ce niveau puisque le chant est toujours mixé un peu en retrait, comme sur le premier album, mais tout de même, c'est à noter. Autre changement: les claviers. Ils occupent désormais une place encore plus importante au sein de la musique de MAR DE GRISES, qui si l'on y inclut les samples qui eux aussi occupent désormais une place non négligeable, est devenu encore plus complexe, progressive et relativement hermétique. Ce "Draining the Waterheart" va vraiment devoir se mériter. Ce n'est pas en 2, 3 voire même 5 ou 6 écoutes qu'il va vraiment se révéler et se laisser apprivoisement. Les morceaux sont bien sûr longs (entre 6 et 13 minutes) et l'album dépasse allègrement l'heure. Digérer un tel pavé va donc nécessiter de votre part un effort non négligeable, vous voilà prévenu. Ce n'est pas l'étrange interlude "Fantasia" et ses 3min10 qui vont rassurer l'auditeur, bien au contraire, ils le plongeront un peu plus profondément encore dans l'univers insondable de MAR DE GRISES.

Notre quintet sud-américain ne fait pas la moindre concession ici. Il emmène l'auditeur dans son univers, libre à lui de le suivre ou pas. J'en vois déjà beaucoup renoncer car "Qu'est-ce qu'il est chiant cet album". Il est vrai que l'album n'est pas exempt de défaut, certaines parties tombent vraiment à plat et arrivent très difficilement à captiver l'auditeur, aussi motivé soit-il. On pourrait également regretter la frilosité du chanteur (renforcée par le mixage en retrait, il est vrai) qui ne s'essaye que très rarement au chant clair. Le résultat est pourtant très réussi lorsqu'il le fait sur le titre "One Possessed". Le sentiment est donc mitigé face à cet album et je ne sais comment le noter. Je me vois mal lui coller une note très inférieure à celle que j'avais mis au premier album (à savoir 16.5/20) mais je ne veux pas non plus monter trop haut car cet album ne mérite pas non plus une note exceptionnelle tant je suis sûr que le groupe peut faire bien mieux... Mais après mûre réflexion 15.5 me semble la note la plus appropriée.
Note : 15,5/20

Matthieu : MAR DE GRISES est un groupe de doom chilien. Après une démo éponyme sortie en 2002, les sud-américains ont directement signé leur premier album "The Tatterdemalion Express" chez Firebox en 2004. Cet album a été accueilli unanimement pour ces uniques et somptueuses textures. Suite à cet album, MAR DE GRISES a tourné en Europe avec pour point culminant le Doom Shall Rise III en Allemagne.
Quatre années plus tard, un successeur à leur premier album nous arrive entre les mains...
Loin de nous proposer encore et encore les mêmes recettes, le groupe s’est renouvelé avec ce "Draining the Waterheart". Mais ne vous inquiétez pas, il s’agit toujours de doom somptueux.
Dans cet album aquatique, les chilien mélange la lourdeur du doom à des légères touches d’un death mélodique et à la délicatesse du post rock.
Cet album est puissant, lourd et planant. La voix est ici utilisée comme un instrument, à peine compréhensible, toute en intension, mélangée aux couches de guitares en une trame liquide intense.
L’ensemble forme un bloc aussi monolithique que l’océan, mouvant, agité, calme, suivant son humeur.
Les guitares arpégées claires alternent avec la saturation en des transitions subtiles.
Les champs sonores sont ouverts par l’utilisation lumineuse des nappes de synthés. La sensibilité des musiciens est palpable. Les atmosphères de MAR DE GRISES vous couleront directement dans le corps, pour peu que vous vous laissiez immerger.
Les titres sont plutôt longs, pas de surprise pour le style. Entre 6 et 10 minutes. Ce qui laisse le temps aux musiciens de développer leur lumière abyssale sans pour autant se répéter. D’ailleurs les chansons se transforment parfois à leur gré, prenant l’auditeur à contre-pied, comme une vague de fond nous emportant vers l’immensité du large.
Je porte votre attention sur l’excellent titre final de 13 minutes, "Liturgia", insaisissable, mouvant, magnifique.
En plus de très belles peintures sonores, le visuel de la pochette permet à l’esprit de vagabonder et de partir dans de nombreuses directions. A la fois liquide, froid et chaud. Le mouvement chaotique d’une tempête, avec nous en son centre.
La production vivante et claire met en valeur les textures de MAR DE GRISE. La basse est chaleureuse, bien présente. La batterie tout en atmosphères, subtile, Les guitares texturées, aériennes mais puissante. La voix, principalement funéraire s’autorise des passages en clair du plus bel effet, toujours dans une intension d’émotion juste.
Et les paroles rejoignent les couleurs que je viens de décrire, tout en restant vagues et somme toute très poétiques, laissant le champ libre à l’interprétation personnelle de l’auditeur.
Ce disque ne va pas révolutionner le genre, mais aucun fan de doom ne souhaite ce genre de chose. Ce "Draining the Waterheart" est assurément une très belle production qui va directement se ranger dans le haut de ma pile de disques atmosphériques à écouter par temps de pluie ou en charmante compagnie.


3/4 pour la production
4/4 pour l’interprétation
3/4 pour l’univers et les ambiances
3/4 pour les visuels
3/4 pour le ressenti
Note :16/20


MySpace du groupe - 220 téléchargements


Rédigé par : Sheb&Matthieu | 15,75/20 | Nb de lectures : 11187




Auteur
Commentaire
SagresMetal
Membre enregistré
Posté le: 15/01/2009 à 09h26 - (66700)
Un peu déçu, le précedent m'avait bcp plus convaincu.
Je rejoins le sentiment de Sheb sur le "peu mieux faire".




Pierre-Antoine -Noiseweb
Invité
Posté le: 15/01/2009 à 11h11 - (66709)
pas complètement d'accord, pour moi ce nouvel album est bien meilleur que le précédent, plus complet dans ses expérimentations, une totale réussite!!

convaincu je suis



vsgreg
Membre enregistré
Posté le: 15/01/2009 à 19h18 - (66729)
ajoute de la kronik de Matthieu qui s'etait perdu dans la bataille ;-)

Skay
Membre enregistré
Posté le: 16/01/2009 à 21h57 - (66784)
Excellent album de doom/death atmo. Ambiances prenantes. rien de révolutionnaire et tant mieux, comme le dit si bien je sais plus qui.

Et en concert, c'est tout du bon !



Clalire
Membre enregistré
Posté le: 17/01/2009 à 14h09 - (66798)
j'aime beaucoup cet album (je ne connais pas le précédent), je ne l'ai pas encore totalement apprivoisé (pour ça faudrait que je l'achète, mais ça ne saurait tarder), découvert grâce à leur passage au Doom over Paris.
je trouve leur "patte" progressive très bienvenue, un doom plus aéré, mélancolique mais sans être étouffant, et sans non plus verser dans le romantico-gothique à violons (j'exagère bien sûr, pour l'image). j'aime bien le fait que la voix soit bien intégrée aux instruments, pas trop en avant, ça contribue à la subtilité des arrangements.
planant mais avec toujours une puissance sous-jacente... 15 ou 16 est une note méritée



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