MANILLA ROAD - The Blessed Curse (Golden Core/Zyx) - 14/04/2015 @ 07h42
Groupe aussi culte soit-il, Manilla Road n'avait jamais été abordé dans les chroniques de VS avant mars 2013 et la kro' de Zozo pour leur album « Mysterium ». J'ai ensuite eu l'opportunité d'évoquer avec un regard plus récent 3 anciens albums du groupe ré-édités par Golden Core et Shadow Kingdom Records, parmi lesquels le cultissime « Crystal Logic ».

Me voilà avec une certaine émotion à vous parler de la 17ème réalisation signée Mark Shelton and co., qui comme on était en droit de s'y attendre, ne changent pas d'un iota leur 'formule' et approche musicale. Si vous n'avez jamais éprouvé d'affinités pour ce groupe, ce n'est certainement pas « The Blessed Curse » qui va changer quoi que ce soit. Les lignes vocales déclamées ressemblant parfois à des incantations, sont toujours aussi monotones et nasillardes, la production paraît vieillotte et faible, elle est surtout pour moi déséquilibrée ; autres éléments auxquels l'auditeur de Manilla Road est désormais habitué, sont le jeu bien garni du batteur Andreas Neuderth qui ne lésine pas sur les breaks et multiples roulements de toms (apportant un peu d'impact d'autant que son instrument est sur-mixé) et le bonheur procuré par les leads/arpèges ou autres soli savoureux du père Shelton (« Sword of Hate »), jamais à court non plus de riffs foutrement heavy (« The Dead Still Speak » à la limite du thrash, « Reign of Dreams » doté d'un refrain au charme certain).

Alors Manilla Road se contente simplement d'alterner tantôt un heavy rugueux somme toute très classique (« Truth in the Ash », « Kings of Invention » qui font du tout droit) avec l'option 'épique doom', histoire de varier les plaisirs ? Oui en quelque sorte. La seule 'différence' sur « The Blessed Curse » repose sur cette utilisation plus significative de guitares acoustiques qui peuvent même jouer le rôle principal à certaines reprises, en particulier au moment d'un « Tomes of Clay » s'étirant sur 8 minutes ; l'introduction est intrigante et le thème principal réussi en étant parsemé de sonorités orientales délicieuses ; il est repris ensuite sur toute la durée de la compo'. Dommage que le cœur même du morceau (disons entre 2 et 5'30 à peu près) ne soit pas plus passionnant, même si je trouve nombre de qualités à cette composition. Manilla Road décide encore de laisser un peu de côté la guitare électrique le temps d'un « Falling » un peu fade, sur lequel je suis toujours divisé : on dirait une resucée en moins 'épique' de « Tomes of Clay », avec toutefois d'excellents soli qui donnent un tant soi peu de l'intérêt à la composition.

Soulignons également que le morceau-titre placé en ouverture d'album donnait le ton et laissait présager un opus peut être plus difficile à aborder, davantage dépouillé et introspectif aussi. Et si les 2 premiers tiers de l'album oscillent entre du bon et du Manilla Road un peu moyen, le tiercé final est à mon goût de haute tenue grâce notamment à un riffing imparable qui s'harmonise avec le chant pour former des ambiances limite occultes très réussies (« Luxifera's Light », « Sword of Hate »), tandis que le final « The Muses Kiss » fait une ultime fois appel à des notes acoustiques. Alors certes cette conclusion manque un peu d'allant et semble répéter une partition monotone, je lui trouve toutefois une certaine classe à travers un 'heavy acoustique' (j'aime bien ce petit oxymore) pépère, possédant un vrai fond musical dont de nouveaux solos imparables.

Si vous trouvez « The Blessed Curse » un peu mollasson, alors ne tentez pas « After the Muse », le CD bonus l'accompagnant ; aussi long que le premier CD avec 4 (!) titres en moins, ce 2ème album met vraiment l'accent sur les guitares acoustiques et sonorités moins heavy, entre un morceau-titre tout en douceur, le non moins joli et éthéré « Life Goes On » qui tape à la porte des 8'30, sans grandes variations, autant dire qu'arrivé à 5 minutes l'ennui pointe le bout de son nez... de même que ce« In search of the Lost Chord » particulièrement délicat (enfin on est pas loin de s'endormir quand même). Au milieu de tout ça, il y a cette double version du morceau « All Hallows Eve », d'abord celle de 1981 atteignant presque les 11 minutes, puis une relecture datée de 2014 dépassant là les 15'... un titre connaissant dans les 2 cas une progression crescendo, pour aboutir à une 2ème partie purement heavy, ce qui est extrêmement rare sur cette galette spécifique de Manilla Road.

Parfois ennuyeux ou semblant manquer d'inspiration, « The Blessed Curse » reste une oeuvre qui diffère un peu dans la carrière du groupe wichitan. Ni leur meilleure ou pire production en fait. Un bon cru de Manilla Road avec ses points forts et faibles habituels en quelque sorte.




Rédigé par : gardian666 | 14/20 | Nb de lectures : 9176




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