MANILLA ROAD - Invasion (Shadow Kingdom) - 04/09/2013 @ 07h55
Non, ce n'est bien entendu pas déjà le nouveau MANILLA ROAD, au contraire, "Invasion" est leur tout premier album, paru en 1980 ! Bon, les fans du groupe connaissent déjà cette information et doivent déjà bien connaître ce premier essai. Certainement pas le meilleur du groupe, il est toutefois non dépourvu d'un certain charme et de qualités qui ne seront que mieux exploitées au fil des années.

"Invasion" a été réédité en version vinyl et CD, respectivement via les labels High Roller et Shadow Kingdom, donnant une nouvelle opportunité à ceux qui veulent se procurer l'album à prix décent (après la réédition en 2004 en format double CD, comprenant le 2ème album du groupe, "Metal").

Il n'est pas évident de parler d'un album pratiquement 35 ans après sa sortie, donc mon jugement tente de prendre au mieux les conditions de l'époque, l'âge des musiciens, le contexte, etc. Premier constat, seulement 6 titres... mais pour un total de 45 minutes ! Le titre le plus court fait un peu plus de 3 minutes, le plus long tape dans les 13 minutes. "Invasion" est doté d'une production assez moyenne, mais finalement correcte pour l'époque. Peut-être que le son des guitares n'est pas toujours top (ça vrille légèrement les tympans). Le reste est OK, la section rythmique bien old school et la voix très particulière de Shelton (éraillée et sans fioritures) fait déjà mouche.

"Invasion" d'un point de vue musical est un album heavy et rock n'roll avec un sens de la composition marqué, rappelant par moments une sorte de RUSH en plus couillu et moins propre. La plupart des intros des morceaux (une minute à chaque fois) me semble dispensable, par exemple celle de 'Cat and mouse' où le titre pouvait démarrer lors du premier solo qui intervient à un peu plus de une minute. Ceci reste un détail, car le riffing primaire mais entraînant d'un 'The dream goes on' sorte de thrash rock n'roll au phrasé relevé avait auparavant ouvert les hostilités avec manière.

'Cat and mouse' et 'Far side of the sun' sont deux longues pièces de 8 minutes, parfois un peu fouillis mais pas inécoutables. Le break "vocal" à 6 minutes sur le premier cité est assez particulier, surtout avec ces soli qui se font écho avant, pendant et après ce passage. Les riffs de ce titre avec pas mal d'effets, rappellent du bon vieux BLACK SABBATH. L'intro narrée de 'Far side of the sun' se veut en quelque sorte comme les premiers émois de l'epic metal (avant MANOWAR pour le coup), la suite se fait à coup de rythmiques galopantes et d'envolées vocales douteuses et à l'arrache. Le jeu de batterie de Rick le pêcheur est mine de rien intéressant à suivre. On dirait qu'il joue en improvisant mais en fait il exploite au maximum son instrument, notamment sur 'The dream goes on' (le bonhomme fait pas semblant pour se dépenser physiquement !).

L'intro aux claviers assez improbable de 'Street jammer' renforce le côté un peu bizarre et presque expérimental de cet album. Le reste du morceau est purement rock n'roll : un riff solide, une rythmique légère et sautillante, et toujours la voix dégoulinante et un peu perverse de Mark. Après cette avalanche de titres heavy, peu fournis en mélodies ou répit, voilà que retentit 'Centurion war games', piste la plus courte. Guitares mélodieuses, un Shelton délaissant son chant granuleux pour adopter un timbre de voix clair et joli, tandis que basse et batterie sont laissées de côté. Un moment sincère, simple dans sa construction et des plus bienvenus durant l'écoute de l'album avant le dernier gros morceau et pas des moindres, le dénommé 'The empire'.

Une intro qui monte en puissance, des guitares qui rappellent JUDAS PRIEST, des soli tonitruants... et une ambiance particulière vient à s'installer durant près d'un quart d'heure. Durant les premières minutes, chant et parties de guitares sont en majorité calmes et relaxants jusqu'à 6 minutes, où malgré un son brouillon, le déchaînement via les soli se fait ressentir. L'accalmie revient comme elle est partie, puis cède à nouveau face aux guitares et à une basse plus mordante et ainsi de suite. Sans partir dans de nombreux breaks, sans avoir une atmosphère très prononcée, on tient là bien un titre épique, qui sent l'enregistrement en une ou deux prises à plein nez. Peu de calculs, ça se joue vraiment au feeling et au plaisir des notes. De ce fait ce n'est pas vraiment le meilleur titre de MANILLA ROAD dans le genre, pas le plus réussi mais une belle preuve de sincérité et d'amour du heavy metal. Et ces 2 sentiments, MANILLA ROAD ne les a jamais perdus, c'est ce qui permet notamment au groupe d'être encore debout après toutes ces années.

Sans bonus ou livret 28 pages (simplement quelques notes de Shelton et les paroles), cette réédition du premier effort de MANILLA ROAD est un objet avant tout destiné à ceux qui veulent découvrir les débuts du groupe. Un objet pas indispensable, mais non dénué d'intérêt et de "charme".



http://www.manillaroad.net/ - 131 visite(s)


Rédigé par : gardian666 | Bonne réédition/ | Nb de lectures : 11218




Auteur
Commentaire
zozo
Membre enregistré
Posté le: 07/09/2013 à 12h17 - (108954)
C'est vrai, moi qui aime surtout la période 'épique' du groupe (comme tout le monde non?!), j'avoue que ce premier album qui a pas mal vieilli fait surtout office de document historique... Mais sans plus.

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