MACHINAE SUPREMACY - Phantom Shadow (Spinefarm) - 31/10/2014 @ 08h45
Quelle curieuse et singulière carrière pour les suédois de MACHINAE SUPREMACY. Après ses débuts autoproduits sur Internet, le groupe s’était constitué une fan-base suffisamment importante pour attirer les labels et depuis, c’est devenu un des chouchous de Spinefarm (label qui ressemble plus à une major aujourd’hui…). Les albums s’enchaînent mais après le succès de Redemeer (2006) et Overworld (2008), le groupe ne serait-il pas en train de retomber dans l’oubli ? Sur VS, A View From The End Of The World (2010, l’album avec Carla Bruni sur la pochette) et Rise Of A Digital Nation (2012) n’ont pas été chroniqués, ni réclamés, même les commentaires se font plus rares voire négatifs, ou alors on retrouve la sempiternelle question « mais c’est quoi le SID Metal ? ». Une fois pour toutes, le SID est la puce sonore du Commodore 64, célèbre console de jeux vidéo des années 80. Ce sont sur ses sonorités rétro que MACHINAE SUPREMACY a basé son art, qui encore aujourd’hui demeure particulièrement inclassable. J’ai longtemps pris la formation suédoise pour un groupe de mélodeath mais à part quelques passages typés, MASU (pour les intimes) pratique plutôt une sorte de Power-Metal très personnel aux multiples influences et incursions d’autres styles, le groupe peut presque être taxé de formation expérimentale tant ce qu’il propose ne répond à aucun code précis. Avec ses sons de SID et son Power-Metal à la fois futuriste et désuet, MACHINAE SUPREMACY est vraiment unique en son genre et son 6ème album, Phantom Shadow, est là pour le prouver.

Les albums s’enchaînent à un rythme régulier de deux ans et dans la discrétion, et MACHINAE SUPREMACY reste plus ou moins le même, toujours avec cette voix caractéristique de Gaz qu’il faut aimer ou au minimum supporter (ce qui, je me surprends tout seul, est mon cas même si dès Deus Ex Machina (2004) il fallait faire de sacrés efforts d’assimilation). Mais plus il avance dans sa carrière, plus MACHINAE SUPREMACY tend vers deux extrémités : plus de Power, moins de SID. Moins de SID ? Un comble ! Si vous écoutez le trailer ci-dessous, vous en trouverez très peu, et effectivement il y en a très (très) peu sur cet album, encore moins que sur les albums précédents. Certes ces sonorités mènent finalement à elles seules bien peu de morceaux de la carrière du groupe, elles ont souvent été cantonnées à des intros où à des breaks de morceaux (ce qui est encore le cas ici), mais pour un groupe qui mise son originalité et son étiquette là-dessus ça la fout mal. Redemeer et Overworld sont désormais bien loin et ce que vous trouverez principalement sur Phantom Shadow, c’est du Power-Metal teinté de mélodeath avec toutes les particularités du groupe depuis Deus Ex Machina et depuis ses débuts même. Le problème, c’est que moi et le Power, ça fait deux et d’ailleurs j’ai fini par voler au secours de cet album qui n’a pas trouvé preneur dans la rédaction…

MACHINAE SUPREMACY m’a donc toujours paru à la fois joyeusement entraînant et affreusement kitsch (pas à cause du SID par contre…), et Phantom Shadow ne va pas déroger à la règle. Si vous aviez apprécié A View From The End Of The World et Rise Of A Digital Nation, vous apprécierez celui-ci aussi. Mais pour ceux qui en étaient restés à Redemeer (le seul album que j’apprécie vraiment pour ma part), ça sera probablement plus difficile. Les suédois me semblent toujours capables du meilleur et du pire. Après l’intro du disque, "The Villain of This Story" est un bon opener avec un refrain accrocheur qui reste en tête. "Phantom Battle" donne dans un Power-Metal classique mais couillu, "The Bigger They Are the Harder They Fall" est très efficace et donne enfin dans le 100% SID Metal comme au bon vieux temps du groupe, et "Hubnester Rising" est un magnifique morceau de clôture. Mais hélas c’est à peu près tout et pour le reste, MACHINAE SUPREMACY donne dans le kitsch avec des morceaux tels que "Perfect Dark" et "Versus", ou encore "Renegades" et "Beyond Good and Evil" qui donnent dans du Heavy/Power bien sucré (malgré le surplus de SID sur le dernier nommé), et le kitsch se fait même parfois WTF ("Throne of Games" (ha, ha) et le, disons, prog’n’roll (?!) "The Second One"). De plus Phantom Shadow est blindé de longueurs, 16 morceaux (dont 5 interludes certes) pour 67 minutes c’est bien trop, même si le groupe a souvent fait des albums longs. La plupart des morceaux dépassent 6 minutes et la belle ballade à violon et chant féminin qu’est "Europa" s’en retrouve plombée. Bref, Phantom Shadow reste un minimum plaisant mais est avant tout « fan service post-Overworld », et ce n’est certainement pas le meilleur album de MACHINAE SUPREMACY, qui est en légère roue libre et perd de sa singularité et de son intérêt au fil des sorties. Le rétro c’est bien mais quand il se retrouve principalement dans l’aspect Heavy/Power, ça donne un résultat un peu trop désuet même si MASU a toujours un charme certain qui pourra plaire… Je pense tout de même que le groupe doit se renouveler pour ne pas tomber dans les limbes, ce qui pourrait se faire en revenant aux fondamentaux, c’est-à-dire… le SID Metal.




Rédigé par : ZeSnake | 13/20 | Nb de lectures : 10503




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