LOS DISIDENTES DEL SUCIO MOTEL - Arcane (Deadlight) - 29/07/2013 @ 08h51
Eh bien voilà ! Je clôture mon baptême de chroniqueur par cette 6ème critique pour VS. Sur 5 albums transmis par le boss, force est de constater que les 2 groupes français que j’ai le plaisir de commenter s’en tirent à merveille. Et pourtant, je ne suis ni chauvin, ni nationaliste, ni patriote. Je dois même avouer que spontanément, je ne suis pas du genre à m’intéresser plus que ça à la scène française. C’est un tort pour lequel je me flagelle de ce mea culpa d’une ligne. Ainsi, après la tentative de retour à peine moyenne des légendaires Skid Row, après le soporifique album des Italiens de No Sound et jusqu’au gouffre danois de la médiocrité faite rock, ma route a fort heureusement croisé les excellents Bukowski et Los Disidentes Del Sucio Motel. Allez, j’arrête de raconter ma vie car je ne prétends pas avoir le talent de vous la faire façon gonzo à la Hunter S. Thompson. Voici donc pour toi, lecteur qui déambule dans ce préambule, mes impressions sur « Arcane » de Los Disidentes Del Sucio Motel.

La pochette d’« Arcane », loin des clichés désertiques du stoner pratiqué, dévoile un groupe qui forge son identité sur des influences empruntées aux films d’horreur. Cette originalité lui permet de développer un visuel réussi comme le prouvent les photos de groupe pleines d’humour que l’on retrouve sur leur site. Dans la musique, cela se traduit par deux intros nourries aux ambiances cinématographiques et aux dialogues qui vont de pair. C’est donc bien dosé et cela n’altère pas l’efficacité de l’album. Los Disidentes Del Sucio Motel pratique un stoner rock nourri des graines de cactus plantées par Kyuss, Queens of the Stone Age, distillées par Truckfighters et Monkey3, le tout frelaté par quelques relents à la White Zombie. La force du groupe est d’avoir su parfaitement digérer ces éléments et d’être capable de proposer un album créatif et inventif, dépassant le cadre très codé du style pour développer par moments un univers tantôt plus rock dans les morceaux pêchus, tantôt doom dans les phases les plus lourdes et hypnotiques de l’album. Cette ouverture d’esprit est d’ailleurs très bien présentée par « Atari » qui ouvre l’album sur un mid-tempo puissant et lourd pour arriver sur un ternaire très entraînant avant de s’ouvrir sur des arpèges où le chant inspiré me rappelle même les excellents et regrettés Stonegard. Un album réussi démarre par un morceau qui accroche. Ici, on en redemande et on attend la suite avec impatience…

… Comblée dès l’attaque de « Lucky Man » qui accélère le propos et nous fait découvrir la face plus rock du groupe avec son côté plus léger voire dansant et ses refrains mélodiques, sans toutefois effacer l’aspect stoner comme nous le rappelle la fin du morceau. On retrouve ce côté rock, plus rageur et plus enlevé, sur l’excellent « Santa muerte » dans lequel le bridge chanté en espagnol fait mouche, puis sur « Godfather », un bon titre au refrain très entraînant et dont l’ambiance est enrichie d’un orgue hammond. Dans ces morceaux rock, « mojo » est une pépite mid-tempo ornée d’un riff monstrueux qui réveillerait le plus paresseux des morts-vivants.

« Arcane » dévoile également une face plus sombre, doom et hypnotique. C’est le cas avec « Z » dont le jeu de batterie plus tribal alourdit l’atmosphère pour que s’y développe des arpèges rappelant la moiteur du Bayou puis un sentiment d’oppression avant qu’un solo plus aérien n’apporte un peu de soulagement. « Ouija » est également dans cette veine avec un riff très Sabbathien. Notons que les cordes de guitare ont dû tremper dans le Styx pour sortir un son si lourd. Quelques percus surprenantes viennent lancer la fin hypnotique, rageuse et colérique aux frontières du hardcore et du sludge. « Kraken » confirme en fin d’album le goût du groupe pour les ambiances plombées au doom. La fin plus dramatique mais plus céleste est sublime grâce au chant notamment dont le timbre rappelle agréablement Metallica. « Journey » clôt le voyage de belle manière. Intro de film, tempo lent, pont mélodique et mélancolique. « Arcane » se termine dans un univers sonore que ne renierait pas Tool.

L’univers de Los Disidentes est riche, créatif et inspiré. « Arcane » est en plus servi par une bonne production qui met en valeur l’identité du groupe. Les riffs fuzzés fusent, la batterie martèle un rythme lourd et puissant, la basse sort d’outre-tombe. Ajoutons que l’album révèle un excellent chanteur, plein de possibilités et dont le timbre médium aigu sert à merveille les morceaux par des mélodies bien trouvées et des chœurs inventifs et bien placés.

La scène française est riche, célébrons-la. La scène française est riche, encourageons-la. La scène française est… Encore là ? Courez écouter « Arcane ». Pauvres fous.

http://www.lddsm.com - 259 visite(s)


Rédigé par : TheUgly | 15.5/20 | Nb de lectures : 11879




Auteur
Commentaire
ouaih
IP:92.132.232.187
Invité
Posté le: 29/07/2013 à 16h26 - (108390)
et on peut le trouver ou ce skeud ?

TheUgly
Membre enregistré
Posté le: 29/07/2013 à 16h42 - (108391)
T'as oublié s'il te plaît...

Sur le site de leur label indiqué tout en haut, sur le site Amazon aussi à 11€98, une affaire !

A ton service.

Deadlight
IP:176.180.142.98
Invité
Posté le: 29/07/2013 à 18h50 - (108394)
sur notre site
www.deadlight.fr

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