LOST SOUL - Atlantis: The New Beginning (Apostasy) - 23/11/2015 @ 07h23
Bien qu’il ne soit pas très médiatisé ni signé sur de gros labels, LOST SOUL est un des groupes les plus respectés de la scène Death polonaise. Son versant le plus technique et le mieux produit, même si avec Übermensch (Death Of God) (2002) et Chaostream (2005), le groupe se posait surtout comme un des meilleurs disciples de VADER. Immerse In Infinity (2009) avait amené le quatuor à un autre niveau, avec des morceaux plus longs, plus bavards et plus touffus, s’élargissant vers d’autres ambiances et d’autres influences. Depuis, LOST SOUL ne s’est pas forcément distingué par sa productivité, 6 années vont séparer Immerse In Infinity de Atlantis : The New Beginning, juste marquées par la sortie de la compil de démos et réenregistrements Genesis. Une compil qui voyait, forcément, le groupe revenir à quelque chose de plus frontal et agressif. Ceci va néanmoins légèrement influencer la nouvelle sortie du groupe, dont la genèse a été longue et mouvementée. Plutôt qu’un « nouveau départ », Atlantis va surtout permettre à LOST SOUL de trouver son équilibre.

Atlantis va donc capitaliser sur ce que le groupe avait proposé sur Immerse In Infinity tout en essayant de revenir un peu vers l’efficacité VADERienne de Übermensch et Chaostream. Le riffing demeure donc riche, technique sans en foutre partout, la force de frappe polonaise reste donc au rendez-vous et de ce point de vue, LOST SOUL n’a pas changé, blasts et rythmiques effrénées et percutantes font toujours partie de son répertoire. De même que les leads et solos, en nombre conséquent ici, le tout va d’ailleurs conférer à Atlantis une ambiance assez blackisante, les arpèges occultes se multipliant à des moments cruciaux. Même si la puissance polonaise est avant tout de mise, on a parfois l’impression d’avoir affaire à un SULPHUR AEON en plus moderne et résolument polonais. Mais LOST SOUL reste LOST SOUL et ne va pas non plus chercher à rivaliser avec les illustres allemands, déjà une référence malgré leur carrière débuté il y a peu. LOST SOUL va faire parler son expérience et ce dès le début de l’album, avec un morceau d’ouverture, "Hypothelemus", de 9 minutes (!). Tout LOST SOUL est là-dedans, sans surprise certes, mais le combo polonais fait le boulot dans la lignée de Immerse In Infinity pour cette piste longue et travaillée. Les 67 minutes (bonus compris) de Atlantis sont donc lancées avec un groupe en bonne forme, en témoigne encore le bon single "Aqueous Ammonia". Pour son « new beginning », LOST SOUL ne se réinvente pas mais se contente surtout de nous abreuver de son Death polonais léché et efficace.

Mais si tout ceci faisait office de belle promesse, Atlantis va hélas bien vite se révéler être un feu de paille. De petites surprises sont tout de même présentes, le groupe s’étant notamment payé le service de choristes, ce qui nous donne quelques beaux moments d’ambiance notamment au sein de "The Next Generation". Du chant « clair », discret cependant, fait même son apparition dès "Ravines of Rapture", bon morceau qui se distingue par ses subtilités rythmiques, et au début de "Unicornis", même si pour le coup l’effet est un peu grandiloquent voire raté… Jusque là, Atlantis fait bien son office, entre classicisme et originalité, mais ça se gâte dès "The Next Generation" qui, malgré le bon travail des guitaristes dès le début, finit par être assez plat. Le très blackisant "Vastistas Borealis" passe encore, mais ensuite LOST SOUL n’a vraiment plus rien à dire, enchaîne les morceaux anecdotiques et fait de Atlantis un skeud vite lassant et répétitif, plus concis que Immerse In Infinity mais au final bien pauvre, et surtout trop convenu, l’offensive à la polonaise ne fonctionnant plus sur la durée, et plus comme à l'époque de Übermensch et Chaostream. "Perihelion", avec son tempo plus sombre et soutenu qui rappelle certains anciens morceaux du groupe, fait plus bailler qu’autre chose. L’expéditif "False Testimony" donne dans un Death polonais blastant trop commun, entendu des dizaines de fois y compris chez eux. Le plus épique et tranchant "Frozen Volcano" aux blasts terrassants passe encore même si encore une fois tout sonne déjà-entendu, en revanche le final-titre de 6 minutes est pour moi carrément moyen, refaisant du Immerse In Infinity teinté par moments du côté de Übermensch/Chaostream, mais en 10 fois moins bien. Quant aux 3 bonus de l’édition digipack, sincèrement, ils n’apportent rien ("Sonidos Del Apocalipsis" sonne plus comme une chute d’Immerse In Infinity qu’autre chose) et ne font qu’allonger encore la linéarité de la deuxième moitié de cet album, même si "Supernovae", plus intense, demeure correct…

Pour couronner le tout, la production faite maison mais mixée/masterisée aux studios Hertz comme d’habitude, m’a semblée un peu trop rêche : on a déjà vu plus explosif en Pologne même si la modernité et le mordant sont au rendez-vous. Le chant de Jacek est, lui aussi, monocorde et peu convaincant, bien loin des performances qu’il avait pu livrer sur un morceau comme "…If the Dead Can Speak". Pire encore, il ressort de Atlantis une influence BEHEMOTH trop voyante, jusque dans le chant finalement très Nergalien, l’aspect Black faisant sonner cet album comme une remise au goût du jour de Satanica ou Thelema.6 par moments. Ca plaira ou pas, toujours est-il qu’il semble clair que Atlantis n’est pas ce que LOST SOUL a fait de mieux, malgré les efforts pour y mettre quelques originalités et une volonté de repartir de l’avant en trouvant un équilibre entre tout ce que la formation a produit depuis 2002. Si Immerse In Infinity garde ma préférence, ce qui n’est pas le cas de tout le monde, j’aime beaucoup ses deux prédécesseurs mais Atlantis n’arrive pas à la cheville d’aucun des trois, les polonais se répétant trop et diluant leurs bonnes idées du début d’album dans une certaine facilité. Un EP 5 titres aurait fait l’affaire, là ça fait trop et l’inspiration n’est pas au rendez-vous sur une bonne moitié de l’album. Atlantis convaincra peut-être ceux qui, justement, cherchaient un entre-deux entre Immerse In Infinity et Übermensch/Chaostream sans trop de chichis, mais jamais LOST SOUL ne parvient ici à surpasser voire même égaler ses précédents efforts. Atlantis n’est clairement pas une bouse (le niveau des guitaristes demeure élevé notamment pour tous les leads/solos, toujours réussis, et les blasts font toujours du bien là où ils passent comme n’importe quelle sortie de Death polonais), ni même un album franchement raté et faiblard comme le dernier NILE, mais il est également un peu trop convenu pour convaincre, et se pose comme une petite déception.




Rédigé par : ZeSnake | 13/20 | Nb de lectures : 8105




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Commentaire
nok!
IP:78.238.189.191
Invité
Posté le: 23/11/2015 à 18h41 - (118774)
He ben on est loin de leur précédent album !! celui là ça sera sans moi... beuark

Futhark
Membre enregistré
Posté le: 24/11/2015 à 10h18 - (118777)
Complètement pas d'accord avec la chronique.
J'ai jamais réussi à m'enquiller Immerse In infinity d'une traite (et je sais que c'est un bon album malgré tout) alors que celui là, il passe tout seul.
Des ambiances, de la variété et de la brootalité.
C'est un de mes albums de l'année perso.



dominator
Membre enregistré
Posté le: 12/12/2015 à 14h46 - (118938)
Et bien je suis complètement d'accord avec la Chro.
Cette album est de loin,moins bon que "Immerse...",même si il n'est pas non plus ridicule loin s'en faut.
Quelques morceaux sont plutôt bien réussi mais sans plus.
Pour les fans.



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