LONG DISTANCE CALLING - Avoïd The Light (Superball) - 29/12/2009 @ 09h36
Intrinsèquement et sciemment dépourvu de tout aspect démonstratif, le post rock se doit de posséder une âme bien trempée. Évidemment, c’est le cas de toute musique qui veut retenir l’attention. Mais là où quelques-uns peuvent se permettre de masquer une absence de profondeur par du gros son ou des acrobaties instrumentales hors de propos, le post rock de qualité n’autorise aucun de ces subterfuges. Tout au plus peut-il compter sur l’apport d’artifices empruntés à la scène électro ou métal – c’est le cas de L.D.C - pour enrichir une expression parfois lapidaire.

Après un "Satellite Bay" en 2007 qui avait jeté les bases d’une linguistique classieuse, les Allemands de L.D.C remettent en jeu leur statut de challenger d’Oceansize, Mogwai, Leech, Tortoise et autres Explosions In The Sky.

Et ne laissons traîner aucune ambiguïté, c’est avec beaucoup moins de personnalité que ces pointures. Loin des tendances pouacres et glaireuses de quelques formations qui hantent la scène, L.D.C offre un visage propret et soigné plus à même de séduire les fans de rock progressif - voire leurs cousins du métal prog - que les adeptes d’un rock poisseux et dépressif. Mais cela pourrait ne pas suffire.

Paradoxalement, moins gluant que certaines œuvres de ses congénères, "Avoïd The Light" séduit d’entrée. Entièrement instrumental (excepté "The Nearing Grave" 7min48), il libère des sonorités que pourraient briguer un Porcupine Tree ou un Oceansize des plus expérimentaux. ("Apparitions" 12min16).

En lieu et place de grands riffs moulinés et touffus – qu’il sait utiliser à toutes fins utiles - il distille des arpèges de grattes clairs et déliés qui ont pour objectif d’alléger un équipage que l’on devine avide de grands espaces. ("Black Paper Planes" 7min17 – "359°" 7min55).

Soucieux de précision et d’immédiateté, il se montre plus direct. Il délaisse – et on peut le déplorer - les combinaisons compartimentées ou les plages climatiques que Leech avait déployées avec succès et qui densifiaient sa musique sur "Totem & Tabu" (19min43 – Album "The Stolen View" 2008). Il tente le rapprochement avec Amplifier sans égaler son envergure sonore.

Et il finit malheureusement par lasser un auditeur pourtant volontaire et appliqué. Par exemple lorsqu’il abuse de chorus répétitifs sur l’intro de "I Know You, Stanley Mil gram…" (10min26) ou sur pratiquement toute la seconde partie de "Sundown Highway" (9min10) qui hormis ce défaut serait un bon titre.

En substance, le choix du quasi tout instrumental accentue l’inconsistance de son propos. Si l’on veut se passer du chant qui habille ses compositions, il faut du contenu. Celui de L.D.C pèche par son intermittence trop évidente. Dans ce registre, on préfèrera sans doute Khoma qui sait lui donner du relief.

Ni véritablement décevant, ni particulièrement exceptionnel, le second album des Munichois navigue entre deux eaux et peine à convaincre dans son intégralité. Il lui manque un poil de passion et un soupçon de consistance supplémentaires pour un faire un incontournable de la scène qui nous intéresse. Gageons que le prochain en sera pourvu et tout atermoiement fera place à un engouement plus affirmé.

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Rédigé par : Karadok | 14/20 | Nb de lectures : 11384




Auteur
Commentaire
pearly
Membre enregistré
Posté le: 29/12/2009 à 11h18 - (79132)
énorme déception après un concert au Roadburn pourtant bien agréable.
pompeux, pompeux, et progressivement pompeux, rien à faire, tout ce que je déteste dans le genre.



booboo29
IP:77.203.42.186
Invité
Posté le: 29/12/2009 à 16h20 - (79137)
J'aime bien cet album. Du post-rock instru pas prise de tête comme je l'aime.
Je trouve que le seul titre avec du chant (assuré par JONAS de KATATONIA) passe vraiment bien!

16/20

SIMOVAR
Membre enregistré
Posté le: 29/12/2009 à 18h08 - (79141)
Album très plaisant et aérien...
à l'origine j'ai acheté ce cd car il y avait le featuring avec Jonas (amateurs de Katatonia). Cette chanson est magnifique et l'album sans paroles est très agréable.



vieillebranche
Membre enregistré
Posté le: 03/03/2010 à 18h03 - (81373)
pas d'accord avec Pearly pour le coup. certes l'album passe sans faire de grosses vagues, ils scotche pas au plafond et nous met pas des grandes baffes, n'est pas non plus sombre et torturé...mais (une fois n'est pas coutume) il s'écoule agréablement bien, brosse das le sens du poil mais avec beaucoup de classe je trouve!
Je pense tout simplement que le propos n'était pas ici d'en mettre plein la face mais de proposer un album homogène, s'écoutant facilement tout en transportant l'auditeur, mais pas du côté sombre (je m'avance peut être mais c'est mon avis).
je le trouve en tous cas très facile d'accès, ce qui permet de se l'écouter même en posant, alors que ce même acte peut être vite éprouvant avec des formations plus "exigeantes"!
Et puis, pour finir, mention spéciale aux premiers minutes de "black paper planes", parfaites!
16/20 aussi, je regrette pas mon achat

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