LASCAILLE'S SHROUD - Interval 01: Parallel Infinities - The Inner Universe (Masters of Metal) - 10/04/2013 @ 08h02
Evacuons tout de suite la question que tout le monde se pose : pourquoi le « cri voile de Lascaille » ? Ce nom est tiré de l’œuvre d’un auteur de science-fiction britannique, Alastair Reynolds. Plus particulièrement des Space-Operas « Revelation Space », LASCAILLE’S SHROUD se référant à une anomalie spatiale construite par des aliens, les « shrouders ». Voilà pour la petite histoire. Donc vous vous doutez bien qu’avec pareil nom, pareille pochette et un album nommé précisément Interval 01: Parallel Infinites - The Inner Universe, nous allons avoir le droit à un projet de sci-fi Metal. Pas de SyFy Metal, car LASCAILLE’S SHROUD est bien loin de faire du Metal de série Z avec des croisements génétiques entre requins et varans de komodo, ou avec des tempêtes de météorites guidées par des extraterrestres belliqueux.

LASCAILLE’S SHROUD est un projet américain existant depuis 2009, originaire de St-Petersburg (…celui de Floride). Projet mené par un seul homme, Brett Windnagle qui a récemment rejoint le groupe SEDULITY. Brett a à son actif une démo (In Galactic Waves of Immeasurable Death, 2011) et un EP (Leaving Earth Behind, 2012) qui ont fait office de mise en bouche pour le premier full-length de LASCAILLE’S SHROUD, Interval 01: Parallel Infinites - The Inner Universe. Tout ceci pour un style de Metal bien évidemment assez fouillé et ambitieux. Si la base est un Metal progressif moderne et futuriste très conceptuel, il faut creuser pour se rendre compte de la richesse de l’ensemble. Imaginez le croisement entre un AYREON période Into The Electric Castle et du Death progressif vieille école style EDGE OF SANITY ou école plus récente style OPETH, en remplaçant tout ce qui est acoustique, psychédélique ou pur prog par de l’électro cosmique. Cela vous donnera une bonne idée de la bête, qui est un melting-pot sci-fi rappelant fortement KALISIA -dans la forme seulement- ou encore DOL THEETA, ainsi que RADIANCE surtout que nous allons avoir un peu de chant Heavy, assuré par Patrick Parris de PROJECT: ROENWOLFE (et ex-bassiste de THEOCRACY). De plus, LASCAILLE’S SHROUD à un fort goût pour les morceaux à tiroir et à mouvements répétés, qui s’étalent sur près d’un quart d’heure, ce qui avait d’ailleurs attisé ma curiosité en plus de la pochette. Et m’a donc permis de découvrir Interval 01: Parallel Infinites - The Inner Universe, un album tout à fait saisissant qui se pose comme une révélation dans un style original que l’on croise rarement.

Interval 01 s’ouvre avec "Prologue: She Dreams of the Earth", qui figurait déjà sur l’EP Leaving Earth Behind. Un morceau très atmosphérique qui prend le temps de développer les ambiances grâce aux breaks électroniques et aux montées de claviers, tout en nous permettant de découvrir le riffing de LASCAILLE’S SHROUD ainsi que ses superbes mélodies de guitare, et le chant Death de Brett (qui bénéficie ici d’un filtre bluffant). "Evolve: Transcendental Cyber-Eroticisms" va poursuivre l’album en mettant à l’honneur un Electro-Death-Metal porté par des riffs particulièrement entraînants, mais également toujours le travail mélodique et les breaks d’ambiance lumineux et cosmiques à souhait. La partie finale de ce morceau de 12 minutes, débutant par des riffs assez lourds, est d’ailleurs tout bonnement excellente. Et plus Interval 01 avance, plus LASCAILLE’S SHROUD est convaincant. La preuve avec le fantastique "Resist: Fall Into the Arms of the Sun" : le début alterne passages posés et Heavy où l’on découvre les vocaux de Patrick Parris, et assauts de Death progressif terribles. Tout ceci avant que LASCAILLE’S SHROUD nous emporte dans un voyage cosmique à l’aide d’un long break électronique génial et hallucinant. Et de nous renvoyer sur terre ferme avec un passage qui dépote et un final épique. On poursuit dans une lignée un peu plus rentre-dedans avec "Extinction: Swarming the Sun" qui après une intro électronique prenante, va mettre les riffs de Brett à l’honneur sous divers tempos. Et au milieu de tout ça va trôner l’apparat cosmique de LASCAILLE’S SHROUD, grâce à un solo à la AYREON et surtout grâce aux claviers qui, déboulant sans prévenir, vont rendre ce morceau entraînant et irrésistible, toujours avec l’appui des mélodies et des breaks atmosphériques. Et une nouvelle fois, la dernière partie du morceau (de 15 minutes en tout) va envoyer du bois de manière assez salvatrice parfois, tout en proposant des solos somptueux.

Ces 4 premiers morceaux de Interval 01: Parallel Infinites - The Inner Universe sont donc touchés par la grâce et on s’attend à ce que l’album complet rentre dans la case « chef d’œuvre ». Malheureusement, je trouve que les 3 derniers morceaux ne sont pas à la hauteur du reste, et les 4 premières pistes (pour 50 minutes tout de même !) se suffisent à elles-mêmes (musicalement, car pour le concept il faut le tout). "Dreams: Romancing My Own Demise" est l’autre morceau où Patrick Parris chante, et il s’agit juste de Heavy/Death mélodique, toujours épique et avec des riffs inspirés, mais pas aussi fouillé que les morceaux précédents (on se limite ici à 6 minutes). "Shattered: Love Lost and World’s Destroyed" est un instrumental qui nous offre juste de belles mélodies et une ambiance très lumineuse, toujours dans un aspect « Heavy avec synthés ». En revanche le final de 10 minutes "Extinction: The Acceptance of Death" constitue une juste conclusion à Interval 01, encore une fois très mélodique mais bénéficiant de l’apport des synthés de Tyler Sherill. Cette seconde partie d’album, plus Heavy et mélodique, ne m’a pas trop convaincu (sachant que le Heavy et moi ça fait deux…), mais si ces sonorités ne vous dérangent pas (de même que si vous êtes fan de DREAM THEATER ou SYMPHONY X), vous aurez une bonne chance d’apprécier Interval 01 dans sa globalité si le côté plus Death des premiers morceaux vous sied également. Un dernier défaut, c’est peut-être la prod. Certes, c’est une autoprod (soutenue par le label Masters of Metal Productions) mais si le grain assez gras des guitares à son charme, certains leads piquent un peu les oreilles, de même que le solo de "Prologue: She Dreams of the Earth" est à la limite de la justesse et que la saturation de certains effets électro est parfois irritante, et le son de batterie (BAR ?) est parfois un brin trop synthétique, même pour le genre.

Ce premier full-length de LASCAILLE’S SHROUD n’en est pas moins une franche réussite, même si au final je le trouve assez inégal, et je préfère me limiter aux 4 premiers morceaux qui sont de toute façon géniaux. Voilà donc, après Brett de KALISIA, un autre Brett qui se distingue dans un Heavy/Death progressif, futuriste et épique, avec un concept très travaillé de science-fiction. Et à l’instar de KALISIA, Interval 01: Parallel Infinites - The Inner Universe propose également un scénario complet avec divers personnages et situations… les noms des morceaux peuvent vous donner une idée, mais les paroles ainsi que l’explication de l’histoire sont disponibles avec l’album sous fichiers Word donc je vais vous laisser les découvrir. Sous fichiers numériques et non sous forme de livret car hélas, Interval 01 n’est disponible qu’au format digital, mais gratuitement ou au prix de votre choix si vous vous voulez soutenir LASCAILLE’S SHROUD, qui est d’ailleurs déjà en train de travailler sur Interval 02: The Multi-Verse. Voilà donc, dans un style de « sci-fi Metal » ambitieux et donc relativement rare, une sacrée révélation qui risque de faire très mal pour la suite, si le projet parvient à gommer ses légers défauts et à trouver son équilibre. Et pourtant, une bonne partie de Interval 01 frôle déjà la perfection. Un somptueux album, pas parfait de bout en bout, mais qui réserve quelques moments de grâce et qui est à découvrir d’urgence pour tout amateur de Metal progressif conceptuel.

http://www.facebook.com/Lascaillesshroud - 224 visite(s)

Bandcamp - 183 téléchargements


Rédigé par : ZeSnake | 16/20 | Nb de lectures : 11935




Auteur
Commentaire
cyril_glaume
Membre enregistré
Posté le: 10/04/2013 à 10h19 - (106943)
Ca fait envie !

Moshimosher
Membre enregistré
Posté le: 10/04/2013 à 10h55 - (106944)
Euh... Shroud, ça veut pas plutôt dire "linceul" ? (Généralement, quand on en vient à porter ça, on crie plus trop...)

Blooming Paquerette
IP:109.7.33.126
Invité
Posté le: 10/04/2013 à 11h28 - (106946)
Shroud veut bien dire linceul...
Le chroniqueur a sans doute confondu avec Shout?

Mais tout ça ne serait pas arrivé s'il avait lu "le cycle des inhibiteurs", le nom du groupe vient probablement de là :)

kane
IP:82.243.244.3
Invité
Posté le: 10/04/2013 à 11h52 - (106947)
Le nom du groupe vient effectivement de l'excellent Cycle des Inhibiteurs. Et je confirme que Lascaille's Shroud veut dire "Le voile de Lascaille"

ZeSnake
Membre enregistré
Posté le: 10/04/2013 à 14h06 - (106951)
oups, boulette

CyberInflames
IP:194.167.30.129
Invité
Posté le: 10/04/2013 à 17h30 - (106955)
Superbe cet album, jolie chronique, vivement le pressage physique du disque :)

ZeSnake
Membre enregistré
Posté le: 10/04/2013 à 19h15 - (106958)
le tirage CD sera extrêmement limité par contre.

Cyberinflames
Membre enregistré
Posté le: 10/04/2013 à 23h01 - (106962)
Yeap, je vais sauter vite fait dessus.
Mais il me semble que c'est davantage le pressage avec le livret pour les paroles qui est extrêmement limité.
Il a dit que selon la demande il en referait d'autres.



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