KVELERTAK - Nattesferd (Roadrunner) - 03/06/2016 @ 08h18
L’accent français ouvre toutes les ceintures de chasteté, même les plus récalcitrantes. Mais notre langue ne se marie pas aux sonorités Metal, il est difficile de gagner sur tous les plans. C’est tout l’inverse de la langue norvégienne, gutturale par excellence, où chaque mot plombe par sa déclamation, où sa résonance autoritaire en fait un point fort pour tout message scandé recherchant à faire taper du pied ou lever le poing. Pour la troisième fois de suite, le hurleur Erlend Hjelvik chante dans sa langue maternelle et maintient Kvelertak en haut de la pyramide de l’originalité où le rockblackpunkhardcore du combo de Stavanger se différencie en partie par ce chant, certes omniprésent et peu charismatique, mais atypique et addictif.

Les contours de la musique de Kvelertak sont définis depuis sa première galette éponyme et ont peu bougé depuis. Mais dans son immobilisme, quelques ajustements et nouveautés de-ci de-là maintiennent l’intérêt que l’on doit porter à cette formation. Qui aurait cru que Kvelertak propose aujourd'hui son album le moins joyeux ? Qui aurait cru que ces nouveaux titres soient plus allongés et surtout beaucoup moins dansants que sur ses 2 précédentes prestations ? Pied au plancher, ils distillent toujours un Metal où la section rythmique carrée a le feu aux fesses, et emmène chaque titre sur des terres rock n’ roll et punk hardcore. Mais cette fois ci, le rock est moins festif, le propos moins léger. L’ambiance bon-enfant a quelque peu disparue au détriment d’une musique qui évoque moins les couleurs estivales que ses 2 premières sorties. La touche black n’a jamais été aussi mise en avant, pour un groupe pourtant réputé pour sa touche festive innée. La basse a toujours une place particulière, les breaks sont toujours légion, les guitares toujours aussi nordiques, mais un petit quelque chose diffère ; même Blaizley ne gère plus leur visuel. Plus travaillé, plus complexe, enrobé de davantage d’arrangements, les scandinaves offrent un opus relativement semblable aux 2 précédents, mais manquant de fun et de spontané. Ils évoluent sans renier ce qui fait le sel de leur art musical, mais perdent cette légèreté pour un rendu moins évident à aborder. Musicalement, j’entends toujours des structures qui peuvent aussi bien appartenir à Queen que Pearl Jam, aussi surprenant soit-il, qu’à la scène punk hardcore dans ses grandes lignes. Le rendu est fouillé et soumet l’auditeur à une plus grande attention pour y déceler et apprécier chaque idée. Je trouve aussi la combinaison moins homogène qu’auparavant, et que certain plans sont forcés, perdant cette décontraction naturelle qu’ils dégageaient auparavant. Pour cette troisième fournée, Nattesferd demande à ses auditeurs un peu plus de temps pour entièrement plonger dans cette musique un poil moins organique, mais qui reste en toute honnêteté de grande qualité.

Kvelertak a une formule bien huilée, maîtrisée dans ses moindres détails, qui rencontre un succès certain, et cet album le témoignera davantage. La fête sera toujours la même en concert, là où le combo rayonne. Même s’il est agréable de retrouver la fraîcheur déployée par les norvégiens, Nattesferd n’a ni la fougue, ni l’excellence de la composition, ni même le capital sympathie des prédécesseurs. Le groupe, et sa musique qui sort des sentiers battus, a cependant le mérite de raviver nos souvenirs de cet univers musical si particulier, et de nous emmener sur de nouvelles terres plus sombres mais Ô combien singulières et intéressantes.




Rédigé par : Bras Cassé | 14,5/20 | Nb de lectures : 7217




Auteur
Commentaire
le botch
IP:85.171.214.94
Invité
Posté le: 03/06/2016 à 10h10 - (120277)
Belle déception que cet album qui passe et qui s'oublie vite !
On est loin de leur excellent premier brûlot...

noohmsul
Membre enregistré
Posté le: 03/06/2016 à 11h01 - (120280)
J'adore le précédent, mais je ne suis même pas sûr de jeter une oreille sur celui ci, tellement les extraits que j'en ai écouté me déçoivent... Et cette chronique ne m'en donne pas plus envie.

Jus de cadavre
Membre enregistré
Posté le: 03/06/2016 à 16h21 - (120289)
J'aime beaucoup la chronique, merci ! Leur premier album avait été une branlée phénoménale, leur second beaucoup moins (plus la surprise en fait...). On verra pour celui ci !
Mais une chose est sur : quel groupe quand même !


CromCruach
Membre enregistré
Posté le: 03/06/2016 à 21h08 - (120292)
Pas encore vraiment écouté à fond donc pas encore chroniqué mais bien fan des deux premiers. Ton analyse semble être précise et se lit crème, j'espère ne pas la plagier, involontairement...

Gégé
IP:90.24.167.142
Invité
Posté le: 05/06/2016 à 19h31 - (120306)
Un groupe découvert il y a peu, franchement j'aime bien.

tommy
IP:178.39.102.28
Invité
Posté le: 06/06/2016 à 22h58 - (120310)
Malgré un titre un peu caricatural en guise de single promotionnel, le très van halenien "1985", ce troisième album risque bien de surpasser leur deuxième opus sur le long terme.

xfuelx
Membre enregistré
Posté le: 17/06/2016 à 09h59 - (120438)
"La touche black n’a jamais été aussi mise en avant", je la cherche encore.....parce que si par là tu entends, le coté sombre, on peu dire du coup que toute la vague goth des années 80 est black. Album très décevant pour ma part



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