KRISIUN - Forged in Fury (Century Media) - 26/08/2015 @ 07h30
Un an après la coupe du monde de football, et un an avant les jeux olympiques à Rio de Janeiro, le Brésil est toujours sous le feu des projecteurs grâce à sa scène metal, car outre la reformation inespérée de REBAELLIUN, et le classique disque annuel (et commenté) de Max Cavalera, c’est surtout le grand retour du maître incontesté du brutal-death mondial qui fait parler. On peut dire qu’on l’attendait celui-là tant « The Great Execution » avait été une baffe incroyable, voyant le trio atteindre des sommets de puissance et de créativité. En tout cas jamais ce dernier ne nous avait pas habitué à tant d’attente, car c’est pratiquement quatre longues années qui se sont écoulées depuis, il faut dire qu’il n’a pas chômé durant ce délai en enchaînant les concerts aux quatre coins du monde.

Si on n’a jamais été déçu par un album du groupe, égaler voire dépasser son prédécesseur semblait presque mission impossible, et pourtant une nouvelle fois les mecs se sont surpassés repoussant encore une fois leur limites qu’on pouvait croire atteintes. Depuis le virage opéré avec « AssassiNation » ils ont en effet gagné en densité et en profondeur sans perdre leur puissance légendaire, le retour aux manettes d’Andy Classen n’y était d’ailleurs pas pour rien et l’alchimie a continué à fonctionner jusqu’à cette dernière sortie. Pourtant l'allemand n’a pas rempilé pour ce nouvel opus, les frangins ayant fait appel au très demandé Erik Rutan (qui avait déjà collaboré avec eux il y'a quinze ans sur « Conquerors of Armageddon », et qui vient poser un solo sur « Burning the Heretic ») qui à l’instar des trois frères a fait un boulot remarquable. Rarement en effet le son de ces derniers n’a sonné de manière si chaude et naturelle, la voix d’Alex Camargo est bluffante de netteté et de puissance, et surtout vraiment compréhensible, tout comme sa basse que l’on n’a jamais autant entendue sur disque et qui ronronne de plaisir pour l’occasion.

Il faut dire que ce boulot en amont est mis en exergue par des compositions monstrueuses, et que certaines d’entre elles vont devenir des incontournables de leurs concerts, tel « Scars of the Hatred » qui démarre pied au plancher, pas d’introduction inutile car ça déboule directement avec des roulements de caisse claire très martiaux combinés à des cassures à la double qui en mettent déjà plein la vue, le tout se mélangeant parfaitement au côté tribal imparable ainsi qu’aux passages plus techniques et typiques des derniers opus. Tout en reconnaissant immédiatement le style du groupe on s’aperçoit que celui-ci a été plus loin dans la recherche, mais qu'il réussit à garder une accroche et une puissance destructrice. Du coup de suite tout part sur de bons rails avec déjà un hit en puissance parfait pour démarrer les hostilités et les futures prestations scéniques. « Ways of Barbarism » a lui déjà été intégré à la setlist et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il porte très bien son nom, car il débute avec la brutalité pure des débuts avant de s’affirmer et d’évoluer progressivement grâce à une qualité d’écriture remarquable qui permet de varier les idées, les riffs et le tempo général, avec comme meilleurs exemples les excellents solos mélodiques et fluides comme on les a rarement entendu chez les brésiliens, donc c’est sans surprises qu’on peut déjà écouter ce titre en live.

Nul doute également qu’on risque d’entendre également lors d’une prochaine tournée « Strenght Forged in Fury » (qui est certes beaucoup plus complexe que ce qu’on a pu entendre chez eux par le passé) car là ça part dans tous les sens mais avec une cohésion incroyable puisqu’on passe du matraquage de blast à des parties très lentes, et de parties rapides de double à des ralentissements mid-tempo et presque accessibles, le tout joué avec une facilité déconcertante, et que dire de « Soulless Impaler » à l’intro très sombre et oppressante où déferle un jeu de batterie presque tribal (encore une fois) avant de garder une empreinte très actuelle mais qui n’oublie pas leur déluge sonore d’il y a une dizaine années, le reste des instruments n’hésite pas à ralentir quand il le faut pour aérer certains passages et pour mieux repartir par la suite (et surtout pour obtenir une tuerie absolue). Juste avant l’Outro « Timeless Starvation » est là une énorme baffe entre sa montée progressive, son côté remuant et jouissif, ses nombreux breaks et ce solo dantesque qui conclut les débats tout en suivant le rythme qui ralentit régulièrement (et qui n’est pas sans rappeler la fin de « Whore of the Unlight » sur « Southern Storm »).

Cependant afin de montrer qu’ils n’ont pas renié leur passé (et pour ne pas trop dérouter leur auditoire) ils nous sortent aussi des compos plus classiques et rentre-dedans comme les très bons « Dogma of Submission », « The Isolated Truth » (court et implacable) et « Oracle of the Ungod » (où là encore le solo de Moyses Kolesne est un bonheur auditif). En bonus on trouve l'efficace « Earth’s Cremation » (qui alterne entre les passages lourds et écrasants et les rafales de caisse claire de Max Kolesne), ainsi que la traditionnelle reprise, et cette fois-ci c’est le mythique « Electric Funeral » de BLACK SABBATH qui est à l’honneur et qui se retrouve jouée d’une manière très proche de l’originale mais qui est quand même intéressante et réussie.

Au bout de cette heure musicale (51 minutes si l’on retire les bonus) on se rend compte que ce « Forged in Fury » est la suite logique de son grand-frère, que le groupe continue d’évoluer et n’a surtout pas peur de prendre des risques en faisant quelquechose de moins direct et radical qu’auparavant. Comme pour le précédent album il faudra du temps pour l’appréhender totalement tant sa palette est riche et d’un niveau technique impressionnant, et ce qui l’est encore plus c’est de voir qu’après vingt-cinq ans d’existence le panzer sud-américain reste encore aujourd’hui au sommet de sa catégorie, sans failles ni ratages au sein de sa pléthorique discographie.




Rédigé par : GabinEastwood | 16,5/20 | Nb de lectures : 9388




Auteur
Commentaire
metalrunner
Membre enregistré
Posté le: 26/08/2015 à 09h51 - (117630)
tres bon album achete au moto apres la prestation de kriiisssiiiuuunnnn vivement leur retour en 2016 pour du live



Warhammer
Membre enregistré
Posté le: 26/08/2015 à 10h05 - (117631)
pas facile de suivre un album comme "the great execution", mais même s'il est un poil en dessous ça déboîte quand même.

diesirae
Membre enregistré
Posté le: 26/08/2015 à 10h09 - (117632)
Album très en dessous du dernier, l'inspiration n'est clairement pas la même. Après ça reste du Krisiun, pas désagréable pour autant.

Moulinexxx
Membre enregistré
Posté le: 26/08/2015 à 11h11 - (117633)
Du même avis que diesirae, ça se laisse écouter avec plaisir, mais c'est un peu insipide après le monument The Great Execution...

PS : "le groupe continue d’évoluer", j'ai envie de dire : lol ! C'est du Krisiun à 666%, ça frôle l'auto-parodie !



Cobra Commander
Membre enregistré
Posté le: 26/08/2015 à 12h49 - (117635)
Un album plus complexe certes, il faut plusieurs écoutes pour rentrer dedans. Les rythmes sont fluctuants et la voix est plus expressive que jamais. On sent vraiment que les trois loulous s'amusent à charcuter l'auditoire en piochant un peu partout dans leur répertoire. On écoute l'album et l'on y retrouve des petites touffes de "Apocalyptic Revelations", "AssassiNation", "Conquerors of Armageddon" et même du très sous-estimé "Ageless Venomous"... Bref, une belle grosse giboulée de phalanges.

Seul point noir: le son de la caisse claire qui sonne aussi mal que le baril de Bonux du Lars Ulrich du Death: Paul Mazurkiewicz.

Un album déroutant, certainement pas leur meilleur mais qui ratatine bien comme il faut.



Cobra Commander
Membre enregistré
Posté le: 26/08/2015 à 12h51 - (117636)
PS: le leak de l'album sonne nettement moins bien que la version physique. Le "vrai" son est plus clair et l'ensemble du disque est plus rapide.

Conclusion: télécharger, c'est mal.

Kirikou
IP:107.191.62.222
Invité
Posté le: 26/08/2015 à 14h48 - (117637)
J'imagine surtout que cela dépend du leak...

TarGhost
Membre enregistré
Posté le: 26/08/2015 à 23h00 - (117642)
Grosse mandale dans la face pour ma part...les frerodelavega do brazil sont inimitables !



argul
IP:87.139.101.2
Invité
Posté le: 27/08/2015 à 19h32 - (117654)
Difficile de faire mieux que le precedent...les riffs sont moins bon , la voix plus claire , malgre plusieurs ecoutes , le constat reste le meme...

Blomkvist
IP:90.11.252.95
Invité
Posté le: 29/08/2015 à 10h35 - (117677)
Il n'atteint pas la cheville de son prédécesseur. Je passe mon chemin.

Maxgrind
IP:84.101.85.175
Invité
Posté le: 01/09/2015 à 09h21 - (117713)
Y a des relents limite prog sur l'extrait. J'aime bien hein mais c'est tout récent chez Krisiun? (je me suis arrêté à l'énorme Southern Storm).

Va falloir que j'écoute les deux suivants du coup :)

BFD
IP:85.115.56.180
Invité
Posté le: 01/09/2015 à 10h36 - (117717)
Moi je m'étais arrété à Conquerors, du coup là je suis pas mal destabilisé :D

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