KETZER - Starless (Metal Blade) - 16/03/2016 @ 07h35
Si KETZER était un sportif, il serait gymnaste.

Celui-là même qui, suffisamment souple pour caler un grand écart facial sans faire craquer le bassin ni couiner les adducteurs, fait tout pour se faire remarquer : "Z'avez-vu, là, hein ? Même pas maaal ! Ah ah ah, ça vous la coupe non ?". Celui-là même qui aussi, par mimétisme avec les cadors de sa promo, tente le tout pour le tout pour réussir comme eux, persuadé que leur voie, c'est sa voie. Et que sa réussite passe par forcément par là. Sauf qu'à force de chercher à faire comme eux, il en oublie de penser à lui.

Parce qu'entre nous, passer en l'espace de trois albums d'un black/thrash evil et destructeur à souhait comme en raffolent ses compatriotes de DESASTER à un metal moderne et coloré qui vient piquer dans toutes les gamelles de la famille, il y a de quoi se poser des questions. Parce que sur "Starless", le choix est encore plus large que chez Auchan : du heavy moderne, martial au rock prog ethéré, en passant par le post-punk pugnace ou le thrash un brin plombé, pas facile de suivre notre quintet du Nordrhein-Westfalen dans ses nouvelles élucubrations metalliques. Ce qui est sûr, c'est que l'on sent dès le début l'envie d'en mettre plein les mirettes. Comme Roger sait si bien le faire.

Car "Starless", c'est tout... sauf le KETZER qui vous est familier. Un single de quatre minutes prêt à foutre le feu aux poudres en concert, un putain de morceau calibré et massif qui donne l'irrésistible envie de hurler sous la douche "Staaaarleeeesssss" ! Une bonne grosse giclée de metal boursouflée de rock'n'roll, tabadam poumpoum tsouintsouin, BEASTMILK sort de ce corps ! J'exagère... à peine ! Z'êtes pas convaincu j'imagine, allez donc poser vos esgourdes sur "Godface" et sa ligne de basse bondissante, ses rythmiques frétillantes et son appel au singalong ! Le genre de hit immédiat, cul-sec de Jägermeister synonyme de bouffée de chaleur, qui fait monter l'ambiance d'un cran coco ! Et que dire de ce "Count to ten" puissant et carré, qui alterne riffs martiaux et ambiances de fin de règne sans coup férir, qui plus est une occasion en or pour revoir les nombres dans la langue de Shakespeare sur son refrain : one, two, three, four, five, six, seven, eight, nine, ten ! Chouette je révise mes bases tout en m'amusant avec le nouveau KETZER. Quoi, opportuniste ? Oui, opportuniste... and so what ?

A côté de ces gros cartons, témoins d'un revirement qui en laissera plus d'un sur le carreau toto, KETZER propose des morceaux qui sortent de ce nouveau cadre par leur côté moins immédiat (enfin, on parle pas d'ATHEIST non plus) mais ceux-ci s'échouent sur les rivages de l'indifférence faute d'inspiration et de structure cohérente. "White eyes" s'étiiiiire en longueur sans réel fil conducteur, "Shaman's dance" et ses onze minutes erratiques pousseraient presque à l'abandon, les deux interludes-minute n'ont que bien peu d'intérêt quant à la ballade gorgée de solos et de très zolies mélodies de "Limbo", elle inspire plus le roupillon qu'un potentiel réveil.

C'est finalement sur "Earthborn", qu'à mon sens, le groupe délivre le meilleur de lui-même avec un gros pavé de metal truculent et mélancolique, parfaitement ficelé. Le juste équilibre entre recherches de mélodies inspirées, parties acoustiques sombres et pertinentes, voilà le nouveau visage de KETZER qui séduit, celui qui, mesuré et réfléchi dans son approche, est capable du meilleur. C'est juste dommage d'attendre le neuvième morceau pour faire ce constat...

GHOST, BEASTMILK, TRIBULATION, IN SOLITUDE, voilà autant de références qui viennent à l'esprit tout au long de ce "Starless" pas forcément inspiré mais foutrement efficace. Au moment de dresser le bilan, on sent que le quintet tâtonne encore, tape un peu dans tous les sens, cherchant encore les ingrédients qui lui permettront de réussir son coming-out stylistique entrepris avec ce troisième album. Attention cependant à ne pas s'éparpiller dans le futur parce qu'à vouloir contenter tout le monde en allant piocher un peu partout, il pourrait bien frustrer ceux et celles qui sont désormais prêts à l'accompagner dans son expédition.




Rédigé par : TarGhost | 13/20 | Nb de lectures : 6381




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