KALMEN - Course Hex (Ván) - 03/12/2015 @ 07h48
Partant du principe que l'on recycle à peu près tout ce qui est possible et imaginable, des piles aux cartons en passant par le verre ou les vêtements, pourquoi ne pas s'attaquer aux chroniques ? Après tout, c'est leur donner là une seconde vie à moindre effort, voilà qui flatte au passage mon côté écolo doublé d'une indiscutable paresse (que je me plais plutôt à qualifier dans ce cas de répartition astucieuse de la dépense énergétique, COP21 oblige). Voyons voir dans les archives, mmmh post-metal obscur et burné, mmmmh voix irritante, ah j'y suis, la chronique du "The infinite" d'AMNIAC fera l'affaire...

KALMEN... Clin d'oeil au prénom masculin qui fait fureur en Slovénie, quelque part entre Ljubljana et Maribor ? A moins que ce soit un hommage à Kalmen Opperman, célèbre maître-clarinettiste qui nous a quitté il y a cinq ans maintenant ? Ce qui est certain, c'est que KALMEN sa barque dans des eaux troubles...

Car certains artworks en disent long sur le contenu. Et dans le cas de KALMEN, formé il y a maintenant six ans dans les froides contrées de Dresde, au coeur de la Saxe, son premier album annonce la couleur. Enfin, plutôt l’absence de couleur avec sa couverture intrigante et énigmatique. Le regard est comme attiré par cette masse lactée qui explose aux quatre coins d'un ciel grisâtre dont on ne sait quel sombre dessein ternit son enveloppe. On devine à travers celui-ci des prédispositions pour un post-hardcore ténébreux ou un black moderne et dissonant. Perdu... ou presque coco, puisque notre quartet se revendique "psychedelic doom-black metal". Traduction : "Post-hardcore lourd et métallisé qui fait de la place aux ambiances tristounes". Un style dans lequel il n'est pas simple de retenir l'attention du pauvre auditeur tant les écueils sont nombreux dans cette discipline exigeante que le duo en –SIS a déjà sublimé par le passé. Morceaux à rallonge et sans fil conducteur, surabondance de plans atmosphériques pour masquer la misère, redondance rythmique et ratatouille de riffs sans saveur : la liste des dommages et intérêts potentiels est longue.

Pas d'inquiétude cependant pour les allemands puisqu'ils ont bien potassé leurs classiques afin de satisfaire aux exigences du label qualité : La preuve avec ce premier titre "Sol devina" qui démarre par une poignée de minutes où moults larsens et tremolos se titillent avant de se faire brusquement chahuter par une section rythmique puissante et addictive. Mais.
Car il y a un mais : les vocalises. Pénibles, exaspérantes. Pour vous donner une petite idée, imaginez-vous un instant aux côtés d’un supporter teigneux et aviné s’époumonant de tout son être à réclamer ce foutu penalty dans les arrêts de jeu. "Penooooo, bordel, y’a penooooo, en..léééééééé !". Le pire dans l'histoire c’est que ce chant forcé et irritant pourrit les trois quarts de l’album, ôtant dans la foulée toute envie d’un reviens-y.

Pas convaincu ? Bien.
Prenez ce morceau introductif évoqué quelques lignes plus haut. Tous les ingrédients y sont présents pour en faire un grand et beau gaillard post-metal ténébreux. Une intro progressive et mystérieuse, toute en nuances, ponctuée d’une mélodie entêtante rejointe par un riff taille mammouth. On se prend à rêver et boum : le tout est ruiné dès que ces râles agonisants et détestables déboulent sans ménagement, illustrant un véritable mariage contre-nature entre une musique bien structurée, réfléchie et des beuglements primaires. La cata, la catastrophe. Et même quand la machine s’emballe comme sur l’excellent "My soul is black" qui part chasser sur les terres d’un heavy-doom puissant et enjoué, ces foutues vocalises monocordes viennent encore plomber l'ambiance et cassent net la dynamique du morceau.

Sans surprise, les meilleurs moments de ce "Course Hex" sont ceux où le vocaliste se fait plus discret ou qu'il se risque à quelques hurlements apocalyptiques... hélas ces moments sont bien trop rares (la superbe deuxième partie du morceau-fleuve "Katharseas" par exemple et ses envolées rythmiques impitoyables). Les autres titres comportent eux aussi un paquet de mélodies entêtantes et de riffs tranchants mais leur portée est systématiquement réduite par ce chant éprouvant. Les plus téméraires d’entre vous arriveront peut-être à l’apprivoiser sur la durée, qu'ils soient loués pour leur abnégation et leur ténacité. Les autres, dont je fais partie, n'auront plus qu'à croiser tout ce qu'il est possible de croiser, du petit orteil au lobe de l'oreille, en attendant que ce quatuor prometteur se débarrasse de ce vilain braillard sur sa prochaine galette pour révéler un potentiel ici à peine dévoilé.




Rédigé par : TarGhost | 12,5/20 | Nb de lectures : 7234




Auteur
Commentaire
Chara
Membre enregistré
Posté le: 03/12/2015 à 08h51 - (118841)
Très bon le copier-coller-légèrement modifié !

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