JERÔME ALBEROLA - Pushin The Limits. Anthologie de l’extrémisme et de la transgression dans la musique moderne. (Camion Blanc) - 17/06/2016 @ 07h11
Encore une nouvelle Anthologie parue chez Camion Blanc pour Jérôme Alberola. Après celle sur le hard rock, sur le rock progressif, sur le rock au féminin et sur le bonheur musical moderne, l’auteur aborde cette fois l’angle de l’extrémisme et de la transgression dans la musique moderne. Une bien grande phrase donc pour tenter d’analyser le pourquoi du comment de la transgression en musique. Pas seulement en metal mais dans une bonne chiée de styles qui vont de la pop au rock en passant par l’electro ou le rap. C’est la bonne idée de l’anthologie : aborder des styles qui ne sont pas forcément familiers de l’amateur de metal lambda. Alors ici, autant vous prévenir, ça parle autant de Mayhem/Burzum/Slayer/Metallica que de Throbbing Gristle, Kanye West, Geto Boys ou Traci Lords. Ça ratisse large et c’est tant mieux, on y reviendra plus tard.

Dans sa structure, le livre est divisé en deux grandes parties : la première, qui fait 300 pages est une analyse façon thèse ou mémoire dans laquelle l’auteur analyse cette idée de transgresser et de repousser sans cesse les limites et les barrières musicales. Jerôme Alberola analyse ici le pourquoi du comment en égrainant les grandes dates et les changements majeurs qui ont permis aux groupes, tous styles confondus, d’aller plus loin, de se libérer et de développer leur créativité. Parmi ces grandes dates, on aborde l’apparition des LPs, des formats longs permettant, de fait, aux artistes de composer et d’écrire des morceaux plus longs, plus compliqués, on voit les durées augmenter, les morceaux s’allonger et évoluer pour partir dans des directions nouvelles, une aubaine et une donnée capitale dans la naissance et la propagation du rock progressif notamment. Pareillement avec l’apparition du cd, des doubles cds, des compils qui permettent tout les excès comme la composition d’un seul et unique morceau long de 78 minutes. A côté de ça, l’auteur dresse des listes non exhaustives des titres les plus longs, les plus rapides, les plus courts. C’est simple mais sympathique car cela permet de découvrir certains groupes puis les listes, forcément, ça parle au geek qui se cache tout au fond de nous.

Le style de cette première partie est plutôt agréable à lire, on évite le jargon trop technico-technique pour privilégier une approche plus directe et franche du collier ce qui permet une lecture rapide et continue, pratique pour s’enquiller un bon paquet de pages sans vraiment s’en rendre compte. La lecture est agréable malgré quelques blagues un peu lourdaudes mais qui ne gâchent en rien le contenu ou le plaisir de la lecture. C’est l’occasion de découvrir des anecdotes intéressantes et d’ouvrir les frontières du metal à des styles tels que la musique classique dans son ensemble que, personnellement, je ne connais absolument pas. On peut y voir la progression et l’évolution de tels et tels genres pour parvenir à l’extrémisme forcené d’un Agoraphobic Nosebleed par exemple. Ou l’influence d’Erik Satie sur toute la scène noise, electro, expérimentale ou sur la musique concrète. Une première partie riche d’enseignement et finalement assez ludique.

La seconde partie, un bon 600 pages, rassemble 371 petites chroniques et analyses de disques transgressifs dans tous les styles et dans tous les sens du terme, des années 50 à nos jours. On commence par Wanda Jackson ou Elvis pour terminer sur des choses comme Royskopp, David Bowie ou Nokturnal Hellstorm. Evidemment, on trouve des incontournables comme « Scream Bloody Gore », « Reign In Blood », « Kill Em All » et j’en passe, mais aussi des disques moins connus, plus confidentiels mais pourtant essentiels lorsqu’on parle de transgression musicale. Bien sûr, c’est toujours agréable de relire des choses sur les classiques du metal qu’on connait par cœur mais là où le plaisir est le plus grand c’est quand, au détour d’une description de disque qu’un style tout à fait autre, on se plait à découvrir une musique de qualité, intéressante qui va ouvrir des portes vers de tout nouveaux univers ou encore lorsqu’on reconsidère un disque ou un artiste à côte duquel on était passé. C’est une sensation formidable que de découvrir un nouvel artiste ou un nouvel album et de se plonger tout entier dans un univers totalement inconnu. C’est le grand avantage de cette seconde partie de livre dans laquelle on peut aller picorer, lire quelques chroniques de temps à autres, comme dans toutes les anthologies finalement. Comme c’est le cas de toutes les listes non exhaustives, on pourra pester contre l’absence ou la présence de tel ou tel disque ou sur les commentaires de l’auteur (« Ride The Lightning » meilleur que « Master Of Puppets » ou « …And Justice For All » allons allons…) mais c’est aussi ce qui fait le charme de ce genre de procédé. Voilà pour ce pavé de plus de 900 pages qui se lit toutefois très tranquillement, à petite dose et qui est un excellent moyen d’élargir sa culture musicale vers d’autres styles et d’autres horizons.


Rédigé par : Seb On Fire | Extrême Limite./ | Nb de lectures : 6006




Auteur
Commentaire
Arioch91
Membre enregistré
Posté le: 17/06/2016 à 08h15 - (120436)
"(« Ride The Lightning » meilleur que « Master Of Puppets » ou « …And Justice For All » allons allons…)"

En même temps, je suis du même avis que l'auteur ^^

allan
IP:90.110.125.112
Invité
Posté le: 17/06/2016 à 09h25 - (120437)
Pareil
Non seulement Ride the lightning est meilleur que Master
Mais and Justice est également meilleur de que Master


Bref, pour en revenir au book, le terme de transgression ne veut rien dire puisque, replacer dans son contexte, même les Beatles étaient transgressifs. Du coup, on aboutit à un enième listing des albums incontournables qu'il faut avoir écouter bla bla bla

CHUCK MAURICE
Membre enregistré
Posté le: 17/06/2016 à 18h10 - (120439)
Très subjectif tout ça.. MASTER et AND JUSTICE sont bien meilleurs, car plus aboutis, que RIDE pour ma part ; avec une préférence pour MASTER.

Son of Freud
IP:90.53.86.110
Invité
Posté le: 17/06/2016 à 18h34 - (120440)
Ces bouquins de branlette intellectuelle commencent à saouler tout le monde, on s'en fout de savoir ce qui transgresse quoi, la musique parle d'elle même quand on est à fond dedans, alors pas la peine d'essayer de nous embrouiller le cerveau, on a déjà tout pigé.

Mon zob
IP:185.100.86.167
Invité
Posté le: 17/06/2016 à 23h47 - (120442)
de la merde

agent c. burton
IP:92.96.251.36
Invité
Posté le: 28/06/2016 à 21h16 - (120497)
@ son of Freud
@ mon zob
D'accord, d"accord.
Cela permet aussi de donner l'envie d'aller écouter des univers que l'on ne connait pas forcément

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