IN AEONA - Force Rise The Sun (Prosthetic) - 05/10/2015 @ 08h01
Le Post-Rock, ce n’est pas franchement ma tasse de thé. A la rigueur, pour m’intéresser, il faut qu’il soit un peu metallisé et qu’il présente un concept spatial. Il y avait bien eu EXXASENS, encore à la rigueur parce que je n’ai pas écouté ça en boucle, et bien évidemment ATOMA, mais ces derniers ne viennent absolument pas de la scène Post-Rock… Et ainsi, IN AEONA, avec sa mention « Post-Rock/Metal » et sa pochette spatiale, m’a intéressé dès le début. Bingo : voilà un disque de « vrai » Post-Rock (avec quelques aspérités certes) qui a réussi à me plaire. Formé en 2009 du côté de Boston, ce trio qui comporte en ses rangs une chanteuse/guitariste avait signé en 2010 un premier EP très prometteur, Blue Sky All Day. 5 ans plus tard les voilà sur Prosthetic Records, plus habitué au gros Metal ricain, mais IN AEONA est « ricain » à sa manière. Son Post-Rock quelque peu metallisé situe des influences qui brassent large, MUSE, DEAFHEAVEN, RUSSIAN CIRCLES ou encore HELMS ALEE sont cités en guise de promo ou pour le sempiternel « pour fans de ». Il va falloir retrouver tout ça dans ce Force Rise The Sun de 40 minutes, et mes connaissances en Post-Rock étant très très (très) limitées, je vais me contenter de faire avec ce que j’ai, à savoir que ce premier full-length de IN AEONA me fait penser à un ATOMA version Metal alternatif américain en mode cool à la MUSE. C’est déjà un bon début.

Mais encore ? IN AEONA pratique donc un Post-Rock logiquement assez planant, mais qui n’hésite pas à dynamiser le tout grâce à de nombreux riffs assez gras, entre Heavy-Rock et Metal alternatif. C’est pour la touche américaine. Et bien sûr, quelques effets et ambiances électroniques sont là pour poser une atmosphère cosmique et futuriste, l’univers sonore promis par la pochette de ce Force Rise The Sun est bel et bien au rendez-vous. Le tout est accompagné de la voix très Rock de Bridge, très accrocheuse et entraînante, ce qui fait l’identité de IN AEONA. L’identité est aussi sonore, et d’ailleurs dès que les vocalises de l’américaine s’emballent, c’est sous un bon filtre de saturation. Ainsi Force Rise The Sun bénéficie d’un son assez particulier, très râpeux, très Rock en un sens, bien loin de quoi que ce soit d’hyper moderne et clinquant. Cela donne un cachet il faut le dire assez particulier à la musique d’IN AEONA, ajoutant encore à l’ambiance originale du disque. On a l’impression que la musique de Force Rise The Sun nous est transmise par un quelconque transmetteur de communications intersidérales, en mode bien roots et étouffé donc. Il faut s’y faire, IN AEONA possède donc une sonorisation très personnelle (tout comme un DARKSPACE mais bon, tout est relatif ici c’est neeeeettement plus clair quand même), mais il faut avouer qu’aux premières écoutes c’est un peu difficile (surtout la toute première écoute sur streaming soundcloud… certes), dès que les guitares arrivent sur "Bright Black" c’est un peu le bordel et on ne distingue guère que de la saturation. Des écoutes attentives dans différentes conditions (casque, hi-fi) sont donc nécessaires pour saisir toutes les subtilités de Force Rise The Sun, et il faut faire l’effort car IN AEONA nous propose un somptueux univers à explorer.

Le départ légèrement dronesque et stellaire de "Bright Black" nous met d’ailleurs direct dans l’ambiance, tout en nous faisant découvrir les capacités vocales de Bridge, puis tout le paysage sonore de IN AEONA se met en place progressivement, entre sublimes oripeaux électroniques et grattes bien puissantes, en plus d’inévitables gimmicks Post-Rock (les trémolos cristallins bien évidemment). Un splendide départ qui se pose surtout comme une intro de luxe, mais le potentiel tubesque de IN AEONA est déjà là. Et Force Rise The Sun est lancé : les 6 prochains morceaux sont autant de tubes, aux humeurs toutes diverses, rien que ça. "Leader" s’offre des riffs bien groovy et un refrain fantastique, Bridge multipliant les divers écarts de voix. "Sun Moon" est parfaitement équilibré entre Electro-Post-Rockeries bien aériennes et moments plus gras, et Bridge se surpasse (quels couplets épiques, quel refrain monumental !). "Ghosts" est plus doux d’emblée, plus mélodique dans la globalité, mais les guitares saturées ne sont jamais loin et l’ensemble est délicieusement entraînant et résolument spatial. Encore plus au calme (#oklm si on veut être #swag (#yolo)), "Soldier" prend un tournant très aérien et cotonneux, mais ce n’est que pour mieux jouer avec les contrastes : ici dès que les grattes se pointent c’est pour pondre des riffs particulièrement efficaces (presque headbangants !), et cerise sur le gâteau le refrain est une fois de plus excellent et le final tout en trémolos est épique comme jamais. Plus électronique mais toujours 100% Post-Rock, "Empty Now" présente le paroxysme du côté cosmico-futuriste de Force Rise The Sun, et une nouvelle fois les lignes vocales de Bridge font mouche à chaque instant. Mention spéciale au final sensationnel et libérateur aussi, qui enchaîne sur un "Never Forever" un peu plus sombre, à la saturation électronique et guitaristique omniprésente, pour un résultat assez grandiose voire même fascinant.

Après cet incroyable enchaînement de hits Post-Rock/Metal, Force Rise The Sun va se finir en douceur, tout d’abord avec l’ambiant "A Ways Away", puis le plus dépouillé "Skywatcher" qui prend son temps pour terminer l’album en beauté et en explosion stellaire. C’est beau et au bout, Force Rise The Sun est un album hautement addictif, du domaine du coup de cœur, surtout quand on écoute pas de Post-Rock en temps normal. Je pense tout de même que qui connaît bien la scène Post-Rock risquera de trouver ça peu original dans l’absolu, les clichés sont présents (les accès de trémolos étant à ce disque ce que les solos sont à un album de Death-Metal américain : obligatoires et attendus), et même le son « cru » est il me semble parfois l’apanage de certaines formations de Post-Rock. Un son qui reste assez particulier et rend ce premier album d’IN AEONA assez difficile d’accès dans l’absolu, dont il faudra aimer les composantes et particularités (chant féminin, ambiance spatiale et futuriste, évidents relents de MUSE - ce qui ne plaira pas à nombre de nos lecteurs…). Mais IN AEONA a aussi pour lui son côté metallique prononcé dans les grattes, même si les riffs sont assez similaires d’un morceau à l’autre en définitive, mais le résultat est très enivrant, touchant même. Il faudra donc y trouver son compte, mais ce qui est sûr c’est que Force Rise The Sun est un disque tout simplement magnifique, avec un peu de fraîcheur cosmique bienvenue pour l’été, pour des morceaux inoubliables qui arrivent même à causer des frissons comme avait pu le faire ATOMA avec son Skylight. Un splendide album signé d’un groupe talentueux qui a su mêler Post-Rock, Rock/Metal américain et électro avec classe et accroches, et personnalité (chant féminin léché et ambiances spatiales magnifiques), un voyage à essayer pour qui aime rêvasser lors de la nuit des étoiles filantes… et un indispensable de cette année dans un registre « autre genre qui s’élargit au Metal ».




Rédigé par : ZeSnake | 16.5/20 | Nb de lectures : 7434




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