INDIAN - From All Purity (Relapse) - 29/01/2014 @ 07h33
La violence, celle qui te domine pour te détruire, n’est-elle pas morale et psychologique? Indian joue sur le tableau de cette cruauté sournoise, celle qui te ronge. Guiltless vous avait ébouriffé, voire même estomaqué ? From all purity maintient la pression, -c’est le moins que l’on puisse dire-, en offrant une nouvelle fois une apnée dans l’univers sludge contemporain. Davantage extrême que son prédécesseur, il est surtout plus mature et un ton au-dessus qualitativement.

Ces 6 titres, dont 5 à plus de 6 minutes, font l’effet d’une main bourrue arrivée par surprise sur ta bouche et tes narines en maintenant (bien fort) la pression jusqu’à l’asphyxie. Là est la force de cet opus, pas une seule seconde de relâche avec cette musique peu évidente à appréhender pour une oreille un peu trop verte. Noyé dans le nihilisme urbain, il se découpe en 40 minutes d’agression sludgecore dans sa version moderne, c’est-à-dire sans larsen crado offert par un défoncé du dirty south américain. La prod’ contemporaine signée par l’omniprésent Sanford Parker est certes de qualité, mais interchangeable avec chacun de ces autres travaux. Pour un album de cette trempe, un cocon glacial aurait davantage martyrisé et apeuré nos tympans, en laissant le même type d’empreinte sonore telle que Terra Tenebrosa l’a fait l’année précédente avec The Purging. Une production chaude, grésillante, conforme aux attentes purement sludge, aurait pu aussi nous contenter, comme à leurs débuts. Rien de franchement pénalisant même si on ne sait pas sur quel pied danser, dû à cette prod’ passe-partout.

La voix de Dylan O'Toole est la pièce essentielle de cette galette, car musicalement les Chicagoans ne renouvellent rien, ni structurellement, ni au feeling. Leur chanteur est flippant de réalisme et de désespoir, et ses hurlements décharnés pourraient rivaliser avec n’importe quel combo black. Il réduit la musique à de simples pulsions animales. Quant aux musiciens, ils jouent en bloc, sans laisser ni l’un ni l’autre ne tirer la couverture à soi, posant les bases d’une musique pachydermique, à la rythmique doom. L’effet massif annihile tout détail. Aucun couplet ou refrain à proprement parler, plutôt le sentiment d’un bloc monolithique où seules les lamentations apportent des variations à ces longs titres. En prêtant l’oreille d’un peu plus près, il est aisé de reconnaître des bribes d’artistes qui ont dû bercer la précédente décennie de ces 4 malheureux. Today is the day y apporte cette facette totalitaire, raw et noisy. Le hardcore chaotique, dans sa version nord-américaine telle pratiquée par Cursed et ses acolytes, se ressentira dans la décharge sonore déployée. Pour l’absence de sourire et le besoin d’expier cette détresse palpable, je pense au défunt et décapité groupe suédois Abandon. On approche de la suffocation sonore de protagonistes adaptes de la scarification mentale, le tout bercé par une rythmique neurasthénique comme seul le doom sait nous en délivrer.

Extrêmes et intimidants, ces morceaux à la dynamique militaire adressent une quenelle à cette société formatrice d’individus mal dans leur peau avec ce besoin d’exhorter leur haine. L’album décolle très vite pour ne jamais retomber, sauf le temps de la cinquième piste bruitiste Clarify qui dépareille, plus désagréable qu’autre chose, en donnant l’effet d’un vieil ordi qui rame plus qu’à un titre Metal. Cependant, Indian a tout de même concocté du lourd avec, entre autres, The Impetus Bleeds et Disambiguation qui sont probablement les 2 meilleurs titres que j’ai pu écouter chez ce quatuor.

Aucun morceau n’est moins bourre-poing que les autres ! Uniquement cette main ferme qui te maintient la tête sous l’eau pendant 40 petites minutes…qui en paraissent bien plus. Première boucherie de l’année pour Relapse, qu’il faut saluer. Franchement pessimiste, From all purity use les nerfs et tourmente son auditeur. Cette gerbe hargneuse, discontinue et sans espoir risque de laisser des séquelles…


Rédigé par : Bras Cassé | 16/20 | Nb de lectures : 12239




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Commentaire
Bernard
Membre enregistré
Posté le: 29/01/2014 à 10h36 - (110827)
On voit des quenelles partout de nos jours...

Bras cassé
Membre enregistré
Posté le: 29/01/2014 à 14h39 - (110828)
C'est la pleine saison des quenelles, je te l'accorde! De memoire, je n'ai jamais connu une telle debacle politique. Le metal ne vehicule-t-il pas des concepts sociaux?

Sinon, t'as ecoute ce petit nouveau d'Indian?

Bernard
Membre enregistré
Posté le: 29/01/2014 à 16h01 - (110829)
J'ai eu un peu de mal au début, les deux-trois premières écoutes. Mais depuis je suis totalement convaincu. Tiens ça me fait penser qu'il faut que je le commande...

Bernard
Membre enregistré
Posté le: 29/01/2014 à 16h06 - (110830)
Bonnes références à Today Is The Day (le chaos) et Abandon (la désolation) dans la chro. Perso j'ajouterai aussi Iron Monkey, vraisemblablement principalement pour la voix.


Trez
Membre enregistré
Posté le: 05/02/2014 à 15h44 - (110892)
Pétard mouillé.



Blob
IP:212.76.241.98
Invité
Posté le: 30/04/2014 à 09h25 - (111975)
Tès bon album pour ma part, l'impression de se faire éclater la tête contre un mur lentement mais à rythme régulier... ça semble masochiste jusqu'au moment où on réalise que ça peut être la tête d'un autre :-)

Par contre d'accord pour dire que le morceau instru est dispensable.

ça suit la recette de Guiltless mais ça la durcit quand même (pas de bouffées d'oxygène cette fois-ci)...

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