IHSAHN - Arktis. (Candlelight) - 20/05/2016 @ 07h28
Depuis ses débuts en solo il y’a déjà dix ans le norvégien ne s’est pas ménagé car outre les dates anniversaire avec EMPEROR il n’a pas chômé également au sein de sa carrière individuelle en revenant déjà avec son sixième opus qui fait suite au très controversé « Das Seelenbrechen » dont le contenu avait énormément dérouté et divisé les fans de la première heure. Autant dire qu’il était attendu afin de savoir si cette précédente sortie était une erreur de parcours sans conséquences ou bien le début d’une nouvelle ère dans sa musique de plus en plus inclassable et avant-gardiste, ce qui ne change pas c’est sa palette technique de plus en plus élaborée et sa fidélité au batteur Tobias Ørnes Andersen, ce dernier une fois encore réalise une prestation exemplaire et à la palette technique de plus en plus élaborée. D’ailleurs afin d’étoffer encore la multiplicité des genres le chanteur et multi-instrumentiste a ramené des invités tous plus différents les uns des autres, à savoir l’habitué Einar Solberg de LEPROUS, Matt Heafy de TRIVIUM, ou encore Jørgen Munkeby (saxophoniste du SHINING local) et plus étonnant l’auteur national Hans Herbjornsrud.

Avec toute cette liste de grands noms et y ajoutant le talent du bonhomme il n’y avait pas de raisons d’être déçu, et effectivement il redresse bien la barre en offrant un large panel à la fois classique, rétro, disjoncté et futuriste tout en étant addictif et accrocheur. En effet chacun de ces onze nouveaux titres peuvent se glisser dans une de ses cases, ce qu’on voit dès le départ avec « Disassembled » à la fois très lourd et dans le même esprit de ce que son créateur a déjà fait par le passé mais où se mêle la voix envoûtante de son ami Einar qui amène une vraie mélancolie en alternance et à l’opposé des passages plus virulents récités par son géniteur. Du coup malgré son classicisme assumé il fait mouche et s’imbrique parfaitement avec « Mass Darkness » dont le nom est trompeur car on navigue en pleine mélodie (agrémentée de petits solis et de quelques notes de synthé), mais qui n’oublie pas le côté pêchu tout en étant très accessible.

Car s’il y’a une chose qui marque dès le début c’est celle-ci, rarement Ihsahn ne nous a habitué à une accroche si immédiate et soudaine, même s’il a réussi à garder une grande complexité avec de nombreux arrangements. On les aperçoit avec « My Heart Is Of The North » qui démarre de manière très électronique et progressive, où l’heure est à la mélancolie et au chant tout en douceur, puis l’ensemble se complexifie tout doucement et l’on se prend à croire que le regretté Jon Lord de DEEP PURPLE est revenu d’entre les morts pour jouer du clavier, tant le son de ce dernier est typique de la formation britannique et du son des 70’s en général… bref un résultat surprenant, déroutant mais impeccable. Que dire alors de « South Winds » qui à la première (et même deuxième) écoute va faire parler, car lorsqu’il commence on pourrait penser que l’on a affaire à un Dj tant tout y est synthétique, mais une nouvelle fois le chant (à la fois chuchoté et en voix claire) est au top niveau et l’on finit par se prendre au jeu de cette compo atypique. « Until I Too Dissolve » l’est tout autant car là on fait un bon dans le futur pour passer dans la décennie des 80’s car le son de la guitare est directement inspiré du son de cet âge d’or, à la fois mid-tempo et Heavy il a l’idée de surprendre en se faisant plus cosmique et planant sur les couplets et plus massif sur les refrains, tout en intégrant des parties plus sages qui s’assimilent avec brio au reste. Dans le style progressif on peut également citer « Pressure » qui est dans sa première moitié tout à fait dans le ton des prédécesseurs de ce nouvel opus, cependant plus on avance et plus l’ombre de « Prometheus : The Disciple of Fire & Demise » est marquante, car avec ses parties ultra-rapides et ses synthés à la EMPEROR on nage à la fois en plein revival mais aussi en pleine actualité de son leader, pour un résultat puissant qui navigue en plein sur plusieurs périodes.

On garde le meilleur pour la fin avec en premier lieu le sublime « Crooked Red Line » aux ambiances jazz très prononcées et réussies tant le piano et le saxophone sont en osmose, avant que des riffs et moments plus lourds ne s’installent durant un court moment pour donner encore plus d’amplitude à ce titre d’à peine quatre minutes mais qui prend vraiment aux tripes et à la musicalité impressionnante. Même constat pour « Celestial Violence » (qui porte parfaitement bien son nom) où l’intro très céleste et spatiale (mise en exergue par le chant d’Einar) se marie à merveille avec les parties plus puissantes (où Ihsahn amène son timbre vocal) tout en conservant une identité bien à part également, pour là encore un résultat magistral. Finalement seul « Til Tor Ulven » peut se révéler plus inaccessible et hermétique, car durant neuf minutes on est plongé dans un univers étrange où durant sa première partie l’on entend seulement du piano et un texte lu par le fameux auteur national (dont le phrasé et la diction sont vraiment en phase avec la musique), avant que n’arrive à la fin la guitare lourde et le chant de son créateur pour donner une ambiance encore plus sombre et maléfique que précédemment.

On voit donc que malgré son côté plus direct et accrocheur il n’en reste pas moins qu’il a réussi durant presque une heure à concevoir une fois de plus une œuvre totalement à part dans un univers de plus en plus personnel et hétéroclite, où la production profonde et chaude lui rend totalement grâce. De plus outre le niveau de plus en plus relevé des chacun des instruments il faut signaler son énorme boulot au niveau des parties en chant clair qui sonnent avec une très grande justesse et qui se bonifient avec le temps. Certes ce nouvel album sera loin de faire l’unanimité, les uns reprochant son côté trop « facile » et « easy-listening », alors que d’autres salueront au contraire la prise de risque du bonhomme sans que cela n’affecte la qualité intrinsèque de ce dernier… comme d’habitude avec chacun de ses prédécesseurs, ce qui est la marque des grands tout simplement.




Rédigé par : GabinEastwood | 16/20 | Nb de lectures : 7608




Auteur
Commentaire
Diefod
IP:81.65.89.212
Invité
Posté le: 20/05/2016 à 07h49 - (120137)
De mon point de vue, Ihsahn fait un retour fracassant avec un album d'une grande classe, aux ambiances différentes d'un titre à l'autre, ma préférence allant à "south winds", "until I too dissolve" et "Celestial violence", puissance des guitares, chant rauque et voix claires maitrisées, en dehors des sentiers battus, une très belle réussite

Le seul petit bémol étant "Til Tor Ulven" qui a du mal à passer et fait un peu tâche.

grozeil
Membre enregistré
Posté le: 20/05/2016 à 08h07 - (120138)
Excellent album, plus direct, ramassé, et il a enfin quasiment abandonné ses sons de synthés cheap à mort. Une très belle réussite, mais pas encore LE chef d'oeuvre.



AnusFraicheur
Membre enregistré
Posté le: 20/05/2016 à 08h48 - (120139)
Pas un petit mot pour évoquer Fridtjof Nansen et donc la thématique de l'album... Dommage

Kairos
IP:82.121.155.71
Invité
Posté le: 20/05/2016 à 10h39 - (120142)
Un bon album, le plus accessible de sa carrière mais sans tomber dans la facilité.
pas mal d’excellents titre comme Crooked Red Line ou étonnamment South Winds, mais petit bémol, quelques passages que je trouve assez mièvres (Frail), sans quoi cet album aurait probablement été un sans faute.
En tout cas, je n'avais pas autant apprécié un album d'Ihsahn depuis the Adversary.

Carpe Diem
Membre enregistré
Posté le: 20/05/2016 à 22h41 - (120147)
Super album effectivement. Et ce "Celestial Violence" avec Einar (de l'excellentissime Leprous), c'est énorrrrrrrrme!



Foulbz
Membre enregistré
Posté le: 21/05/2016 à 16h25 - (120149)
Même remarque qu'ANUS FRAICHEUR.......

Sinon l'album est très bon, je n'avais pas aimé le premier extrait mais l'album dans son ensemble est très sympa à écouter.

Bras cassé
Membre enregistré
Posté le: 24/05/2016 à 20h41 - (120161)
Bon album, à qui il manque le petit quelque chose qui fait la différence. Plusieurs morceaux sont vraiment agréables à l’écoute mais s’oublie une fois l’album terminé. Décidément, AFTER reste intouchable.

Ginzu
Membre enregistré
Posté le: 29/05/2016 à 13h50 - (120215)
J'ai enfin pu écouter mon vynile ce matin, et je trouve cet album superbe. Ihsahn a réussi une accessibilité plus présente tout en gardant son style ahurissant et inventif. L'intérêt est moins logé dans le délire, c'est vraiment la beauté des compos qui tient l'ensemble, et la prod est dynamique.

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