IAN ANDERSON - Homo Erraticus (Kscope) - 24/06/2014 @ 07h58
Ian Anderson est connu comme l’emblématique frontman flutiste de Jethro Tull dont quelques albums ont beaucoup contribué au rayonnement du rock progressif seventies. Certains se souviennent certainement de Thick As A Brick (1972) et A Passion Play (1973).

Son parcours au sein du Tull c’est environ 80 albums (studios – lives- compilations – best of etc). Pas tous des chefs d’œuvre mais une quantité non négligeable sont de bonne facture et comptent dans l’histoire du rock. Ceux là ont permis au groupe de se constituer un palmarès et de se garantir une longévité plus qu’enviable.
Ce qui est moins connu en revanche – en dehors du cercle des inconditionnels - c’est qu’il démarra parallèlement une carrière solo au début des années 80. Celles qui ont vu le prog patiner dans la semoule et le rock FM se tailler la part du lion.

Rien de FM chez Anderson mais ce que valent ses premiers pas en solitaires, c’est fonction de vos goûts et intérêts pour la musique du troubadour du rock. Mais une chose est certaine, il faut au minimum aimer la flute sinon gare à l’indigestion !

Homo Eraticus est le 8e album d’Anderson. Appelons ça de la suite dans les idées ou de l’opportunisme, en tout cas il reprend le thème qu’il avait lui-même concocté pour l’album à succès de Jethro Tull et réutilisé pour sa version revisitée de 2012 (Thick As A Brick II). En quelques mots, ce thème évoque un poème écrit par un personnage imaginaire (le dénommé Gerald Bostock) narrant certains épisodes de l’histoire de la Perfide Albion tout en y ajoutant des prophéties à venir plus ou moins sympathiques. Vous allez penser « encore un concept album d’un progueux en mal de pseudo new age qui va nous bassiner avec sa vision pessimiste du monde ! ». Oui, peut-être, sans doute mais qu’importe ! Penchons-nous plutôt sur la musique et voyons de quelle manière Anderson nourrit son sujet.

Homo Eraticus décline son récit en à peine un peu plus de 50’, 15 titres et 3 thèmes bien distincts. Part 1 Chronicles – Part 2 Propheties et Part 3 Revelations. Chaque partie est elle-même illustrée par plusieurs titres en nombre et durées inégales. (De moins d’une minute à 7 minutes). Une construction bien dans l’esprit prog mais un propos plutôt folk électrifié tendance médiévale avec claviers (clavecin), accordéons, flûte bien entendu et par-dessus tout ça la voix inimitable du Maître qu’on peut assimiler à un mix Tull/Genesis/Procol Harum.
Les amateurs de légèreté printanière préféreront sans doute les titres courts et facilement mémorables. Quant aux indécrottables « progressmen » leur attirance ira vers les titres plus longs et plus expressifs. (7’ maxi !). A ce sujet, leur oreille sera peut-être chatouillée par le sentimental et tendre Puer Ferox Adventus. Ou bien par Enter The Unvited qu’aurait pu produire un Peter Gabriel inspiré.

Quoiqu’il en soit, c’est un territoire bien délimité que celui d’Anderson et que vous devrez enjamber sans aucune espèce d’apriori. Une fois l’effort accompli, bienvenu dans un monde fascinant ou la magie le dispute au réel avec une confondante habileté.


Rédigé par : Karadok | 13/20 | Nb de lectures : 11340




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