HYSTERIA - Flesh, Humiliation and Irreligious Deviance (Great Dane) - Selection VS du 01/04/2016 @ 07h33
Cela fait vingt ans cette année que s’est formé le quartet de la région lyonnaise et le moins que l’on puisse dire c’est que si la scène métal s’est étoffée et a évolué durant toute cette période, ses membres sont quant à eux sont restés fidèles à leur ligne musicale entamée en 2002 avec un premier EP remarqué (« Abyssal Plains of Chaos ») qui eut les faveurs de Metallian, suivi quatre ans plus tard du remarquable « Haunted by Words of Gods » (qui lui aussi eut droit à sa place sur le sampler de l’ancien trimestriel) et conclue par « When Believers Preach Their Hangman’s Dogma » qui montrait une formation au sommet de son art qui mélangeait habilement puissance, brutalité et mélodie, avec une technique et un feeling imparable. Depuis la sortie de ce dernier en 2009 le combo s’était fait très discret donnant très peu de nouvelles et entamant un long break indéterminé qui pouvait faire penser à un arrêt définitif et regrettable de ses activités, pourtant après avoir annoncé son retour en 2013 (confirmé depuis par quelques concerts entre autres au Sylak et Ragnard Rock Festival) ce nouveau bébé était quasiment inespéré suite à un long retard, d’où l’attente très forte de la part des fans qui finissaient par croire qu’il ne verrait jamais le jour.

Malgré tout leur talent il faut bien avouer qu’ils n’ont pas encore eu la notoriété qu’ils étaient en droit d’avoir, du coup les voilà désormais chez les nordistes de Great Dane Records qui va sans aucun doute leur assurer une visibilité et une distribution méritée, car toujours fort d’un line-up identique depuis ses débuts les voilà avec un opus toujours aussi inspiré et impeccable, qui montre que le temps n’a pas de prise sur eux. D’ailleurs pourquoi changer les bonnes habitudes car une nouvelle fois ils ont fait à Seth Siron Anton pour l’artwork et à la paire Brett Caldas-Lima pour le mastering et Vince Petitjean pour l’enregistrement et le mixage, bref comme d’habitude le résultat est impeccable tant le jeu des deux guitares est audible, la basse toujours mise en avant et ce son de batterie implacable et triggé.

Du coup avec tout cela il y’a de quoi nourrir de grands espoirs et le moins que l’on puisse dire c’est que de suite on est totalement happé par la musique et les ambiances qui s’y trouvent, rien que l’introduction « In Belief, into Nothingness » est très prometteuse grâce à son ambiance angoissante et au kit de Xavier qui avec ses baguettes écrase déjà tout sur son passage, avant qu’ils n’enchaînent avec le surpuissant « Sadistic Deviance » qui montre que la bande n’a rien perdu de son sens de l’accroche tant on retrouve tout ce qui a fait leur succès auparavant, car entre les blasts joués d’entrée et les murs de double d’une vitesse élevée, ainsi que des passages plus heavy et un soli technique qui fait mouche, toute la palette est présente ainsi que la voix variée de Sylvain qui (on s’en apercevra au fur et à mesure) offre une prestation de haut vol entre growls bien gras, parties criées inspirées et celle plus claires qui donnent l’impression d’haranguer l’auditeur. Bref comme entrée en matière c’est très fort et ça ne fera qu’aller crescendo avec « Visceral Torments » qui a déjà fait ses preuves sur scène et dont la première moitié montre encore une fois tout le talent de ses géniteurs mais change radicalement durant la seconde où l’on a un côté plus sombre et ténébreux où les ambiances lourdes sont magnifiées par la présence discrète de claviers mais qui là encore convainc sans peine.

Si le classicisme est de rigueur il n’en reste pas moins ravageur et fulgurant, à l’instar des terribles « Succubus Offering » (aux influences très MORBID ANGEL) et « Demons from the Past » où les alternances et variations sont nombreuses et s’imbriquent absolument toutes seules, ou encore sur « Heiress of Disease » aux légers accents martiaux (à cause de ces roulements de caisse claire au tout début) et au solo là encore particulièrement soigné, et surtout enfin avec le monstrueux « Flesh Messiah » où le tapis de double a rarement été aussi impressionnant chez eux avant une nuée de blasts et de variations diverses. Entre ces bombardements auditifs il y’a le presque incantatoire « O Father… » qui se termine de manière presque calme et spatiale, le tranquille « The Unhealty Signature : Haunted by Words of Gods Part III » où l’on ne trouve nulle trace de jeu mitraillette ou d’accélérations furibardes (et dont le titre est un hommage à peine voilé à leur opus sorti il y’a déjà dix ans) mais qui montre encore s’il y’avait besoin que les gars savent parfaitement jouer sur les ambiances et ralentir le tempo tout en gardant cette profondeur et cette puissante indissociables de leur travail. Enfin tout cela se termine avec « Blasphemous Writings (Final Part) » très mélancolique et où le synthé légèrement planant apporte une touche bienvenue et qui s’accorde à merveille à l’ensemble bien lourd.

Bref ne tournons pas autour du pot, ce troisième album est comme ses grands-frères une vraie pépite, un petit bijou et surtout il se découvre à chaque écoute tant sa densité demande du temps et de l’attention pour bien tout saisir, en tout cas si tout le monde s’est mis au diapason et sur son trente-et-un pour l’occasion mention spéciale au jeu des guitares qui sont d’un niveau et d’une recherche très pointus, tout comme son frontman qui visiblement s’est encore amélioré et offre plus de variété derrière son micro, et qui avec ses acolytes signe une prestation époustouflante qui n’a rien à envier aux formations cultes d’outre-atlantique, prouvant à ceux qui ne le savaient pas encore qu’ils jouent encore et toujours dans la cour des grands.




Rédigé par : GabinEastwood | 18/20 | Nb de lectures : 7634




Auteur
Commentaire
TGW
IP:81.80.112.31
Invité
Posté le: 01/04/2016 à 10h30 - (119752)
C'est vraiment génial. Ils ont conservé leur excellent Brutal melo-death du premier EP en améliorant tout.

Bobbie
Membre enregistré
Posté le: 03/04/2016 à 21h14 - (119767)
Encore une très bonne découverte pour moi ! Presque tous les titres font mouche, c'est léché sans être trop propre, mélodique sans être pompeux, et surtout les ambiances sont vraiment prenantes. De la bonne musique tout simplement (un artwork très réussi en prime).

redkaos
Membre enregistré
Posté le: 07/04/2016 à 14h02 - (119787)
Ne cherchez pas plus loin l'album français de l'année...
ENORME



Ajouter un commentaire

Pseudo :
Enregistrement Connexion






Niveau de modération : Commentaires non modérés par l'administration du site

Ce commentaire est soumis à la lecture et à l'approbation des modérateurs. S'il ne suit pas les règles suivantes : Pas de pub, pas de lien web, pas d'annonces de concerts, il ne sera pas retenu. Plus d'infos

Proposez News | VS Story | F.A.Q. | Contact | Signaler un Bug | VS Recrute | Mentions Légales | VS-webzine.com

eXTReMe Tracker