HORD - The Book Of Eliot (Send The Wood) - Selection VS du 03/05/2013 @ 07h57
ZeSnake : Pour l’avoir réécouté afin de préparer le terrain à cette chronique, The Waste Land est un album qui vieillit bien. Très bien même. The Waste Land était d’ailleurs à considérer comme le vrai départ de HORD, surtout grâce à l’arrivée de ses deux membres très actifs John et Hadrien, ce qui marquait une rupture claire avec le Cyber-Metal de Reborn From Chaos. HORD a désormais choisi la voie d’un Metal pas évident à classifier (entre Math Metal, Metal progressif et Metal moderne), marqué du sceau de leur personnalité et surtout de leur concept post-apocalyptique. The Book Of Eliot est donc dans la continuité thématique de The Waste Land, Eliot était le dernier survivant de l’humanité après l’apocalypse contée dès The Waste Land, et son livre constitue son témoignage. Je ne vais pas, comme à mon habitude, trop m’attarder sur les paroles que vous pourrez découvrir en vous procurant l’album ou en lisant le track-by-track que le groupe vous a concocté ici même (cf. lien en fin de chro). Parce que musicalement, HORD a toujours des choses à dire.

La recette est donc volontairement dans la lignée de The Waste Land, avec toujours ce Metal syncopé mâtiné de passages plus mélodiques et atmosphériques à chant clair. Un chant clair qui s’est encore amélioré par rapport à The Waste Land, au détriment du chant hurlé de facture un peu trop classique hélas. Et du coup, le chant clair va même avoir priorité dans un The Book Of Eliot encore plus atmosphérique que son prédécesseur. Si TEXTURES venait immédiatement à l’esprit à l’écoute de The Waste Land, HORD semble ici pencher vers les formations les plus atmosphériques de la scène Djent, TESSERACT et UNEVEN STRUCTURE en tête. Les rythmiques appuyées sont néanmoins toujours sous l’influence des bataves, mais plus simples elles font surtout office de substance accrocheuse à un Metal qui se distingue désormais par son aspect mélodique et introspectif, avec une volonté claire de créer une ambiance lumineuse et apocalyptique. HORD se mettrait-il au Post-Metal à hipsters ? Non car l’identité du groupe est bien là, nous proposant toujours un Metal moderne très travaillé et personnel.

The Book Of Eliot est carrément déroutant aux premières écoutes, car il faut vraiment se plonger dans son ambiance singulière pour en saisir toute sa substance. L’ensemble est nettement moins immédiat que The Waste Land et il sera difficile ici de trouver des tubes comme "Subdued Voices" ou "A Heap of Broken Images". "Confession" accroche pourtant l’auditeur d’emblée avec son chant clair maîtrisé, ses riffs percutants et ses subtiles mélodies, ensuite il faut se laisser emporter par l’histoire d’Eliot, portée musicalement par de nombreux passages narrés. Des morceaux bien rythmés sont tout de même au rendez-vous, comme "Landscape With the Fall of Icarus" et "The Unwaverings" (avec des chœurs inattendus), mais ce ne sont pas eux qui font le sel de The Book Of Eliot. Les montées atmosphériques portées par le chant clair et le travail mélodique (proche d’un Post-Metal à trémolos parfois) sont donc largement mis à l’honneur sur l’ensemble du disque, en témoignent les très mélodiques "At the Gate" et "Unleash the Hermod" (excellents au demeurant), le surprenant "The Sleepless Journey" très (trop ?) cotonneux, l’instrumental "On Collision Course", et le final du disque particulièrement épique avec "Kindermord" (légèrement assombri par quelques riffs bien lourds) et le libérateur "What the Thunder Said".

Étonnamment court (42 minutes), The Book Of Eliot se pose clairement comme la suite, ou comme un appendice à The Waste Land. La mixture musicale est la même mais le dosage et l’approche bien différents. Si HORD se qualifiait à l’époque de The Waste Land comme du « Metal sans frontières », c’est bien The Book Of Eliot qui entérine cette étiquette. Il faudra donc se faire à l’aspect plus atmosphérique et lumineux de ce nouvel album, quitte à se perdre dans les méandres des récits d’Eliot. « Léger » mais difficile d’accès, The Book Of Eliot a eu du mal à me convaincre, et de toute manière je trouve que The Waste Land demeure supérieur (avec le recul je lui aurais mis plus que 15, note que je vais décerner à ce nouvel opus). Mais la qualité est au rendez-vous et de superbes passages se dégagent facilement de The Book Of Eliot au fil des écoutes. Mes regrets seront le fait que le groupe stagne stylistiquement (malgré l’approche plus atmosphérique), que ladite approche plus atmosphérique ne me sied pas à 100%, et que le disque aurait mérité une prod un peu plus puissante pour les passages plus percutants. L’efficacité de The Waste Land a laissé place à un disque tout en ambiances, on adhérera ou pas mais HORD nous livre tout de même un album réussi, composé et arrangé avec talent, et très prenant pour peu qu’on arrive à s’y immerger. HORD nous livre en quelque sorte son Lazarus, tout en se posant définitivement comme le TEXTURES français. Maintenant que le concept post-apo semble bouclé, il ne reste plus qu’à HORD de continuer à évoluer pour nous proposer quelque chose de novateur dans les prochaines années. On guettera ça !
Note : 15/20

Velvet Kevorkian : Avec « The Waste Land » HORD fut LA révélation de l’année 2011 pour ma part. Le groupe y déployait un univers riche et varié, et démontrait qu’il disposait d’une créativité remarquable. Véritable coup de cœur, j’en attendais gros quant au futur, et troisième, opus des Nîmois. Il aura fallu attendre 2 ans avant que « The Book Of Eliot » pointe le bout de son nez, mais qu’est-ce que 2 ans quand on sait d’avance que ce nouvel album sera énorme ? « On ne doit pas mettre la charrue avant les bœufs » comme dit si bien le proverbe. Oui, c’est vrai, mais moi les proverbes, je m’en fous, et pour le coup j’ai mis ma charrue où je voulais avec une confiance, peut-être aveugle certes, pour le groupe, mais qui allait se justifier.

Sur son précèdent album, le groupe avait déjà posé les bases. Il y déployait un univers personnel et démontrait qu’il avait en lui ce petit quelque chose qui sépare les groupes lambda des bons groupes. Ce petit quelque chose en plus qui fait qu’on accroche direct, dès la première écoute. Ce petit quelque chose qui nous fait tomber instantanément sous le charme, et qui nous dit de remettre play lorsque l’album est terminé. Ce petit quelque chose qui ne nous lasse jamais.

Les compos racées et l’alternance entre chant clair/chant guttural avaient un petit côté très Scarviens qui n’était pas pour me déplaire. Mais ce que HORD balançait était très personnel et réfléchi. Son modern metal sortait des sentiers battus et proposait un son qu’une rare qualité. Bien que suffisamment technique et créative, elle restait néanmoins d’une fluidité toute simple qui la rendait addicitive à nos oreilles. Est-ce que le groupe allait continuer dans cette voie ou allait-il nous surprendre en proposant de nouvelles sonorités issues d’autres horizons, tout en gardant sa propre identité ?

La réponse fut claire et limpide dès la première écoute : HORD réussi une nouvelle fois à surprendre, mais différemment. Le groupe revient sous un aspect nettement plus progressif et, il faut bien l’avouer, on y retrouve comme une certaine patte qui n’est pas sans nous rappeler le son des TEXTURES. Une touche moins directe, moins incisive, mais qui apporte un air de grandiose à la musique des Nîmois. On se laisse immédiatement embarquer par les sonorités envoûtantes et aériennes, et on voyage instantanément. Le travail sur les arrangements et les mélodies est tout simplement somptueux. Aussi somptueux que les refrains en chant clair, très présents, qui à eux seuls renforcent le côté épique omniprésent du début à la fin de « The Book of Eliot ». Ce côté renforce la cohésion et l’homogénéité du disque et le fait sonner comme un unique bloc. Je ne pourrais parler de titres en particulier, car même si le disque se compose de 10 titres distincts, il sonne comme une œuvre. Une œuvre entière de A à Z, qui s’écoute d’une traite, dans son ensemble car aucun morceau ne peut être mis à part.

On sent que le groupe s’est appliqué à 100%. « The Book Of Eliot » sonne comme la suite logique « The Waste Land ». On retrouve toujours ce jeu fluide et inspiré, saisissant par ses mélodies, et riffs assassins, mais utilisé cette fois-ci d’une façon beaucoup plus progressive qui lui confère une toute autre stature. Les plans se font plus lourds et installent une véritable ambiance, traçant au fil des écoutes toute l’histoire de « The Book Of Eliot » dans une atmosphère véritablement unique. On ressent une réelle avancée, une maturité totalement assumée et dévoilée sur des compos d’une inspiration sans faille. On se retrouve devant un album encore plus fort et qui nous fait voyager durant 42 minutes sans voir le temps passer.

Si il aura fallu du temps pour en accoucher, le résultat est bel et bien là : HORD vient de pondre un album d’une qualité époustouflante. Un album comme on en voit pas tout les jours. Un album qu’on gardera toute sa vie et qu’on ressortira souvent. Un album qui pose une nouvelle pierre a leur édifice et les installe sur une nouvelle marche, beaucoup plus haute.
Note : 19/20

http://fr-fr.facebook.com/hordband - 295 visite(s)

Track-by-Track et écoute - 259 téléchargements


Rédigé par : ZeSnake & Velvet Kevorkian | 17/20 | Nb de lectures : 14400




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Commentaire
Youpimatin
Membre enregistré
Posté le: 03/05/2013 à 13h57 - (107222)
Album reçu mardi. Déjà l'artwork est sublime ensuite le reste c'est vraiment excellent !!
Quel travail ! que ce soit sur les compos, les arrangements, la prod, c'est juste magistral.

Une bonne claque pour ma part qui vaut bien un 18 ou 19.

Bravo les gars !



vsgreg
Membre enregistré
Posté le: 03/05/2013 à 15h46 - (107225)
Un excellent disque ... j'insiste sur le fait que c'est un concept album car on le ressent vraiment à l'écoute de l'album.

Ici HORD raconte une histoire, il y a un aspect presque cinématographique dans cet album.

Ma seule frustration est la durée de l'album, j'aurais aimé 1 ou 2 titres en plus (18/20)



Velvet Kevorkian
Membre enregistré
Posté le: 03/05/2013 à 16h01 - (107228)
@Greg: "il y a un aspect presque cinématographique dans cet album." c'est exactement ça.



Zero
Membre enregistré
Posté le: 09/05/2013 à 14h07 - (107288)
...j'aimais beaucoup les compos très sombres du chapter 3 de "The Waste Land"...pas encore écouté celui-ci mais pas sur d'etre convaincu en lisant la première chronique...on verra...

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