HEAVING EARTH - Denouncing The Holy Throne (Lavadome) - 10/03/2015 @ 07h47
A l’instar de ses compatriotes de DESTROYING DIVINITY, le quintet de Prague n’est pas particulièrement très productif, en effet depuis son excellent premier opus « Diabolic Prophecies » en 2010 seul le très bon EP de deux titres « Redemption Ablaze » et le Split avec les australiens de ALTARS sont venus prouver que ceux-ci étaient bien encore en vie. Il est vrai que ses membres sont pas mal occupés par leurs autres groupes respectifs (BRUTALLY DECEASED pour le chanteur Michal Stepanek et le guitariste Tomas Halama, ou encore le batteur Jirka Zajic désormais avec CULT OF FIRE), et qu’aussi que le style musical pratiqué au sein de HEAVING EARTH est particulièrement complexe et étouffant.

Depuis leurs débuts l’influence d’IMMOLATION, MORBID ANGEL (période Steve Tucker et dont ils ont tiré d’ailleurs leur nom, car c’est le titre d’ouverture de « Formulas Fatal To The Flesh ») voire NILE, est omniprésente que ce soit pour le côté technique, comme pour la noirceur et la sensation d’écrasement général, et sur ce coup-là il n’y a pas tromperie sur la marchandise tant les tchèques ce sont surpassés une fois de plus.

On retrouve ce côté américain tout au long des 51 minutes de l’oeuvre et des 8 titres (et quatre interludes) qui la compose, et il ne faut pas redouter la durée de cet album car ce dernier va demander énormément d’attention et de temps pour assimiler toute cette déferlante de mort et d’obscurité, rien à voir donc avec BRUTALLY DECEASED qui permet visiblement à ses membres de servir de défouloir tant son répertoire est différent et surtout accessible en comparaison de ce monolithe.

Déjà comme pour son prédécesseur c’est le très demandé illustrateur Marco Hasmann (qui a déjà bossé notamment pour BEYOND CREATION, CEREBRAL EFFUSION, VILE, FLESHGOD APOCALYPSE, SEPTYCAL GORGE, HUMAN FILLETED, VOMIT THE SOUL et plein d’autres groupes aux noms tout aussi charmants) qui a fait un boulot magnifique tant la pochette illustre et retranscrit parfaitement le chaos apocalyptique des tchèques.

Car oui le combo signe une œuvre incroyablement sombre aidée en cela par une production légèrement étouffée où la batterie domine l’espace mais pas trop, et où l’équilibre entre le chant et les guitares est constant, même si l’on peut regretter que la basse soit quasiment inaudible car il est évident que cela aurait encore gonflé la puissance des morceaux. Néanmoins son côté relativement naturel permet quand même d’entendre bien chaque note, pattern et shred ce qui est bien agréable. Enfin les amateurs de textes anti-cléricaux et particulièrement fouillés, seront là aussi comblés car à l’instar du reste tout y est particulièrement travaillé, et visiblement chaque mot et chaque phrase ne se retrouve pas là par hasard.

Du coup impossible de faire court pour parler de cette galette, il faut aussi préciser que ces nouvelles compositions sont partagées en trois parties distinctes car on y trouve autant des ultra-brutales tout en violence, d’autre plus lentes et techniques qui laissent le temps de se construire et de s’affirmer et enfin celles qui conjuguent avec habileté ces deux premiers éléments.

Pour cette première on trouve « The Final Crowning » qui est parfait pour démarrer, tant son côté technique en impose mais tout en gardant un bon groove pour une efficacité redoutable. Tout en brutalité et en vitesse, et conjugué à des parties de doubles dantesque, on navigue en plein entre NILE et ORIGIN et l’on se rend compte de l’incroyable boulot fourni par la paire de guitaristes qui enchaînent les notes et les variations à une vitesse folle, aidés en cela par le jeu imposant et impressionnant du batteur qui n’a rien à envier à un John Longstreth pour la technique et George Kollias pour la vitesse et les cassures. « Doomed Before Inception » est là encore un modèle de brutalité par sa vitesse et par son jeu au pied fulgurant et digne de Pete Sandoval, tout comme sur « Forging Arcane Heresy » marqué par ses nombreux breaks entre jeu ultra-rapide ponctué de blasts, et par des solos ravageurs qui font mouche. Ces derniers sont un autre des points forts de ce disque, ils sont certes peu présents mais extrêmement bien calés et variant les effets, le style et la mélodie. Le chant quant à lui n’est pas en reste et même s’il est certes un peu linéaire il est très profond et bénéficie d’une puissance et d’une rage communicative.

Pour la deuxième partie on y trouve « Nailed To Perpetual Anguish » absolument délicieux et aux nombreux breaks inspirés par l’Ange Morbide, « Worms Of Rusted Congregation » où les blasts sont quasi-absents (et délivrés uniquement sur la toute fin) et où les roulements et descentes de toms se font plus présents que jamais, le tout est complété par un petit solo qui complète à merveille le riff principal aussi inspiré que le reste. Et surtout on y trouve la piste qui conclût cet opus à savoir « Jesus Died » qui est probablement LE titre indispensable car si on ne devait en garder qu’un ça serait celui-là. Il est d’une lenteur et lourdeur absolument éreintante (et là les mecs nous montrent toute leur classe durant plus de 7,30 minutes) qui s’enchaîne avec panache sur des parties rapides et très courtes, et des solos techniques et mélodiques qui permettent d’aérer le tout et d’éviter la lassitude.

Pour « I Am Nothing » et « Into The Dephts Of Abomination » le quintet joue habilement sur les deux tableaux et ressort toute sa panoplie pour là encore obtenir deux tueries et un résultat quasiment parfait. Il ne faut pas oublier les petits interludes qui permettent de souffler et reprendre ses esprits, et qui surtout ne sont pas ennuyeux et ne servent donc pas de bouche-trou comme c’est malheureusement trop souvent le cas.

Comme quoi les apparences sont parfois trompeuses, cet album est tellement inspiré par la scène américaine qu’il est vraiment difficile de savoir qu’il ne vient pas du pays de l’Oncle Sam, et c’est peut-être là le seul défaut majeur car il se contente de reprendre des plans et idées éculés qui ont déjà servis par le passé, pourtant il est d’une telle richesse et d’une accroche impressionnante qu’on pardonne volontiers cela, et puis c’est tellement bien exécuté qu’on ne peut que se laisser embarquer par ce voyage sonore et auditif certes difficile d’accès mais totalement addictif, et qui une fois encore montre la vitalité de la scène tchèque ainsi que les sorties de qualité de Lavadome.




Rédigé par : GabinEastwood | 16/20 | Nb de lectures : 9246




Auteur
Commentaire
Ridikult
IP:77.131.50.179
Invité
Posté le: 10/03/2015 à 10h07 - (116030)
Très bon album en ce début d'année 2015.

Super Kro !

Keyser
Membre enregistré
Posté le: 11/03/2015 à 14h49 - (116043)
Très bon album effectivement!



Radek
IP:194.228.11.161
Invité
Posté le: 11/03/2015 à 15h11 - (116044)
Super czech band (y)



Jotun35
Membre enregistré
Posté le: 12/03/2015 à 09h53 - (116048)
L'un de mes albums de death metal préféré de 2015 pour le moment (avec le Chapel of Disease)! Rien de novateur mais c'est super bien foutu et personnel... En 2015 c'est tout ce que je demande à mon death metal! ;)



OreLion
Membre enregistré
Posté le: 06/05/2015 à 10h32 - (116641)
Encore une excellent album de Brutal Death en cette première moitié d'année! Véloce, brutal, technique mais sans trop en faire, inspirations variées mais en ne prenant que le meilleur. Superbe album!
Merci pour la chro et bravo aux Tchèques!



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