HAMMERHEAD - The Sin Eater (High Roller) - 01/12/2015 @ 07h10
Drôle de parcours que celui des anglais de Hammerhead. Formé à la fin des années 1970, le groupe était considéré parmi les plus prometteurs de la fameuse New Wave of British Heavy Metal, en particulier au moment de son single "Time will tell" (1981). Toutefois et comme de nombreuses formations similaires, Hammerhead n'a jamais tenu la distance et fini par disparaître quelques mois plus tard. Depuis une poignée d'années, certains de ses noms, qui paraissent aujourd'hui très underground, resurgissent, à la faveur de ré-éditions ou d'un line-up remonté pour jouer dans des festivals spécialisés, voire proposer du 'nouveau' matériel.

Le cas Hammerhead s'en rapproche mais diffère légèrement : en 2005, une compilation rétrospective voit le jour, comprenant essentiellement des compos figurant sur les démos du groupe ; dans la foulée c'est une production considérée comme un véritable album, nommée "Headonizm", qui est publiée chez High Roller Records. 6 morceaux en réalité composés fin des 70's/début 80's, présentés ici dans leur version 2005, année où ils ont été enregistrés.

10 ans plus tard, le quintet est enfin en mesure de présenter avec "The Sin Eater" quelque chose de neuf. Une œuvre comprenant 'seulement' 7 titres mais qui frôle l'heure de musique ! Les compositions s'étalent en effet de 6 à 13 minutes, et sans parler d'un metal progressif, Hammerhead prend clairement le temps de développer ses chansons, les ambiances et les mélodies (le solo introductif de "Faithless"). Car même si ces durées élevées permettent au groupe d'offrir un disque varié dans ses tonalités et émotions, "The Sin Eater" reste globalement homogène (principalement des mid-tempos) et s'apprivoise si je puis dire, en quelques écoutes.

Il faut s'attendre à un album plutôt mélancolique, une sensation régulièrement ressentie à l'image des lignes vocales et des leads appuyés de "Angels Fall", des 5 premières minutes (sur 10) d'un morceau-titre légèrement aventureux et sombre ou encore sur la semi-ballade "Behind Your Eyes" (quelque part entre du Uriah Heep et Lynyrd Skynyrd, jolie mais assez banale).

Hammerhead est dans son approche musicale à la croisée du heavy metal, du hard rock et parfois du doom, avec des riffs rappelant le Iron Maiden des années 2000 (la 2ème partie de "The Sin Eater"). La production donne un cachet un peu vintage et surtout organique aux morceaux, côté mixage je regrette une caisse claire trop sèche et en avant, prenant parfois le pas sur le reste de la session rythmique.

Dans un registre hard rock/doom, "Raindancer" se montre moyennement passionnant sur ces 4 premières minutes, en particulier les lignes vocales qui y sont moins marquantes et accrocheuses (alors que sur à peu près tout l'album, le chant mélodique et appliqué de Steven Woods faisait belle impression). Le sursaut apparaît presque soudainement lançant le titre dans une 2ème phase davantage heavy, qui à défaut de paraître bien originale, délivre un final instrumental convaincant.

Tranchant par son dynamisme me rappelant Black Star Riders (la suite de Thin Lizzy) et UFO, "Closer to the Grave" évite au disque de sombrer dans un hard/heavy pataud, affichant de (nombreux) soli et harmonies de guitares grandement appréciables. Amoureux des guitares et des plans délicieux, cette composition a tout pour régaler.
S'élevant un peu plus haut de par sa durée, "Psilocybin" qui se découpe en 3 parties, démarre pourtant de manière très classique ; durant 4'30, Hammerhead déploie un hard rock sympathique quoique peu transcendant. Une 'part I' sans surprise laissant sa place à un long break étrange, relevant d'un psychédélisme peu appuyé où franchement il ne se passe pas grand chose avant qu'un long texte ne soit déclamé constituant la 3ème partie. Il s'agit d'une narration à la première personne où un homme s'interroge, perd la perception du temps et sombre progressivement dans une forme de paranoïa. Un exercice musical en soit détonnant, clôturant le disque dans une atmosphère pesante mais pas totalement prenante.
Hammerhead ne fait donc pas un retour fracassant, publiant une œuvre correcte réservée avant tout aux auditeurs 'patients'. Reste tout de même de bons moments musicaux, ces passages inspirés et soignés témoignant d'un travail d'écriture appliqué.




Rédigé par : gardian666 | 14/20 | Nb de lectures : 7354




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