GNAW THEIR TONGUES & ALKERDEEL - Dyodyo Asema (ConSouling Sounds) - 27/06/2014 @ 08h14
« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière luit dans les ténèbres, mais les ténèbres ne l'ont point reçue. » Voila ce qu’écrit l’évangéliste Jean dans son best-seller mondial, numéro 1 des ventes depuis toujours. Les ténèbres désignent, théologiquement, l’absence absolue de lumière, le Néant, l’obscurité, l’âme privée de la présence de Dieu, de la grâce. C’est là, dans les ténèbres les plus absolues, que nous emmène ce rejeton de l’Enfer, ce fils bâtard du Malin, cet envoyé du Mal qu’est GNAW THEIR TONGUES & ALKERDEEL. Soit la collaboration d’un néerlandais et de belges pour qui la noirceur, l’opacité, le gras, la violence et le malaise sont le pain quotidien. Le genre de types qui doivent s’arracher les ongles les uns les autres juste pour le fun, pour ressentir et apprécier la souffrance. Puis parfois, aussi, ils font de la musique. Mais comme faire souffrir à deux c’est mieux que à un ils se sont associés. Et voila la résultat. Une plongée de vingt minutes dans les abysses les plus profondes de la noirceur, là où la Lumière n’est pas la bienvenue.

Plus prosaïquement, cette collaboration a été mise sur pied dans le but de fêter dignement le cinquième anniversaire du label belge ConSouling Sound. Tout commence par des bruissements, comme une nuée d’insectes ou des milliers de petites pattes qui la fange. Puis des sons, des sonorités, le tohu bohu originel sans doutes. Puis enfin un peu de musique, enfin, de musique, j’me comprends. Des larsens, des grognements, des ébauches de percussions, des cordes qui se frottent, des grésillements, des gesticulations sonores. L’éveil de la Bête. Une voix qui crache sa haine dans quelques gémissements, susurrements malsain. Drone, sludge, doom, on ne sait pas trop, un peu de tout ça certainement. Enfin, ça s’accélère vers la septième minute. Des relents black metal, une voix qui n’a plus rien d’humaine. On pourra citer les inévitables Sunno))), Khanate ou Unearthly Trance ou Abruptum pour se donner une idée mais on reste encore loin de tout ça. La musique parvient au travers de boue épaisse comme sortie des marécages, dans une veine tentative de jaillir vers la lumières. Tentative avortée. Dyodyo Asema représente la musique du dégoût, de la perte de tout. Mortifère, morbide, sépulcrale, pourrissante, rampante, vicieuse, vénéneuse, monstrueuse, bâtarde, mortelle, agressive. Créature des abysses qui n’a jamais croisé l’ombre d’un rayon du soleil. En fin de compte le glas sonne pour prolonger l’atmosphère de Fin de toutes choses. Borborygmes inhumains, logorrhée maléfique. Le vide, la fin. Ce que propose cet ep au titre unique c’est un aperçu du néant. Une visite de laquelle on n’est pas certain de revenir.



Bandcamp - 75 téléchargements


Rédigé par : Seb On Fire | 9.99/10 | Nb de lectures : 11622




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Commentaire
Ennemie
IP:81.50.194.33
Invité
Posté le: 02/07/2014 à 11h03 - (112699)
Une tuerie littérale.

Seruum
Membre enregistré
Posté le: 03/07/2014 à 18h38 - (112724)
Je suis conquis. Putain d'atmosphère, sans déconner.

françois trouduc
IP:81.49.105.184
Invité
Posté le: 08/07/2014 à 19h39 - (112770)
masterpiece!
belle pioche, merci pour la découverte

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