FOO FIGHTERS - Sonic Highways (RCA/Sony) - 31/12/2014 @ 09h31
Cela fait maintenant plusieurs albums que les FOO FIGHTERS se sont installés à la table du club (très fermé) des groupes de Rock à succès "pas craignos". Jouissant d'une belle respectabilité et d'un panel de tubes aussi larges que variés, l'ex cogneur de Nirvana n'a plus à prouver quoi que ce soit au niveau de sa capacité à composer de la musique de qualité. Car mine de rien, Grohl et ses ouailles ont réussi un sacré beau parcours en réussissant à allier leurs aspirations artistiques à de jolis succès critiques et commerciaux. Du coup, le barbu peut bien aller s'amuser avec Josh Homme, Jack Black et Lemmy Kilmister, son public le suit dans ses délires et ses escapades... le bonhomme ayant par dessus le marché prouvé à de multiples reprises qu'il ne se fourvoyait pas dans des projets foutraques quand il s'agissait d'aller donner un coup de patte au copains. Ce sont peut être d'ailleurs ces envies "d'ailleurs" et d'aventures qui seront au final le point faible de ce "Sonic Highways", l'album n'étant pas, au final, la glorieuse épopée promise au départ... même si c'est pas passé loin.

Avant toute chose, il est important pour bien comprendre cet album d'aller regarder les divers épisodes qu'a proposé le groupe sur le net avant la sortie du disque (facilement trouvables en anglais, Canal plus diffusera en 2015 chacun des huit épisodes chaque deuxième jeudi du mois en VOSTFR). Durant chacun une heure (!?), ce titanesque travail permet de mesurer l'investissement qu'a mis le groupe dans ce projet d'envergure. Très intéressants (pour les trois quatre que j'ai vu), ces reportages mettent en lumière à la fois l'histoire musicale de la ville, l'impact qu'elle à eut sur l'inspiration de la chanson concernée et plus largement sur les musiciens des FOO FIGHTERS.
8 titres, 8 villes d'enregistrement et 8 lieux spéciaux chacun à leurs manières : Austin, Chicago, Los Angeles, Nashville, La Nouvelle-Orléans, New York, Seattle et Washington. Chicago parle donc du blues, Nashville de la country... les endroits sont suffisamment équivoques pour "parler" directement à nos oreilles de mélomanes. Rien que pour ça, je trouve que les FOO FIGHTERS se distinguent une fois de plus par leur classe et leur travail.
Dans l'épisode "Chicago", Grohl explique que sa vie de musicien ne lui permet pas de s'imprégner des lieux qu'il visite. Chacune des villes a donc une signification particulière que cela soit à travers son histoire musicale et/ou dans les liens qui unissent le groupe à l'endroit choisi.
Lors des enregistrements à Seattle ou Washington, FOO FIGHTERS montre qu'il n'est pas uniquement un groupe "à tubes" et que ses musiciens aiment la musique et son histoire. Il fallait donc que l'album sonne "varié" mais suffisamment homogène pour ne pas avoir l'air d'avoir été compilé à droite et à gauche des États Unis. A ce niveau là, "Sonic Highways" est une réussite : il est aussi cohérent que marqué par le sceau d'une production limpide, chaude et colorée (on remarque à ce niveau là le joli travail de Butch Vig assisté du groupe en personne).
Lors des premières écoutes, cette "douceur" sonore à tendance à camoufler les compositions sous son voile nacré... mais plus le temps passe et plus la qualité des chansons transparaît, la facilité pépère qui semblait au départ être la sève de "Sonic Highways" s'avérant un leurre. Que cela soit dans les lyrics de "Something from nothing", le riff rugeux de "The feast and the famine" ou la superbe "What did i do/God as my witness", l'énergie est bien là et l'album s'avère plus long à digérer que prévu, les "hits" se faisant cette fois moins nombreux et l'écoute se révélant plus longue et exigeante que d'habitude.
Pourvu de bons morceaux et d'indéniables qualités, "Sonic highways" souffre de quelques moments un peu mièvres où FF peine un peu à sortir le meilleur de lui même (dommage d'ailleurs que "I am the river" souffre de ces écueils car la chanson est vraiment pas mal). Ce qui surprend aussi, c'est cette absence de hit "évident". Si "Something from nothing" tient sacrément bien la route, il n'a pas ce coté "hit de stade" que peut avoir "The pretender", "All my life" ou "Monkey Wrench". Certains préféreront ce coté un peu moins "in your face" quand d'autres regretteront que le groupe ne balance pas sa bonne vieille purée habituelle. Naviguant entre les eaux chaudes de "In your honor" et quelques réminiscences venues de largement plus loin (je pense autant au riff à la "Holy Diver" de DIO qu'au clavier très "Stevie Wonder" du deuxième couplet de "Something from nothing") FOO FIGHTERS nous propose donc un album particulier, singulier car au final pas au niveau des grands réussites du groupe mais honnête dans sa démarche et agréable dans sa musicalité. Vous privez pas ma bonne dame'




Rédigé par : Pamalach | 14/20 | Nb de lectures : 11172




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Commentaire
Gégé
IP:90.24.154.57
Invité
Posté le: 31/12/2014 à 10h54 - (115322)
Mouais. La chanson sur youtube est sympa, mais effectivement rien de transcendant.

Sinon j'ai souri sur les paroles: you've got no choice, you have to choose...

GabinEastwood
Membre enregistré
Posté le: 31/12/2014 à 11h07 - (115323)
Un disque sympathique et plaisant à défaut d'être parmi les meilleures sorties du groupe.

Depuis "Echoes, Silence, Patience & Grace" la formation tourne pas mal en rond, mais signe toujours des bons titres même si depuis "The Pretender" on attend un nouveau titre phare des américains.




Blodhorn
Membre enregistré
Posté le: 31/12/2014 à 14h28 - (115324)
la chronique d'un tel album sur un webzine metal est surprenant mais ça apporte un peu de fraicheur et legerté

un bon album de FF mais qui ne restera pas dans les mémoires

Jeje29
Membre enregistré
Posté le: 31/12/2014 à 16h08 - (115326)
On est loin de In Your Honor qui reste The album de Foo Fighters avec le tout premier. Mais ça reste un album sympathique. Un peu de "easy listening" ça fait du bien.

Carpe Diem
IP:88.179.157.83
Invité
Posté le: 01/01/2015 à 09h44 - (115329)
Un album au concept vraiment intéressant. Au début, j'ai trouvé qu'ils n'étaient pas allés assez loin et que les morceaux manquaient bizarrement d'originalité. Et puis, à force d'écouter, j'ai tout compris et j'ai acheté. Très bon album même si j'étais d'accord sur le fait qu'il manquait un tube. A moins que ce ne soit "Something From Nothing" ;-)
Les documentaires sont vraiment bien, Dave Grohl est définitivement un vrai connaisseur et amateur de musiques (voir aussi le génial doc Sound City). Je pense qu'on apprécie beaucoup plus l'album une fois qu'on a vu les docs et qu'on comprends mieux leur démarche artistique justement.
Pas d'accord par contre avec GabinEastwood, le précédent Wasting Light est énorme et "Walk" est peut être leur meilleur morceau.

Merci de parler de FOO FIGHTERS ici car c'est un groupe classe qui mérite bien plus de succès en France. En plus, ça fait quand même du bien de sortir du Metal de temps à autres, surtout quand c'est pour entendre de bonnes et belles choses.

Le disque de rock 2004 à posséder (en plus de ROYAL BLOOD bien entendu).

yamza
IP:164.138.25.134
Invité
Posté le: 08/01/2015 à 18h34 - (115379)
yeah pas mal

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