FILTER - Crazy Eyes (Spinefarm) - 30/05/2016 @ 07h09
FILTER est du genre imprévisible.

Presque trois ans jour pour jour après la sortie d'un "The sun comes out tonight" dépouillé de sa substantifique moelle indus au profit d'un rock plus organique et accessible, on pensait que le quintet du Cleveland la jouerait en mode coolos, "C'est bon on vous a compris maintenant, OK, on va rester bien droit dans nos bottes".
Ben non... FILTER est de retour, qui plus est avec un nouvel album qu'c'est d'la dynamite ! Ben oui, Richard Patrick l'avait promis, "Crazy eyes" c'est l'album du retour aux sources ! Rien que ça ? Voilà le genre de promesse qui ne passe inaperçue pour les fans de la version originelle du filtre ! Parce qu'entre nous, hein, ce "Short Bus" bien couillu sorti en plein rush du rock indus ricain (tiens qui se souvient de GRAVITY KILLS ?) reste toujours un mètre-étalon respecté en la matière. La question se pose donc, inévitablement, est-ce que les vieux fans du groupe (dont je fais partie accessoirement) vont pouvoir se refaire les ratiches sur un disque taillé dans le plus brut des métaux... rouillés, juste pour le plaisir ?

Oui. Et même que bobo les ratounes.

Le premier titre qui a... filtré, uh uh, avant la sortie de la dite galette avait annoncé la couleur sans détours. Noire. Ocre. Sang. Ce 'Mother E" n'était rien de plus qu'une bonne grosse louchée de goudron qui tartinait et irritait les conduits auditifs, un uppercut qui venait vous dévisser la mâchoire avec classe et sans préavis. Un teaser bestial et désoeuvré, bien plus addictif que n'importe quelle tentative actuelle de faire du mal avec des machines. 'Tention on parle pas ici d'extrémisme speedcore mais bien d'agression auditive contrôlée, le genre de truc sournois et vicelard qui calotte avant de trépaner. "I've got my reasons and my reasons are sound" qu'il dit Richie. On te croit volontiers mon grand quand on constate l'étendue des dégâts. Brrrrr. Et v'là que "Nothing in my hands" déboule, recette connue, je sussure, tu sussures, on sussure et c'est si bon. Un vrai refrain bien rock, des grattes sulfureuses et robotiques, d'ailleurs Marilyn sera bien là, non ? Parce que le pique-nique, oui, Marilyn elle kiffe grave. A moins qu'elle n'attende "Pride flag" et son solo héroïque pour montrer ses boobs ? Chiche ? La tension monte d'un cran...

Suce ! Oui, sus à l'électroïde "The city of blinding riots" qui confirme le revirement de tendance de FILTER vers des territoires plus familiers. Vocifération, action ! Avant de débouler sur un single tout prêt tout chaud, "Take me to heaven". Les samples se vengent et veulent leur part du gâteau. OK, mais on se cale un refrain digne de faire bouger les foules histoire de balancer un peu d'humanité là dedans bordel ! Mission accomplie : ça tombe bien tant la magistral "Welcome to the Suck" se charge du reste avec panache ! Bonard, je vous dis. Comme un certain "Head of fire " au groove rampant taillé pour la scène... avant de lâcher un dernier coup de boule sur ce "Tremors" vindicatif à souhait ! mais bordel, Richie, c'est quoi ton problème ?

Et v'là qu'le bad trip pointe son gros tarin. Ah ouais, ce sera "Kid Blue from the Short Bus, Drunk Bunk". On l'avait pas vu venir. Un hommage, pour sûr. Une grosse retro-track burnée prête à enflammer le CODG en cas de départ façon loto (au revoiiiiir président!), où les vocalises se font tour à tour délicieuses et vénéneuses aidées par une section rythmique parfumée au bois bandé. Ouais, ça cogne dans les parois et ça donne envie de gueuler "Motherfucker" dans tous les couloirs de l'open space ! Surtout que "Your bullets" tape derrière sans ménagement avec la ferme intention de faire un maximum de grabuge : ouais, FILTER est de retour poto ! Un dernier "Under the tongue", buvard sous la langue, plutôt tranquille cède sa place au final "(Can't She See) Head of Fire, Part 2" tout en nuances, une sorte de rêvé éthéré et bienheureux qui part en final ambient sans vraiment prévenir.

L'esprit s'élève... trop heureux de retrouver un FILTER en grande forme, libre de voguer là où bon lui semble. Si ce n'est pour retrouver une certaine gravité dans des textes lâchés à fleur de peau, notamment ce "Take me to heaven" poignant où Richard envoie une dernière missive à son défunt père. La mort et la vie, un duo bien familier conjuré ici par une envie de vivre presque palpable.

Vivant, FILTER l'est, plus que jamais d'ailleurs.




Rédigé par : TarGhost | 16/20 | Nb de lectures : 6471




Auteur
Commentaire
Mogtesquieu
Membre enregistré
Posté le: 30/05/2016 à 07h52 - (120216)
Superbe découverte, merci pour cette chronique !



DIMECHAG
Membre enregistré
Posté le: 30/05/2016 à 09h22 - (120218)
Pas de mauvais album pour Filter depuis 'The Troublme With Angels'et ce retour au sonorités 'Title Of Record' le fait bien ;-)



DIMECHAG
IP:95.141.97.226
Invité
Posté le: 30/05/2016 à 17h07 - (120221)
GRAVITY KILLS et leur claviériste acrobate.

Azerty
IP:79.81.23.109
Invité
Posté le: 31/05/2016 à 09h52 - (120226)
C'est vrai que notre Patrick ( chanteur) refait du mieux et suis contant à part quelque passage assez lourd !

Warhammer
Membre enregistré
Posté le: 01/06/2016 à 09h09 - (120240)
Ce sont mes oreilles ou il y a un petit côté NIN première période?
Sinon content de voir le groupe revenir vers ses origines. Short Bus et Title of Record sont deux excellents albums.

thorn
IP:62.201.135.246
Invité
Posté le: 01/06/2016 à 13h14 - (120243)
super retour aux affaires j'adhère carrément !

siv delicious
IP:176.151.212.226
Invité
Posté le: 04/06/2016 à 18h20 - (120299)
Un bel album que je n'attendais plus de la part de Filter !

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