FATE - Ghosts from the Past (Metal Heaven/Bad Reputation) - 26/01/2012 @ 07h22
Hank Shermann, membre éminent de Mercyful Fate a mis sur pied il y a un peu plus de vingt-cinq ans, un groupe de heavy/rock mélodique du nom de... Fate. Oui, Mercyful Fate, Fate, il s'est pas trop foulé pour prendre un nom de groupe, l'ami Shermann. Après 3 albums en 3 ans, de 1985 à 1988, Hank quitte Fate (après avoir quitté Mercyful Fate en 1984, vous suivez ?). Ce départ a quelque peu sonné la fin du groupe, qui publia un dernier album en 1990 (sur lequel un certain Mattias Eklundh tenait la guitare) avant de se séparer pour une petite quinzaine d'années. Et puis en 2006, comme beaucoup d'autres groupes, Fate se reforme, sans toutefois retrouver son line-up originel et sort un cinquième album, intitulé...'V'. Cependant, il faudra encore au groupe attendre 5 années et de nombreux changements au sein de son effectif pour dévoiler sa sixième galette, «Ghosts from the Past». Alors histoire de bien contenter les fans, Fate propose là pas moins de 13 titres, pour une durée totale avoisinant les 60 minutes.

Je ne suis pas un grand amateur de heavy/hard mélodique à la base, même si il est agréable d'en écouter quand on veut se poser le cerveau et un peu éloigner nos délicates oreilles des musiques plus extrêmes. Si «V» avait fait très bonne impression (cf. la chronique de Dungorpat dans ses pages), «Ghosts from the Past» ne devrait vraiment pas déplaire aux fans du genre. Europe, Van Halen, Bon Jovi, ce sont quelques-uns des noms qui pourraient situer la musique de Fate. A un détail important près, Fate ne singe pas ses illustres patronymes. Bon dans ce style-là, bien des groupes ont leur marque, mais sans dire qu'ils se ressemblent tous, ils développent les morceaux et les textes de la même façon. «Ghosts from the Past» n'est en rien novateur, par contre en terme d'efficacité, on a connu bien pire. La première chose qui frappe, une fois avoir appuyé sur 'play', c'est le son ; quelle clarté, quelle puissance ! Je ne parle pas là d'une production surfaite, bourrée d'effets, mais plutôt d'une production très juste et limpide, qui nous permet vraiment de bien pouvoir profiter de chaque instrument. Il faut bien l'avouer, dans ce style, mieux vaut posséder un son clair et imposant (un peu comme le dernier Europe par exemple) pour exercer une certaine attraction sur l'auditeur. Les conditions sonores sont donc idéales pour plonger durant une heure dans ce hard rock mélodique racé. Bien évidemment, tous les gimmicks du style sont là, des claviers vintages à rendre vert Van Halen, au chant cristallin et sensuel de très bonne facture (peut-être un peu trafiqué par moments...), en passant par les traditionnelles ballades, la panoplie complète du disque de hard rock est réunie.

Tout en étant très accessible, la musique de Fate repose sur une base rythmique heavy, notamment des riffs franchement costauds qui apportent une constance rythmique souvent proche de résonance martiale (écoutez ce «Fear of the Stranger» bien massif et sombre pour le style). Cette sensation 'virile' est également renforcée par un batteur que l'on est heureux d'entendre ne pas avoir peur d'un peu abîmer ses peaux en cognant dessus avec envie, se montrant autant appliqué qu'impliqué. De plus, entendre de vrais soli montrant un guitariste qui se mouille un peu dans ses partitions, en plus d'une basse qui se fait son petit trou ne sont pas non plus des aspects à laisser de côté, tant ils ne font que renforcer la bonne impression laissée par cet album. Un album qui, 13 titres obligent, n'est pas excellent de bout en bout et connaît quelques passages à vide qui sont plutôt dus à un élément dans un morceau (le refrain, les claviers, le tempo, etc.), que le titre dans sa globalité. Exemple avec le titre «Daddy's Girl» très entraînant, mais qui serait encore mieux passé sans ses parties de claviers risibles.

«Ghosts from the Past» a un équilibre idéal, c'est-à-dire qu'il ne commence pas fort pour finir sur du très moyen (ou l'inverse), et n'a pas de titres réellement meilleurs que d'autres. Cet équilibre est en partie dû au fait que Fate essaie un peu de se renouveler d'un titre à l'autre, d'utiliser par exemple, sur tel titre des lignes vocales plus agressives, sur un autre de placer davantage en retrait les guitares, ou d'exprimer un feeling plus rock'n'roll (le bien nommé «I Believe in Rock'n'Roll» est le témoin adéquat de cette expression musicale plus relax). Il est donc évident qu'en jonglant sur la façon de sonner (tout en restant dans la tranche hard mélodique quand même), Fate propose un album hétérogène, aux ambiances diversifiées qui amènent l'auditeur sur des terrains mouvants. Du heavy, de la ballade, du FM, un peu de speed, des claviers omniprésents ou discrets, voilà en gros les composants de cet album, assez riches finalement, par ses arrangements soignés, notamment ces petits coups de basse fretless qu'on a plus l'habitude d'entendre dans le death metal, qui résonnent de temps en temps, ou comme déjà évoqué les soli, qui même si ils ne sont pas d'Hank Shermann ont parfois un petit goût de technicité très savoureux. Sans être la bombe de l'année, Fate réalise une des sorties les plus agréables dans ce style pour cette fin d'année 2011, à la fois mélodique et heavy, avec une énergie communicative qui met de bonne humeur dès qu'on l'écoute.




Rédigé par : gardian666 | 14,5/20 | Nb de lectures : 11287




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