FAITHFUL DARKNESS - Archgod (Coroner/Season of Mist) - 05/01/2015 @ 07h55
ARCH ENEMY, SOILWORK, DARK TRANQUILLITY, IN FLAMES, SCAR SYMMETRY… sont autant de formations qu’évoquaient FAITHFUL DARKNESS pour ses deux premiers albums, In Shadows Lies Utopia (2008) et Black Mirror’s Reflection (2012). Un mélodeath hyper influencé qui aurait pu être italien mais non, ce groupe est effectivement suédois et a même été fondé par un ancien batteur de SOILWORK, Jimmy « Judas » Persson, qui n’est aujourd’hui plus de la partie. L’évolution du line-up de FAITHFUL DARKNESS est d’ailleurs assez bordélique et il est difficile de s’y retrouver notamment en ce qui concerne les vocalistes. A priori, Kåre Timmermann a pris la basse pour laisser les vocaux « harsh » à Erik Nilsson, et le guitariste Jonathan Thorpenberg a repris les vocaux clairs qui étaient de l’œuvre de Jimmy. Au milieu de tous ces réarrangements, contractuellement le groupe est passé de Golden Core à Coroner Records ce qui est étonnant vu qu’il n’est ni italien, ni japonais et qu’il n’est pas produit par les gars de DISARMONIA MUNDI qui ne viennent même pas faire un guest. Mais en termes de mélodeath moderne, FAITHFUL DARKNESS se pose bien dans le roster du label italien. Car oui, sur sa base de références mélodeath immédiatement reconnaissables, FAITHFUL DARKNESS a légèrement évolué pour son troisième opus Archgod.

Parti d’un mélodeath à la ARCH ENEMY période Johan Liiva (ce qui n’est pas étonnant quand on constate que deux membres de FAITHFUL DARKNESS jouent en Live pour NONEXIST) teinté de DARK TRANQUILLITY (surtout pour Black Mirror’s Reflection), de SOILWORK et d’à peu près tout le reste du mélodeath suédois, FAITHFUL DARKNESS se modernise un tantinet. La base est toujours la même, à savoir un mélodeath virevoltant et légèrement thrashy, avec du chant clair et des claviers utilisés avec parcimonie, le chant harsh étant dominant et plutôt énergique. Pour Archgod les rythmiques se font nettement plus modernes, évoquant un SCAR SYMMETRY ou THE ARCANE ORDER (le premier album) et surtout un HEAVEN SHALL BURN lorsque les riffs deviennent plus metalcorisants. Le groupe s’éloigne même clairement de ses glorieuses influences suédoises et penche donc plus vers la simplicité efficace du mélodeathmetalcore des allemands qui veulent brûler le paradis. Par rapport aux deux précédents opus Archgod est donc bien plus original et personnel, maintenant il n’y a rien de révolutionnaire dans ce mélodeath moderne que l’on a déjà entendu des dizaines et des dizaines de fois ailleurs. Il y a eu mieux dans le genre, mais surtout il y a eu bien pire et au final Archgod sera un album tout à fait plaisant.

Les 47 minutes de cette galette passent à une vitesse folle grâce à une bonne énergie communicative de l’ensemble (et une prod qui pète bien au niveau des grattes), mais on en fait hélas vite le tour, la faute à des morceaux interchangeables, se distinguant surtout par les différents dosages de clavier ("Snake & Muse", "Paradise", "The End of It All", "One and the World"), de cavalcades thrashy ("The Witness", "Corrupted", "Archgod") ou d’instrumentations plus techniques ("Banished"). Il n’y a cependant pas grand-chose à jeter là-dedans, les rythmiques sont globalement bien percutantes comme il faut (cf. "Shaping A Horizon") et les accélérations font mouche (cf. "An Ocean of Time"). Cependant le chant clair n’est toujours pas très glorieux (mais il est relativement peu présent, surtout par rapport à d’autres groupes du genre), les mélodies ne sont pas mémorables (hormis peut-être "Where Stars Burn…" et son côté épique à la TORCHBEARER), et surtout la linéarité de l’album empêche d’en dégager un ou deux hits, ce qui est décidément le problème des groupes de mélodeath de seconde division. Comme un bon collectif à qui il manquerait un buteur, un meneur de jeu, ou un gardien de folie. FAITHFUL DARKNESS aurait pu rester dans le créneau hélas peu peuplé du mélodeath 90’s, il a choisi la modernité mais heureusement avec un minimum de réussite, surtout en préférant l’efficacité des riffs à l’abus de claviers et de chants clairs. Archgod est au final un album qui pourrait être meilleur mais qui aurait pu être bien pire aussi, pour un groupe qui a des qualités et qui a su évoluer, nous livrant un album plutôt bon de mélodeath moderne, mais sans plus et vite digéré, et qui viendra encore garnir le panier du mélodeath de deuxième division qui finira par déborder un jour…




Rédigé par : ZeSnake | 14/20 | Nb de lectures : 9500




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