EXYLEM - Exylem (Autoproduction) - 11/05/2015 @ 07h42
Voila un projet un peu sorti de nulle part et dont je n’avais jamais entendu parler avant de recevoir le disque alors qu’il officie dans un genre qui me sied tout à fait : le Hardcore très noir qui flirte avec le Postcore et le Black Metal. Autrement dit, EXYLEM vogue sous la bannière un peu fourre-tout du « blackenedcore ». A une époque où tout et tout le monde est surexposé, EXYLEM lui conserve le mystère : pas de fiche promo, aucune information sinon les origines albigeoises, très peu d’activité sur les réseaux sociaux, ça me plait bien cette attitude qui laisse pratiquement toute la place à la musique.

La première écoute est étrange, bizarre, on à l’impression de se retrouver face à une vieille démo sortie par un one-man band, chose aussi courante dans le black metal qu’incongrue dans le hardcore. Oubliée pendant des années, elle resurgit aujourd’hui. Le son est home made, DIY, pas amateur mais raw, roots. Une petite touche nécro, glaciale comme sur d’innombrables projets norvégiens des temps jadis. Ce son particulier est une bonne chose, ça offre une vraie authenticité au projet, une identité aussi, ça amène une atmosphère de nuit glaciale de la Fin des Temps. C’est un e.p qui fait ressentir des choses, des émotions. Le français, à la manière d’un Celeste, y contribue. D’ailleurs, l’ombre des lyonnais ne cesse de planer sur la musique du projet albigeois. Mais ce son possède aussi des défauts : un manque de puissance justement, de profondeur dans les graves, de lourdeur. Puis la batterie, ou la BAR qui sonne vraiment cheap et faible. Bref, cette production a les défauts de ses qualités.

Je ne sais pas si c’est un one-man-band mais ça y ressemble furieusement. Dans la composition, dans la production, tout respire le travail d’un seul homme. Mais peut-être que je me plante complètement. Cet e.p égrène 5 titres d’un hardcore noir teinté de black metal dans la veine d’un Celeste, d’un Plebeian Grandstand ou d’un Nesseria. Toute cette scène qui fait rimer Violence avec France. J'ajouterais Deafheaven et toute cette scène shoegaze/black venue des Etats-Unis aussi. Il se dégage quelques atmosphères que ne renierait pas le groupe californien sur "Aversion de soi" par exemple qui surprend par l'ajout de mélodies et de quelques passages en voix claires.

On retrouve une grosse intensité tout au long des 20 minutes que dure la première livraison d’EXYLEM. Une musique froide comme la nuit et piquante comme le vent du nord qui te flagelle les oreilles en plein hiver. La voix est hurlée, arrachée, typique du style et braille des textes en français qui captent l’oreille lorsqu’un mot se détache, sort du magma vocal et musical. On choppe un mot de temps en temps, ça force à se concentrer, à faire un effort pour essayer de comprendre. Il y a du désenchantement et de la désespérance qui se dégage de ce disque malgré ses défauts, sa production moyenne entre autres. Un e.p habité, vivant, qui parvient à se démarquer, à sortir quelque peu du rang dans une scène de plus en plus bouchée. EXYLEM surprend par la vie qui se dégage de cette musique pourtant tellement funèbre. Comme les derniers coups de griffes portés à l’intérieur d’un cercueil scellé.



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Rédigé par : Seb On Fire | 7/10 | Nb de lectures : 8149




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