EVOHE - Annwvyn (Unlight/Drakkar) - 20/04/2012 @ 09h07
Six ans, oui il a fallu attendre six ans pour avoir le droit à une suite au premier album d’EVOHE intitulé Tellus Mater. Six ans, autant dire une véritable éternité dans le petit milieu du Metal où les groupes et les albums se multiplient plus rapidement que les pains de Jésus dans le désert. Un comble pour une musique ayant assez souvent une petite dent contre ce charmant barbu bénévole dans les banques alimentaires et autres associations d’aide aux malades. Six ans, le temps de presque occulter l’existence du groupe. Finalement, ce n’est pas plus mal car à chacune de ses sorties EVOHE ne cesse d’évoluer assez radicalement et cela a généralement le don de désarçonner les auditeurs qui se révèlent assez sensibles au mal de mer en cas de brusques embardées.

Après une première démo fortement marquée par le Black/Death à la mode suédoise, le premier album du groupe lui, arborait un visage nettement plus direct avec un Black aux riffs glacials et aux cadences élevées. Annwvyn lui change presque complètement la donne. Place à de longues compositions aux multiples atmosphères, terminé l’agression froide et bienvenu à un son chaleureux et aux riffs entraînants et galvanisants. Les seules lignes de force communes à leurs œuvres c’est la thématique qui tend à rendre un hommage guerrier à notre mère la Terre et le caractère épique qu’insuffle le combo à ses compositions. Afin de fournir le plus bel écrin à cette ode, EVOHE s’aventure cette fois dans le Black Pagan tel qu’il est conté par NYDVIND par exemple surtout qu’une chorale virile vient régulièrement prendre possession de nos âmes lors des refrains. Il apparaît rapidement qu’un gros travail a été effectué sur le chant. On retrouve l’alternance entre ce chant Black plutôt grave et ce « growl » mais là où sur le précédent on sentait un manque de différenciation et une certaine artificialité, maintenant on entend une meilleure complémentarité et surtout un véritable travail d’agencement de cette polyphonie vocale. Comme une pièce de théâtre chaque voix possède une partie bien distincte à jouer et le chevauchement de ces dernières est bien plus harmonieux que par le passé.

Qui dit longs développements, ne dit pas forcément atmosphère uniquement planante. Non, EVOHE a conservé une bonne part de l’agressivité du passé. Ces grands mouvements se voient régulièrement dynamité par de furieuses accélérations Thrash ou par ces blasts guerriers aux trémolos épiques voire poignants. Par ailleurs, le groupe accentue cet aspect Pagan par ces fameux mid-tempo entraînants dignes de KAMPFAR qui vous envoient directement danser dans la forêt en l’honneur de cette nature vierge. Le plus remarquable est que ces longs rituels respirent un long travail de composition. Chaque titre est parfaitement charpenté et l’enchaînement des différents moments et des différentes atmosphères se font aussi naturellement que le galop d’un cerf dans des bois touffus. Même si cet opus est beaucoup moins direct que son prédécesseur, nous pénétrons sa sombre forêt avec une facilité déconcertante. L’œuvre nous achèvera dans une incroyable hypnose mélancolique de plus de 12 minutes avec son final délicat semblant nous enfoncer tout doucement dans les ténèbres.

Certes, on pense fort à NYDVIND mais ce serait un NYDVIND qui aurait un peu plus de terre sous ses ongles sales. Cela est dû pour une bonne part à cette prod à la fois chaleureuse et en même temps crasseuse. Il y a un côté bien plus rugueux dans le rendu, moins froid. Cela est renforcé par toutes ces explosions Thrash qui vous irritent et vous encrassent les conduits. Malgré l’aspect atmosphérique, il y a quelque chose d’indéniablement brutal qui se dégage de cet acte panthéiste. En définitive, le principal défaut de cet album se niche dans ce jeu de références que ne pourra s’empêcher de faire l’auditeur. Il sera bien ardu de ne pas penser aux autres tribus s’évertuant à honorer ces vieilles traditions païennes.

Maintenant, l’album fait figure de fière représentant de cette scène et pour tout vous dire ce dernier a bien plus tourné que le dernier TAAKE et non, ce n’est pas parce que je devais le chroniquer. Je revenais naturellement plus volontiers vers mes compatriotes qui malgré un léger manque d’originalité réussissent à me transporter en me laissant dans une nostalgie rêveuse.




Rédigé par : Dark Rabbit | 16/20 | Nb de lectures : 12166




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Commentaire
dalgrin
IP:212.234.152.24
Invité
Posté le: 24/04/2012 à 12h37 - (101697)
L'album est disponible sur le site de drakkar.

Syskurr
IP:81.249.68.166
Invité
Posté le: 26/04/2012 à 00h21 - (101746)
L'album poutre sévère. Un longue gestation mais pour un accouchement réussi.

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