EPHRAT - No One’s Words (InsideOut/Wagram) - 12/01/2009 @ 08h34
Omer Ephrat, Israélien de son état, a démarré tout seul dans son coin – son studio – où il enregistrait tout un tas de choses qu’il jugeait acceptable. Ayant récupéré par hasard l’adresse email de Steven Wilson, il lui envoie quelques démos sans trop y croire. Deux jours plus tard, le leader de Porcupine Tree le contacte pour lui dire combien il est impressionné par la qualité de son travail. La suite, c’est une mise en relation avec Insideout puis dans la foulée l’enregistrement de l’album mixé par Wilson himself. C’est également le coup de main au chant de Daniel Gildenlow et de Petronella Nettermalm de Paatos. Petite précision, Wilson n’a pas produit l’album, il n’a fait « que » le mixer.

Si ça c’est pas une belle histoire, ça y ressemble terriblement. Moi perso, j’ai pondu deux-trois accords sur fond de claviers que j’ai envoyé à Barbelivien, toujours pas de réponse. Mais j’ai bon espoir.

Rapidement conscient qu’à plusieurs la fête peut être plus belle encore, Omer (chant guitares flûte) se met en tête de constituer un groupe au complet. Il recrute donc un chanteur principal, Lior Seker, un bassiste, Gili Rosenberg, et un batteur Tomer Z qui évolue aussi chez Blackfield.

Alors certes, Ephrat est israélien mais si la sensibilité orientale est présente, elle ne forme pas l’essentiel de sa musique. Tout à la fois rock, métal, atmosphérique et bien sûr progressive, elle utilise les couleurs propres à ses origines de manière parcimonieuse et pondérée. A peine quelques bribes par-ci par-là et notamment sur les parties de guitare et de flûte de "The Show". On n’est pas dans la revendication ethnico-folklorique comme Amaseffer a su nous le proposer avec brio voici quelques mois.

Le style est plus européen avec toute la connotation « classique » que cela sous-entend. Européen et même anglo-saxon tendance Porcupine Tree. Du coup on ne sait pas trop si Ephrat a voulu rendre hommage à Maître Wilson ou s’il s’est laissé déborder par sa présence « à l’insu de son plein gré ».

Heureusement qu’il y a miss Petronella pour féminiser un brin l’affaire. Exemple "Haze" qui débute par une phase atmo où la voix de la donzelle donne du léger à une rythmique lourde avant que des violons aussi inattendus que bien amenés ne finissent par convaincre du bien fondé de la formule.

Retour de la flûte sur "Better Than Anything" et entame très agréable avant de virer gros bras sur fond de riffs aux tonalités orientales. En fait les 2 ambiances jouent au chat et à la souris dans un ballet fort réussi où les claviers et la sèche finissent quand même par avoir le dernier mot.

"Blocked" est une pièce assez Wilsonienne dans l’esprit. On y retrouve son goût marqué pour l’alternance de sons de grattes limpides et de riffs appuyés. Le chant en moins puisque ces 4min56s là sont entièrement instrumentales.

"The Sum Of Damage Done" voit l’entrée en lice de Gildenlow dont le chant n’éblouit pas tout de suite car il est en partie trafiqué. Il se rattrapera par la suite. Avec plus de 9 minutes, ce titre offre 2 visages assez inégaux en qualité. Le premier -c'est-à-dire le début- ne brille pas par son originalité. La faute à des riffs convenus qui s’essoufflent très vite. Le second qui commence à peu près au milieu offre davantage de caractère et le frontman de Pain y est vraiment très bon.

19 minutes au compteur, "Real" le dernier titre s’impose comme le plat de résistance puisqu’il occupe un tiers de la durée totale de l’album. L’intro est « Spock’s Beardienne » ou carrément « Beatlesienne ». (Après tout, rendons à César ce qui lui appartient). S’en suit une chevauchée tantôt musclée tantôt acoustique. Toujours ce mixe « à la Wilson » du plus bel effet. 19 minutes, ça a toutes les apparences d’une suite. Et en progressif, une suite on sait tous ce que cela veut dire. Et bien pas du tout. Ici, pas de complexité inutile, de galimatias obscurs. Les thèmes bien que différents s’enchaînent avec simplicité et fluidité. Les aficionados de technique masturbatoires peuvent donc aller se rhabiller. Ephrat ne fait pas dans l’épate. (Elle vient de loin celle-là !).

Conclusion, "No One’s Words" respire le travail bien fait, le sérieux, l’application et nous fait passer de bons moments. Avec les participants de luxe que s’est offert le groupe, comment louper son coup ? Il faudrait le faire exprès. On est donc rapidement conquis mais pas bouleversés. Et voici peut-être le seul reproche à adresser à ce premier disque : sa quasi perfection lui ôte tout sentiment de surprise. Et moi, j’adore les surprises.


Rédigé par : Karadok | 14/20 | Nb de lectures : 10218




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