ENTHRONED - Sovereigns (Agonia/Season of Mist) - 23/05/2014 @ 07h55
Cela fait déjà plus de 20 ans que les belges se sont formés à Namur et que depuis ils nous reviennent quasiment tous les 2 ans avec un nouvel album. Le groupe s'est en effet toujours accroché à faire du black-metal malgré toutes les épreuves subies depuis ses débuts : suicide en 1997 de Cernunnos le batteur originel et cofondateur du groupe, départ du chanteur/bassiste et hardeur à ses heures Sabathan (et sa voix de canard tant appréciée ou décriée), disques pas toujours inspirés ("Armoured Bestial Hell", "The Apocalypse Manifesto") et des changements de line-up à répétition et presque aussi importants que leurs compatriotes d'ABORTED.

Bref beaucoup auraient baissé les bras mais pas la bande à Nornagest (qui a depuis pris le micro en 2007 sur l'excellentissime "Tetra Karcist") qui revient avec un nouveau disque fort réussi. On avait bien vu que depuis le départ de Sabathan les désormais bruxellois avaient délaissé le black sataniste et primitif des débuts pour jouer des titres où les ambiances ésotériques ont désormais pris le pas sur le côté sulfureux de la première période.

Le combo avait annoncé vouloir passer à autre chose après la trilogie "Tetra Karcist" - "Pentagrammaton" - "Obsidium" pour ce dixième opus, cependant comme ces deux grands-frères il a été enregistré aux Blackout Studios par Phorgath le bassiste du groupe, ce qui explique que l'on retrouve désormais ce son si caractéristique aux belges.

Dédié à la mémoire de Marianne "LSK" Séjourné, "Sovereigns" voit l’intégration à la batterie de Manuel Rodrigues (plus connu sous le pseudonyme de Menthor) de LVCIFYRE qui a parfaitement trouvé sa place sur les nouvelles compositions (on va y revenir) ainsi que celle à la guitare rythmique d’un certain Zarzax, et qui voit du coup le quartet passer en quintet pour la première fois sur disque, et se retrouve à jouer à trois guitares (mais restera à deux sur scène).

Et après une bonne mise en bouche avec une introduction guerrière les belges prennent le contre-pied avec "Sine Qua Non" qui allie brutalité, ambiance, et parties lentes, et montre d’entrée toutes les facettes possibles réalisées par eux. L’ambiance est brumeuse et glaciale, Nornagest récite ses paroles tel des incantations et des prières, les guitares sont incisives et la batterie simple et sobre (à l’inverse de son prédécesseur Garghuf qui en faisant des tonnes et qui a pas mal flingué "Pentagrammaton" à cause de cela) correspond parfaitement au style. L’impression est la même pour "Of feathers and flames" bien plus brutal mais où les parties plus calmes et limites planantes, conjuguées à un chant totalement possédé font de ce titre un des meilleurs.

Ce qui est d’ailleurs surprenant c’est que plus l’écoute avance et plus on s’aperçoit que ce nouvel album (tout en gardant le son et l’ambiance de la période actuelle du groupe) nous gratifie de quelques passages plus typiques de leurs débuts et on ne va pas s’en plaindre.

"Lamp of invisible lights" est lui totalement inspiré de "Vermin" figurant sur "Tetra Karcist", suite déjà à son rythme en mid-tempo et aussi grâce à cette voix du début signée Aleister Crowley (tirée d'un enregistrement de rites datant de 1921) sur fond de chant grégorien et où l'ambiance monacale est assumée. En revanche la rythmique et le riffing de "Of Shrines and Sovereigns" sont eux tirés largement de "Toward the Skullthrone of Satan", le constat est d’ailleurs identique pour l'influence des débuts avec le terrible "Divine Coagulation" où les riffs et la batterie ne sont pas sans rappeler ceux de "Deny the holy book of lies". L’ultra rapide et brutal "Nerxiarxin Mahathallah" finit de nous convaincre (s’il y’en avait besoin) que le trio Nornagest/Phorgath/Neraath a signé sa meilleure sortie depuis "Tetra Karcist" malgré les titres "The edge of agony" et "Baal Al-Maut" un peu plus faibles mais pas mauvais pour autant.

ENTHRONED reste donc assez unique dans son genre, adulé ou détesté il ne laisse pas indifférent mais continue sa route contre vents et marées et fait ce qu’il a envie faire sans se soucier des modes et des ragots, et vu la qualité de cette nouvelle galette ils ont totalement raison.




Rédigé par : GabinEastwood | 15,5/20 | Nb de lectures : 12332




Auteur
Commentaire
Phil
IP:78.192.38.132
Invité
Posté le: 23/05/2014 à 14h19 - (112235)
Franchement... bof. Ce groupe a tellement pompé à droite à gauche que le caractère juste correct de leur musique actuelle le rend un peu insipide. Bel effeort néanmoins. 12/20

Sagal
Membre enregistré
Posté le: 24/05/2014 à 19h25 - (112265)
Très très bon album. J'avais un peu décroché depuis Tetra Karcist, album de qualité lui aussi, mais celui-là fera partie de mes prochains achats.
Je suis juste en désaccord pour "The Edge of Agony" que je trouve redoutable et est l'une des plus réussies pour moi.
Je les reverrais bien sur scène à l'occasion !

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