ENDNAME - Demetra (Slow Burn) - 29/10/2014 @ 07h16
Commençons donc par une petite note biographique qui devrait aider certains à situer ce combo... EndName est un groupe russe formé en 2007 par Dmitriy Musatov (batterie, électronique), Sergey Kaplin (guitares) et Sergo Meskhidze (guitares) après la mise au cimetière de leurs anciens groupes, Soular et Rout[e]. Depuis, ils ont intégré Sergey Podgorniy à la basse et au synthétiseur, et remplacé Sergo Meskhidze par Dmitriy Churilov. Demetra est leur troisième album. Pour ce qui du style pratiqué, les différentes sources que j'ai pu consulter (Metal Archives, Facebook, RAIG – Russian Association of Independent Genres) me parlent de : sludge, doom, progressif, post-metal et, même, sleep-core... Ce qui est sûr, c'est que c'est un groupe instrumental et que, pour moi, le côté progressif, voire atmosphérique, ressort nettement de Demetra.

Comme nombre d'albums instrumentaux, l'absence de chant pourrait en inquiéter certains... Heureusement, la qualité de son et de composition empêche à toute lassitude et tout ennui de venir s'imposer à l'auditeur et chaque instrument sait se faire perceptible, voire même envoûtant. La présence de la basse dans le spectre sonore est des plus appréciables, croyez-moi...

Le premier morceau de Demetra, "Duplication of the World", est une bonne entrée en matière. D'une durée raisonnable, 6 minutes 55, il se montre sans aucun doute le morceau le plus dynamique de l'album. Il vous donne une envie de bouger de la tête et du corps, comme sous le coup d'une possession... Entre les « doigts » de ce morceau, l'auditeur est comme une pâte qu'on malaxe, qu'on pousse et repousse d'un côté puis de l'autre, pour arriver, enfin, à la toute dernière note, empli d'une certaine chaleur et le corps et l'oreille préparés à ce qui pourrait bien suivre...

C'est à dire, "Union", morceau d'une durée, lui, de 11 minutes 50. Sur celui-ci, la musique semble s'allonger, mêlant répétition et progression avec bonheur, y ajoutant des envolées guitaristiques très lumineuses, presque spirituelles, qui m'évoquent, je ne sais pas pourquoi, le sous-continent indien plutôt que la Russie... Parachevant cette spiritualité musicale, une voix venue tout droit de Mongolie (c'est en tout cas l'impression qu'elle me donne) et un chœur d'anges (féminins ? diantre, on nous aurait menti sur le sexe des anges ?!) viennent compléter, sur la fin, cette union très shamanique... Ce morceau est sans doute celui qui me touche le plus...

Bon, je sais, du chant sur un album instrumental, ça ne se fait pas ! Mais, bon, il est si minoritaire qu'il ne compte pas vraiment...

Arrive "Forest", troisième étape de cet opus, et la plus longue vu qu'elle atteint les 16 minutes 59. Si "Union" tire l'auditeur vers les cieux, "Forest" le ramène vers la terre, ses brumes tout d'abord, son sol humide par la suite, où il s'enfonce lentement mais sûrement... Le souffle du vent dans les branches et le tournoiement de certaines sonorités obtenues, elles, grâce aux instruments, donnent à ce morceau un mouvement très hypnotique, très apaisant, que ce serpent de Kaa aurait tout à fait approuvé.

"Duplication of the World", "Union" et "Forest" offrent une vraie progression qui se suffit à elle-même et qui plonge l'auditeur dans un état très confortable, idéal pour se remettre d'une mauvaise journée... Hélas ! arrive un quatrième morceau...

"DOTW RX", du haut de ses 7 minutes 54 est, sans aucun doute, la faute de goût de Demetra avec ses sons trop abrasifs ! L'écoute au casque, si appréciable pour ses prédécesseurs, s'avère ici une véritable petite (?) torture. Peut-être que ce morceau plaira aux amateurs de bidouillages électroniques et d'indus corrosif, mais, pour ma part, je crie à l'hérésie ! Finir l'écoute de Demetra sur ce morceau, c'est un peu comme sortir du sauna, massé, lavé et libéré de tous ses soucis quotidiens pour revenir brutalement dans la circulation bruyante et agressive d'un monde pilonné par la révolution industrielle ! C'est dur et tout à fait traumatisant... Un conseil, après une première écoute qui nécessite tout de même de se faire une idée personnelle de chaque morceau, zappez donc celui-ci ! Vos nerfs ne vous remercieront jamais assez !!!

Malgré cet ultime trébuchement, Demetra s'avère une œuvre tout à faire appréciable qui mérite d'être vécue tout autant par les oreilles que par le reste du corps...






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Rédigé par : Moshimosher | 13/20 | Nb de lectures : 10029




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