ECLECTIKA - Lure of Ephemeral Beauty (Asylum Ruins) - 28/06/2013 @ 08h53
Certains artistes sont très à l'écoute de leur public, modifiant, perfectionnant leurs créations en fonction des attentes exprimées de leurs fans et des réactions à leurs productions antérieures. Certains dans un but purement mercantile, d'autres tout simplement pour tenter de s'approcher au plus près d'une sorte de symbiose entre eux, leur création et ce fameux public. D'autres encore écoutent, parfois très attentivement, très poliment, mais ne tiennent pas compte des remarques de leurs amis, qui peuvent également compter parmi leurs fans les plus fidèles.

C'est le cas du maître à penser et à composer d' ECLECTIKA, Sébastien Régnier, qui malgré tout le bien qu'a pu dire votre serviteur des plages instrumentales / ambient du précédent album « Dazzling Dawn », a décidé de réorienter le groupe vers quelque chose de plus organique et simple. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir insisté, à la limite de la lourdeur... ALORS Y SONT OU MES INSTRUMENTAUX AMBIENTS ? HEIN ?

Voilà à peu de choses près, dans une formulation plus élaborée et polie, ma première réaction à la découverte de « Lure of Ephemeral Beauty ». Ajoutez à cela des vocaux féminins plus présents encore que par le passé, plus pros également, assurés cette fois par Noémie Sirandre, et vous imaginerez sans peine que la rédaction de cette kro était mal partie, son rédacteur ne supportant ce type de chant féminin qu'à petites doses... Impossible en effet de ne pas penser à l'écoute du disque à ce « Metal à voix féminine » qui est arrivé en force dans le milieu des années 90, inondant les bacs des disquaires et les pages des magazines spécialisés avec son lot de chefs d’œuvres, mais également d'albums dispensables, comme c'est le cas dans tout phénomène de mode . On a depuis plus que fait le tour du style, et si quelques grands noms restent encore dans les mémoires, la production s'est fortement tarie. Tant et si bien qu'au fil des passages, et même si ce chant lyrique a du mal à percer complètement mes défenses, il véhicule une certaine nostalgie qui, elle, fait son petit effet. D'autant qu' ECLECTIKA fait encore une fois honneur à son patronyme en variant le propos et alternant comme à son habitude les moments Metal et Electro/Ambient/BO de films, particulièrement angoissants d'ailleurs sur ce troisième album.

En dépit de morceaux plus calmes et dépouillés et d'un chant principal féminin plutôt rassurant, l'ambiance générale est en effet malgré tout sombre, voire carrément inquiétante comme dans le long instrumental qui clôt l'album, « Aokigahara », du nom d'une grande forêt japonaise située au pied du Mont Fuji et qui a pour réputation d'être hantée en raison du grand nombre de suicides qui y sont recensés chaque année. Les plages Metal ne sont pas en reste pour ce qui est de la noirceur, car les chants Black d'Aurélien Pers et Sébastien Régnier sont toujours aussi agressifs et menaçants, en conflit ouvert avec le chant clair féminin, tandis que guitares et basse viennent tour à tour au premier plan. Les unes jouent sur un registre Black Metal suintant le spleen, se laissant parfois aller à quelques arpèges (« Room Nineteen »), pendant que l'autre, forte de ses sonorités chaudes, se veut (très) légèrement plus positive. « Lure of Ephemeral Beauty » est à l'opposé de son nom et en y réfléchissant, à l'image de son concepteur : discret, méticuleux, enthousiaste sur certains sujets tout autant que réservé sur d'autres, il a accouché d'un disque qui est tout sauf une beauté éphémère et qui attirera, justement, pour ce qu'il n'est pas : un réalisation clinquante, facile, usant d'artifices en vogue pour séduire.

Non, on craquera pour « Lure of Ephemeral Beauty » parce qu'en dépit de ses imperfections, et des réticences qu'on pourra avoir pour l'un ou l'autre des styles abordés, il se dégage de l'album une émotion forte qui embarque l'auditeur dans une sorte d'état second, comme dans le cas d'un film doté d'une bonne B.O.
Il s'immergera alors dans les textes poétiques et mystérieux des morceaux, disponibles dans le livret, à ce propos réalisé avec toujours autant de soin et d'esthétisme que les précédents, et s'offrira un de ces voyages dont on sort un peu hébété et impatient d'y retourner.

http://www.eclectika.fr - 105 visite(s)

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Rédigé par : Dungorpat | 16/20 | Nb de lectures : 11241




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