DUNKELNACHT - Revelatio (WormHoleDeath/Season of Mist) - 08/04/2014 @ 08h24
Formé en 2005, le groupe lillois DUNKELNACHT a eu un parcours pour le moins particulier. Ayant démarré comme un projet ambient mené par Heimdall, DUNKELNACHT est ensuite devenu un groupe à part entière qui a pris un virage à 180° vers le Black Metal. Aidé de Alkhemor et du chanteur Exp:/13, Heimdall a donc emmené son bébé vers des terrains métalliques, avec comme point d’orgue la sortie de Atheist Dezekration en 2010. Un premier album convaincant qui servira également de point de départ au développement du groupe, qui continue à faire évoluer son line-up avec désormais un véritable batteur (Max Goemaere) qui relègue la BAR au placard (enfin, plutôt au fond des dossiers numériques). DUNKELNACHT connaît aussi une valse des chanteurs, et Frost succède à Déhà qui succédait à Exp:/13 qui chantait sur Atheist Dezekration. Et comme le dit la vendeuse de SFR « c’est pas fini » vu que Frost a récemment du quitter le groupe (tout du moins, il ne pourra pas assurer les concerts) mais a pu poser sa voix sur les compositions de Revelatio, le second opus du désormais quatuor. Le décor est posé, et après l’autoproduction DUNKELNACHT a opté pour un label (*gloups*) italien, WormHoleDeath. Mais les lillois ont des arguments pour nous servir quelque chose de bien plus intéressant que les sempiternels disques de Série B italienne.

Je sais que le groupe n’approuve pas forcément l’étiquette, mais avec sa BAR qui mitraillait, son chant écorché et son artwork, Atheist Dezekration œuvrait pour moi dans du Black-Indus agressif à la BLACKLODGE et consorts, toutefois sans effets électroniques (ce qui fait que le terme « Indus » est il est vrai discutable). Plus besoin de polémique car Revelatio n’est absolument pas un disque typé Black Indus, il faut dire que l’utilisation d’une vraie batterie et d’un son moins cru et plus puissant change beaucoup de choses. Nous sommes néanmoins dans la lignée de Atheist Dezekration avec ce Black(/Death ?) froid et mécanique sans être totalement synthétique, mais l’agressivité apocalyptique laisse place à quelque chose de plus construit et de plus réfléchi dans l’ensemble. Le chant de Frost demeure très Black, mais il s’avère être moins criard et plus sombre que celui de Exp:/13 (qui n’avait pas vraiment plu à tout le monde…). Et DUNKELNACHT pratique finalement un Black-Metal plutôt moderne, qui ne m’évoque pas d’influence particulière, ce qui prouve que le groupe a réussi à trouver son identité. Il se dégage surtout de Revelatio un aspect implacable, appuyé en cela par des blasts et des compos incisives flirtant souvent avec le Brutal Black, le tout étant porté par une section rythmique efficace. Mais ce n’est pas la vitesse qui compte ici, le groupe préférant proposer des compositions variées, que ce soit au niveau des ambiances (accompagnées en cela par des claviers lugubres, quelques effets électroniques et même des parties de chant clair) et des tempos. Tout est réuni pour faire de Revelatio un disque de BM quelque peu inclassable et globalement réussi.

L’intro martiale "The Fall of Entropy" nous plonge directement dans l’atmosphère de Revelatio, qui sera très glaciale, mais mécanique et futuriste et non forestière, à l’image de l’album donc. DUNKELNACHT met ensuite toutes ses forces sur la table pour le rentre-dedans "Emergent Primitive Constellations" qui décape d’emblée, un véritable départ en trombe. Nous accrochant tout de suite, le groupe en profite pour nous livrer "Ashes from Stellar Oracles" qui est de loin la meilleure œuvre de Revelatio, se prolongeant sur plus de 6 minutes sans lasser : les riffs de tueurs sont au rendez-vous, les enchaînements (rythmiques, leads, breaks) sont parfaits et Frost est au top, s’autorisant quelques lignes vocales en français du plus bel effet. Et DUNKELNACHT montre qu’il a de la ressource vu qu’il enchaîne sur un "Dissolved Fractal Esoterism" plus posé, inquiétant et particulièrement sombre, jouant sur les contrastes en donnant un souffle écrasant aux parties agressives. A partir de là DUNKELNACHT va calmer le jeu en suivant une même ligne directrice, livrant des morceaux peut-être inégaux mais tous de qualité. On s’attardera encore sur "Le Serment des Hypocrites" qui se distingue avec son chant en français, ses compos bien goupillées et son excellent jeu de batterie ; ainsi que sur le très percutant "Enthroned in the Light" qui est tout simplement un des meilleurs morceaux de l’album. Les autres morceaux sont plus classiques sans grandes particularités, si ce n’est les très bons claviers et le super solo de "Through the Reign of Lunacy". "Where Livid Lights Emblaze" montre toutefois DUNKELNACHT sous un jour plus mélodique et "Rebirth of the Black Procession" balance quelques blasts agressifs, juste avant la conclusion de Revelatio grâce à la fantastique outro apocalyptique qu’est "Post Prophetic Rebellion".

DUNKELNACHT ne se lâche pas encore et semble capable de mieux, capable de faire quelque chose d’encore plus fouillé en tout cas. Je ne saurai trop leur conseiller par la suite que d’intégrer encore plus de claviers et de sons électroniques car il y aurait franchement moyen de faire quelque chose d’énorme et d’encore plus original et personnel. Mais Revelatio est déjà une bonne évolution par rapport à Atheist Dezekration qui était peut-être un peu trop convenu et souffrait de défauts de forme. DUNKELNACHT se concentre pour le moment sur ses compos et cela nous donne des passages très croustillants, emballés dans cet esprit froid et mécanique qui semble caractériser le son du groupe, nous donnant au bout de bons morceaux de BM « moderne » qui a su rester agressif, cependant certaines pistes sont plus mémorables que d’autres. Ce n’est pas un énorme défaut (et ça arrive à d’autres), car dans sa globalité Revelatio est un très bon album, plutôt personnel et bien fignolé, avec une certaine marge de progression qui ne demande qu’à accoucher de quelque chose de sensationnel dans le futur. Tout le monde n’adhérera pas à ce son assez sec et aux compos pas forcément révolutionnaires (de même que le chant qui est toutefois maîtrisé), mais DUNKELNACHT a su poser son style avec un minimum de classe et d’efficacité. Revelatio est un album finalement « classique » pour le groupe, mais avec de telles bases l’ensemble est tout à fait convaincant et réussi.




Rédigé par : ZeSnake | 15/20 | Nb de lectures : 12044




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