DULCAMARA - El Antagonista (Art Gates) - 22/10/2014 @ 07h02
Aurais-je un jour affaire à un vrai bon groupe de Metal espagnol ? Dans le cadre de mes promos, j’en doute, encore plus lorsqu’il s’agit d’un promo de Art Gates, un de nos champions dans le registre des écuries de seconde voire troisième zone. Si DARK CONFESSIONS était légèrement intéressant, j’avais cru en ATSPHEAR mais leur Metal pseudo-futuriste était un gros pétard mouillé. Un nouveau challenger apparaît, il s’agit de DULCAMARA, originaire de Tolède. Une formation pas née de la dernière pluie, qui existe depuis 2003 et qui compte avant El Antagonista 3 albums à son actif, tous sortis en autoproduction entre 2006 et 2009. Le groupe passe cette année une étape supplémentaire (enfin si on peut appeler ça comme ça…) en signant chez Art Gates, toujours bien déterminé à promouvoir la scène espagnole malgré la pauvreté de ses productions. Mais, au premier abord, la surprise est possible, DULCAMARA semblant avoir quelques arguments pour se distinguer, dans la cour des groupes de seconde zone, mais pour se distinguer quand même.

Je n’ai pas pu poser l’oreille sur leur premier album éponyme de 2006 mais Anatómicamente Imperfecto, le second full-length de DULCAMARA sorti en 2008, était très correct. Le groupe espagnol évolue dans une sorte de mélodeath moderne, à la SOILWORK, avec quelques riffs syncopés ici et là, des synthés, et un unique chant gueulé débité en espagnol. Leur second opus donnait donc dans un style entendu des 2148508aines de fois mais tout à fait honnête, correctement produit, un minimum accrocheur quoique très linéaire. Pour Asylum (2008), DULCAMARA avait choisi d’évoluer en devenant plus mélodique, en utilisant plus de claviers lorgnant désormais du côté du Metal symphonique, avec même l’intervention d’une chanteuse sur un morceau. C’est dans cette lignée que DULCAMARA va poursuivre son œuvre avec son 4ème effort longue-durée El Antagonista. Des mélodies, des rythmiques metalcore/djent ou plus classiquement mélodeath, du chant toujours en espagnol (ce qui n’est pas choquant mais pas pour autant marquant) et des envolées de clavier à gogo avec quelques synthés électroniques. Todo el programa.

El Antagonista démarre avec "La Eternidad Genética" qui montre que DULCAMARA est capable de surprendre grâce à un registre quasi-épique, que l’on retrouvera également sur "Invencibles". Une piste comme "Donde Nacen las Pesadillas", plus atmosphérique, est également très étonnante de par son ambiance futuriste amenée par les quelques bidouillages électroniques. Mais les espagnols sont aussi en réussite quand il s'agit de faire du pur Metal moderne, en témoigne "Pariah" et son parfait mélange mélodeath/metalcore groovy (même si on ressent un fort air de déjà entendu et que le chant death est un peu nul), ou encore "El Antagonista" et "Gehena" aux riffs très sympathiques voire plutôt efficaces. Mais avec 51 minutes au compteur, DULCAMARA finit par perdre de son énergie, un morceau comme "El Arte de la Degradación" n’apporte rien malgré ses belles mélodies à la TORCHBEARER, et l’essoufflement se fait sentir pour les 3 derniers morceaux bien plus anecdotiques. Même si El Antagonista est moins linéaire que ses deux prédécesseurs, DULCAMARA n’arrive pas à tenir sur la durée et en rester à 9 pistes comme pour les deux précédents opus aurait été salutaire.

De plus, même si ce n’est pas étonnant pour un groupe forcément catalogué en seconde division du Metal européen, la production n’est pas à la hauteur, on a entendu pire mais l’ensemble est un poil trop synthétique et manque de puissance à certains moments cruciaux. Heureusement que les claviers et synthés sonnent bien, au contraire du chant qui devient vite lassant. Et le problème majeur reste surtout l’inutile longueur de l’album, le groupe aurait pu mettre en valeur ses quelques expérimentations et laisser de côté des morceaux trop classiques. Mais dans l’ensemble, et surtout quand on connaît la qualité habituelle des productions Metal espagnoles, El Antagonista est un album satisfaisant. Meilleur que Asylum, mais Anatómicamente Imperfecto semblait plus efficace, bien que le soufflé retombait vite également. Ce n’est à nouveau pas cette fois-ci qu’une formation espagnole sortira un grand disque surtout dans le registre mélodeath/moderne, mais El Antagonista est un disque tout à fait sympathique, pour un groupe qui semble à nouveau limité et ne possédant plus de marge de progression, mais qui a réussi avec ses moyens à faire quelque chose de largement correct. Surtout quand on voit les daubes qui sortent juste à côté… DULCAMARA est, avec DARK CONFESSIONS, la meilleure formation signée chez Art Gates, certes le niveau n’est pas forcément haut mais replacé dans le contexte « espagnol » et « promos de bas de tableau de seconde division », ce disque tient la route.



http://www.dulcamara.es - 140 visite(s)


Rédigé par : ZeSnake | 14/20 | Nb de lectures : 9674




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Ennemie
IP:46.218.45.157
Invité
Posté le: 22/10/2014 à 16h56 - (114295)
Je me souviens que je prenais des granules homéopathique de ça quand j'étais mioche.
C'était contre la grippe entre autre. Pourquoi pas Kalium Bicromicum comme nom de groupe pendant qu'on y est!?

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