DREAM THEATER – Score XX e Anniversary CD et DVD (Wea/Rhino) - 05/12/2006 @ 11h02
1) Score version audio.
Service minimum. Si D.T n’avait pas sorti un triple live, il aurait fallu crier au scandale. Ce n’est que le 3eme après tout. Bon, là quand même, pour ses 20 ans, c’est justifié. Peut-être un peu osé car le groupe s’appelle encore Majesty en 1986, mais 3 des principaux protagonistes sont déjà là – Portnoy – Myung – Petrucci et l’esprit DT est également sous jacent sur ce qui va devenir LE phénomène du métal prog. Et puis, caser 20 années d’exercice sur 1 voire 2 CD seulement avec le risque de frustrer les fans, ça semblait également limite. DT a donc opté une nouvelle fois pour le copieux. Voici donc près de 3 heures de festival pour un évènement qu’il nous annonce grandiose car, paraît-il, bourré de surprises.

Disc 1. Le show enregistré au Radio City Music Hall de New York le 1er avril 2006 se divise en 2 parties. 1ere partie résumée sur le disc audio 1. Après avoir ouvert sur The Root Of All Evil et I Walk Beside You, tirés du dernier album, D.T sort de son chapeau une des « fameuses » surprises. C’est le survol de 20 ans de carrière avec un premier titre inédit de l’époque Majesty, Another Won. Alors, laissons de côté les 2 morceaux d’Octavarium et parlons un peu de ce titre inconnu.
L’intro très NWOBHM sonne évidemment datée. Après environ une minute de débauche boum boum tatapoum dans tous les sens, on voit se dessiner les contours du style maison. Encore fragiles et tâtonnantes, mais les bases sont là. Le chant poussif sur certaines montées gueulardes dont Labrie a le secret (ouarf !) n’est pas top top. Il ne fait pas mieux que son prédécesseur Dominici que l’on avait renvoyé pour ses performances vocales limitées et ce n’est pas peu dire. Les claviers, c’est clair font de la figuration. En gros ils accompagnent davantage qu’ils ne créent. On sent bien que l’ami Rudess veut les faire décoller, mais à part accompagner Petrucci sur quelques duos, point de folie. Et c’est très naturellement le guitariste qui mène les débats. Finalement, c’est un titre assez brouillon qui n’a d’autre ambition que de poser un jalon.
Chronologie oblige, After Life suit de près ce décidément rendez-vous manqué avec l’histoire puisque le 6e titre de W.D.A.D.Unit prolonge le sentiment de confusion. Comme si - et je mesure l’irrévérence de ce que je vais dire – comme si donc D.T ne maîtrisait pas son sujet et l’avait ajouté à son répertoire en toute dernière minute sans même le retravailler ! Un comble, non ? Connerie bien sûr, mais c’est l’impression qu’il me laisse au début. Et ce chant ! Boudu, James, t’as avalé un manche à balai ? Heureusement, la seconde partie et le final sont un tantinet meilleurs grâce aux tierces de Petrucci. De l’esbroufe certes, mais là au moins pas de fausses notes.
Endossant une fois de plus nos « chronoscaphes », nous voici projetés en 1993 avec Under A Glass Moon. Difficile de choisir parmi tous les « hit » que contient Images & Words. Alors pourquoi pas celui-là ! Consensuel ? D’accord. Rudess l’habille intelligemment ( !) de bidouilles « cartoonesques » pour nous faire rire. J’en ai encore les zygomatiques en vrac. Quel clown ce Jordan !
Par contre illustrer Awake par Innocence Faded c’est un peu fumeux. Je sais bien que ce titre n’a eu que très rarement les honneurs du live et qu’il était souvent réclamé mais quand même ! Ah, bon, c’est une raison suffisante ? Ok, je m’incline une nouvelle fois et je passe mon tour.
Au risque de scandaliser le fan de base, j’eus aimé qu’à la place D.T nous gratifie « enfin » d’un Space Dye Vest. Oui, il a été de multiples fois expliqué les raisons de l’absence systématique de ce titre dans les setlist du groupe. Mais justement, c’eut été rendre un bel hommage à Kevin Moore qui lui a tant apporté aux moments cruciaux et qui n’est pas étranger à la réputation qu’il s’est taillé dans le milieu. Et oui, j’avoue que j’apprécie particulièrement ce titre hors normes dans la disco des New-Yorkais. Passons…
Deuxième surprise : Raise The Knife. Ou demi-surprise car ce titre tiré des démos de Falling Into Infinity a déjà été joué lors d’un concert parisien en 2005 ! Non retenu pour la version finale de l’album car trop détonant, trop « progressif » ! Moi, je ne le connaissais pas, et pour cause, je n’étais pas à Paris. 11’43 au compteur, c’est du gros calibre. Du D.T pur jus. Piano/guitare en guise d’intro, chant discret. La suite est un déluge de changements de breaks, de passages instrumentaux débridés, épiques, de solos tout aussi déchaînés, bref bien dans l’esprit. Avec le recul, on comprends mieux pourquoi il a été écarté de l’album; pas assez dans le ton FM de l’époque « molle » des New-Yorkais. En tout cas, c’est un régal pour les yeux (DVD) et les oreilles. cette première partie se termine par un Spirit Carries On plus étiré qu’à l’accoutumée (9’46 au lieu des 6’38) et tout autant chargé d’émotion. Petrucci y tricote des merveilles avec sa guitare aux effets folk. Tout le monde applaudit, vous pensez bien !

Le second disque s’ouvre sur la vraie (la seule ?) surprise du show. Le rideau s’ouvre et apparaît THE OCTAVARIUM ORCHESTRA qui, comme vous le devinez est une formation classique composé d’une trentaine de musiciens. Pour jouer quoi, je vous le donne Emile ? Le gargantuesque 6DOIT en intégralité ! Ceux qui se souviennent bien de la version studio et qui comme moi avaient brocardé son ouverture façon fanfare Disney ne vont pas manquer d’être étonnés. Car ce qui paraissait pompeux – notamment l’intro - et surfait en studio prend ici une dimension époustouflante. Et là, on s’assied, on ouvre les mirettes (re DVD), les esgourdes et on se tait. Car on assiste à 42 minutes de grand spectacle ! L’orchestre n’est pas venu faire de la figuration. Ces nombreuses incursions dans le métal de DT sont très judicieusement intégrées. (War Inside My Head ou The Test). Les renvois d’ascenseur entre la formation classique et l’électrique sont d’une grande fluidité. On sent que tout ça a été longtemps répété. Sans doute le must du concert new-yorkais.
Le moment de respiration est confié à Labrie sur Vacant, le seul titre dont il peut revendiquer l’entière paternité. Puis, le show redémarre en « douceur » avec The Answer Lies Within pour embrayer sur un magistral Sacrified Sons, l’un des titres les plus forts d’Octavarium.

Disc 3. Sur l’intro d’Octavarium, Rudess nous fait une démonstration de son nouveau joujou (Fingerboard). Un tantinet longuet. Ensuite, le groupe déroule la suite sans sortir du sentier. Un beau morceau, bien ficelé, avec tous les ingrédients que l’amateur de prog affectionne. Un autre grand moment du show. Enfin, parce qu’il faut savoir terminer en beauté, on a droit à un petit retour en arrière logique avec le « encore » Metropolis, le super hit toutes périodes confondues.
Voilà. Trois heures ont passé, on en a pris plein la tronche et on est content, simplement. DT nous a une nouvelle fois gâté. De toute façon, chaque live du groupe est dans l’ensemble un pur moment de joie. Peu ou pas de titres redondants d’un live à l’autre, souvent le petit plus pour faire plaisir. Et là avec 6DOIT version symphonique, on est servi.

2) Score version DVD.
Le son c’est bien, avec les images, c’est encore mieux. D’autant que peu d’entre nous aurons l’occasion des les voir en chair et en os.
Bien sûr, ceux qui aiment le groupe pour son côté démonstratif ne quitteront pas des yeux les doigts de Petrucci qui cavalent comme 3 mille-pattes réunis sur ses divers manches, ceux de Myung et Rudess pour les même raisons et les rythmes, breaks et contre breaks de folie, entrecoupés des « guignolades » de Portnoy. Heureusement, DT ce n’est pas que ça. D’abord parce qu’il existe une véritable communion avec le public, qui est palpable à chaque instant. Ensuite parce que DT sait installer l’ambiance adéquate pour permettre cette communion. Ainsi, le show débute dans le noir sous les coups de boutoirs de Portnoy ( The Root Of All Evil) et la salle manifeste immédiatement son enthousiasme. Le groupe joue sur la corde sensible en rappelant au public new-yorkais que « c’est ici que tout a commencé. » Hormis les performances de chacun, les temps forts visuels sont la prestation sur 6DOIT, Octavarium, Sacrified Sons, bref les titres où se mêlent gros riffs et instruments classiques. L’énorme Raise The Knife tient bonne place pour la nouveauté. L’historique Metropolis bien évidemment. Le moment de grâce quand Petrucci ouvre à la « sèche » sur Spirit Carries On etc.
Eternelle interrogation, comment chante Labrie ? Excepté sur After Life, plutôt pas mal ! (avec toujours cette manie de sortir sa langue…) Il peine aussi à pousser dans les aigus (Under A glass Moon) mais faisons-nous une raison une bonne fois pour toutes, il ne chantera plus comme à ses débuts. Il n’est pas le seul dans ce cas, donc tolérance.
Que vaut Score comparé à Scene From A Memory et Live At Budokan ? Il tient admirablement la route. Pas de titres redondants, des surprises, des nouveautés, du gros son, du technique, du spectacle, de l’émotion bref, on ne s’ennuie jamais en visionnant un concert de D.T.

3) Score DVD bonus.
Alors là, voilà un DVD bonus intéressant. En plus de retracer la carrière du groupe, de raconter l’histoire de chaque album, on découvre avec les 3 comparses des débuts, les lieux de leurs premiers pas, ce fameux Berkeley College où ils déambulent presque la larme à l’œil. Au fait, savez-vous pourquoi Myung est-il le meilleur bassiste du monde ? Réponse d’un fan dans la rue devant le Radio City :
« Parce que les notes qu’il ne joue pas sont presque aussi importantes que celles qu’il joue… » Dantesque ! Le DVD nous apprend également de nombreuses anecdotes dont certaines drolatiques ou d’autres qui le sont moins. Par exemple, Portnoy avouant qu’au moment de la sortie de Falling Into Infinity, il a failli jeter l’éponge. Ou cette autre toujours racontée par Portnoy sur la façon d’engager Labrie comme chanteur. « Un jour, on reçoit la cassette de ce Canadien. On l’écoute et on se dit : waho ! C’est le chanteur qu’il nous faut. Mais on a un peu hésité. Ce type avait une super voix, une gueule d’ange, on s’est dit, ça doit être un trou du cul… ». On connaît la suite.


Disc 1
1. The Root Of All Evil
2. I Walk Beside You
3. Another Won
4. Afterlife
5. Under A Glass Moon
6. Innocence Faded
7. Raise The Knife
8. The Spirit Carries On

Disc 2
1. Six Degrees Of Inner Turbulence
2. I. Overture
3. II. About To Crash
4. III. War Inside My Head
5. IV. The Test That Stumped Them All
6. V. Goodnight Kiss
7. VI. Solitary Shell
8. VII. About To Crash (Reprise)
9. VIII. Losing Time/Grand Finale
10. Vacant
11. The Answer Lies Within
12. Sacrificed Sons

Disc 3
1. Octavarium
2. Intro
3. I. Someone Like Him
4. II. Medicate Me
5. III. Full Circle
6. IV. Intervals
7. V. Razor's Edge
8. Encore: Metropolis


Rédigé par : Karadok | live historique/ | Nb de lectures : 13240




Auteur
Commentaire
neumann
IP:194.250.109.61
Invité
Posté le: 05/12/2006 à 12h31 - (36487)
Ca faisait un bout de temps que j'attendais de voir comment allait etre chroniquée cette galette...merci à Karadok donc, pour son travail. Je suis fan de DT depuis plus de dix ans, je pensais il y encore peu qu'ils avaient tout donné....et bien ce fucking DVD m'a tout simplement mis sur le cul!!! J'avais à l'esprit la sombre expérience (à mon gout) de Metallica avec un orchestre symphonique (c'est quoi l'interet de jouer le riff de master au violoncelle...?), et j'avais quelques appréhensions. Et bien là, tout se marie parfaitement, et apporte un vrai plus. Moi qui trouvais le titre 6DOIT assez médiocre, je l'ai redécouvert sur ce DVD. J'avais raison de penser que je n'écouterais plus la version studio, mais je ne pensais que ce serais pour le faire en version live. Bref...la messe est dite!

CHUCK MAURICE
Membre enregistré
Posté le: 05/12/2006 à 12h35 - (36488)
Bof. Contrairement aux précédents dvd, je suis déçu : le choix des morceaux ne me convient pas, meme si comme d'hab c'est très bien filmé avec un excellent son.
Et puis..on en revient toujours à ça, mais il faut vraiment se débarasser de James La Brie;, l'exemple même du chanteur techniquement irréprochable mais qui ne transmet aucune émotion.

nuno777
Membre enregistré
Posté le: 05/12/2006 à 12h58 - (36489)
Il faut signaler que le bonus est disponible avec un sous titrage en francais.

Il est vrai que c'est un putain de DVD bourré jusqu'a la gueule et qu'il balaie presque toute la carriere de ce groupe. Le risque et la frustration que provoque ce genre de retrospéctive est que les morceaux, qui initialement s'intégraient dans un tout à peu près cohérent, manquent de liens entre eux, ce qui est facheux pour une prestation live.
Concernant Labrie, je trouve qu'il chante plutôt bien par rapport au dernier live DVD à Budokan, parfois il s'arrange pour chanter à la tierce et même aussi à l'octave.

La présence de l'orchestre est assez casse gueule. L'ensemble s'en sort bien mais je m'attendais à une dynamique plus impressionnante encore, la faiblesse se fait ressentir quand l'orchestre est seul à jouer. Au contraire, dans les passages ou l'orchestre vient enrober le jeu du groupe ça rend vraiment bien.

Enfin, le morceau Octavarium, pour lequel je n'ai jamais vraiment tendu une oreille franche( ayant mis DT de côté depuis ASFAM) , m'a beaucoup marqué et le joujou de Ruddess beaucoup amusé.

En bref, c'est un bon DVD figeant dans le temps une prestation aussi grandiloquente que maîtrisée.



nuno777
Membre enregistré
Posté le: 05/12/2006 à 13h09 - (36490)
J'aime beaucoup le mélange biceps et gomina de Petrucci, je crois qu'il a enfin trouvé son look...

fifi59
IP:195.93.102.40
Invité
Posté le: 05/12/2006 à 20h46 - (36514)
Ce qui est génial avec DT, c'est que les dvd live sortis sont différents au niveau du choix des titres. Les redites sont donc rares et cela est très appréciable pour les fans comme moi qui ont tous les albums et dvd. Score est fabuleux, c'est une réussite totale, l'interprétation est remarquable et la partie avec orchestre est magnifique. De l'image au son, en passant par les bonus, tout est parfait et renforce encore cette idée que cette sortie est incontournable ! De plus, les sous-titres français sont présents et ça, c'est un vrai "plus" !

Goldenear
Membre enregistré
Posté le: 09/07/2007 à 15h15 - (44000)
Pfff... La claque lorsque je l'ai visionné pour la première fois. Dommage que la balance de l'orchestre soit mal réglée : les instruments symphoniques sonnent en dessous du niveau du groupe... C'est le seul repproche qu'on puisse faire à cette prestation au demeurant aussi hallucinante qu'incroyable : montage irréprochable, quasimment aucune faute des zicos, que ce soit du côté de Petrucci ou de Rudness (quand on sait qu'il y a trois heures de zic...mrd...), une pêhce du début à la fin... L'ultime démonstration (s'il était encore besoin de l'apporter) que le groupe conserve sa place de lieder incontestée du Prog...
Une bonne grosse claque comme ont voudrait s'en voir infliger plus souvent...

Goldenear
Membre enregistré
Posté le: 09/07/2007 à 15h15 - (44001)
Culte !!!



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